Random Article


 
News
 

[Critique] Nightmare Detective (2006)

 
Note
 
 
 
 
 
/ 5


User Rating
no ratings yet

 


Bottom Line

Shinya Tsukamoto… Elevé au rang de dieu du cyberpunk lors de la sortie de Tetsuo il y a maintenant bien longtemps, puis devenu réalisateur tout simplement incontournable de la scène indépendante japonaise, il s’était laissé allé à quelques errances commerciales relativement décevantes ces dernières années (en particulier Vital qui souffrait d’un scénario extrêmement faiblard). Mais [...]

0
Posté le 16 juillet 2009 par

 
Critique
 
 

Shinya Tsukamoto… Elevé au rang de dieu du cyberpunk lors de la sortie de Tetsuo il y a maintenant bien longtemps, puis devenu réalisateur tout simplement incontournable de la scène indépendante japonaise, il s’était laissé allé à quelques errances commerciales relativement décevantes ces dernières années (en particulier Vital qui souffrait d’un scénario extrêmement faiblard). Mais avec ce Nightmare Detective, sous l’apparence d’un nouveau film commercial (il s’agit d’un film de commande), il revient en très très grande forme et le film est une merveille cauchemardesque.

nightmare detective 1 [Critique] Nightmare Detective (2006)

Au départ il y a un simple film de serial killer aux méthodes étranges car le tueur pénètre l’inconscient de ses victimes afin de les pousser au suicide. Mais les actes commis, aussi barbares soient-ils, touchent directement du doigt un des problèmes les plus graves de la société japonaise, le suicide. Et par cet acte il pointe le besoin d’autodestruction de l’être humain et tente au travers d’une exploration du subconscient, de l’inconscient et du rêve, en s’affranchissant petit à petit de toute notion de réalité, de trouver une explication à la force insaisissable qui donne lieu à ces pulsions mortelles… Par le biais du personnage de Kirishima il nous montre que ses pulsions sont bien présentes en chacun de nous, en sommeil, dans l’attente, et ne demandent qu’à être réveillées.

Tout dans le film tourne autour du cauchemar et de la mort, ce dernier thème étant plus que récurrent chez le réalisateur. Et si le ton peut paraitre très pessimiste, c’est tout le contraire qu’on ressent à la fin, et ceci est bien une première dans le cinéma de Tsukamoto. Techniquement il ne fait aucun doute sur qui tient la caméra. On reconnait bien la signature du réalisateur avec un film baigné d’une atmosphère bleutée, des moments de pure folie visuelle lors des séquences de cauchemar où la caméra se met à trembler, où le montage devient haché et où les basses nous explosent les tympans, et qui tranchent avec le calme du reste de la mise en scène. Tsukamoto possède un réel talent pour créer le malaise grâce à l’image.

nightmare detective 21 [Critique] Nightmare Detective (2006)

Mais c’est bien dans son propos que Nightmare Detective touche au génial. Cette quête terrifiante jusqu’à l’acceptation de son humanité, avec le danger terrible que celà représente. Une humanité dépassée et écrasée par la jungle urbaine et la technologie… Faiblesse utilisée par le tueur (Shinya Tsukamoto, une fois de plus terrifiant à l’écran) et qui ronge le “Nightmare Detective” (Ryuhei Matsuda, génial en explorateur de rêves suicidaire). Au milieu de ce cauchemar effroyable se dégage le visage d’Hitomi, chanteuse de J-pop devenue actrice pour que le film accède au grand public, elle s’avère être un nouveau terrain d’expérimentations pour l’artiste qui se fait plaisir avec ce visage d’ange. On pourra toutefois faire un vrai gros reproche à Nightmare Detective, c’est qu’il colle de trop près à son fil conducteur relativement simple alors que le potentiel des personnages présents est immense mais se voit quelque peu sacrifié.

Tsukamoto a choisi pour ce premier opus la voie de la sagesse tout en assénant un message fort, on espère encore plus de folie dans le 2ème épisode sorti il y a quelques temps au Japon. Mais si en l’état l’artiste semble avoir signé une oeuvre mineure et commerciale, il n’en est rien. Nightmare Detective est peut-être son plus beau film, une merveille cauchemardesque qui joue habilement avec le malaise du spectateur et l’abreuve d’images d’une rare sauvagerie.


Nicolas Gilli

 
A créé Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro, les frères Coen et Tsui Hark.


0 Comments



Be the first to comment!


Laisser un commentaire