[Critique] Underworld: Nouvelle ère (2012)
Réalisateur: Björn Stein, Måns Mårlind
Il y a bientôt 10 ans, un certain Len Wiseman, avec une relative expérience dans les effets visuels de plateau acquise sur Stargate et Men in Black, entre autres, parvenait à mettre la main sur un petit budget d’une vingtaine de millions de dollars pour proposer sa vision des mythes du vampire et du loup-garou. [...]
Il y a bientôt 10 ans, un certain Len Wiseman, avec une relative expérience dans les effets visuels de plateau acquise sur Stargate et Men in Black, entre autres, parvenait à mettre la main sur un petit budget d’une vingtaine de millions de dollars pour proposer sa vision des mythes du vampire et du loup-garou. Une esthétique gothique tirée de The Crow, de l’action sous forme de Matrix et Blade II du pauvre et une héroïne hypersexy vêtue d’une combinaison de cuir du plus bel effet. La recette fonctionne et Underworld obtient son petit succès malgré des critiques assassines. Depuis, Len Wiseman a passé la main derrière la caméra et ce sont cette fois les deux suédois responsables du DTV Le Silence des ombres, Björn Stein et Måns Mårlind, qui se retrouvent à la barre d’un quatrième opus censé relancer la machine. Pas de miracle à l’arrivée, Underworld: Nouvelle ère ne révolutionne pas le genre ni la franchise même si le retour de l’atout Kate Beckinsale (remplacée par Rhona Mitra dans Underworld 3 – Le soulèvement des Lycans) est non négligeable. Underworld: Nouvelle ère est un film d’action plutôt crétin mais qui reste amusant car tout de même très généreux en plus d’être assez bien fichu.
![underworld nouvelle ere 1 underworld nouvelle ere 1 [Critique] Underworld: Nouvelle ère (2012)](http://www.filmosphere.com/wp-content/uploads/2012/02/underworld-nouvelle-ere-1.jpg)
Les premières minutes d’Underworld: Nouvelle ère laissent pourtant croire à une petite révolution dans cet univers aujourd’hui balisé à mort. En effet la toute première séquence qui précède le générique et une sorte de résumé des épisodes précédents façon série TV prend la forme d’un film de found footage assez ludique, reprenant tous les tics de réalisation de ce genre d’exercice jusqu’à la caméra qui tombe au sol. Cela ne dure pas bien longtemps mais c’est amusant. Pour la suite, sans grande surprise on retrouve très précisément ce qui était attendu. Underworld: Nouvelle ère c’est comme les premiers, mais en plus gros. Len Wiseman, toujours au scénario, signe un récit en tous points inepte, aux enjeux dramatiques nuls quand ils ne sont pas grotesques, et construit son récit comme une succession étrange de séquences autonomes à la manière d’un vieux jeu vidéo au scénario raté. La conséquence d’un tel manque d’implication se traduit essentiellement sur le plan émotionnel. Ainsi, non seulement on n’a pas grand chose à faire de la “purge” dont sont victimes les vampires et lycans, l’analogie avec l’holocauste n’étant jamais vraiment travaillée, mais pire, il est impossible de ressentir quoi que ce soit pour le personnage central de Selene. Pourtant, on y apprend qu’elle est mère (une surprise pour elle également sauf qu’elle ne le montre jamais) et qu’elle se réveille après une longue période de cryogénisation. Il y avait matière à construire quelque chose d’intelligent mais cela n’est sans doute pas dans les cordes de Len Wiseman qui choisit de bâtir en lieu et place une suite quasi ininterrompue de séquences d’action toutes plus WTF les unes que les autres. Débile mais jouissif, c’est sans doute la meilleure façon de résumer cet Underworld: Nouvelle ère qui repousse les limites graphiques de la saga sans peur du mauvais goût et avec un sens de la pose qui risque d’agacer. Avec le retour de la belle Kate Beckinsale, Björn Stein et Måns Mårlind se font plaisir et la filment sous toutes les coutures, jouant astucieusement avec son sex appeal sans tomber dans la vulgarité qui était pourtant autorisée par un étonnant classement R. Tout en retenue dans une scène de nu habilement exécutée, les réalisateurs préfèrent se lâcher sans limites sur la violence et le gore, mettant à profit une tare de Selene encore une fois transformée en atout : elle vise très mal donc elle a droit à un flingue mitrailleur qui multiplie les balles à l’infini (enfin, ce n’est jamais dit mais bon…). Ainsi, Underworld: Nouvelle ère est une série B d’action qui laisse une place centrale aux gunfights tous plus fous les uns que les autres.
![underworld nouvelle ere 2 underworld nouvelle ere 2 [Critique] Underworld: Nouvelle ère (2012)](http://www.filmosphere.com/wp-content/uploads/2012/02/underworld-nouvelle-ere-2.jpg)
Avec sa photographie expressionniste aux teintes glaciales, son contraste gothique appuyé, Underworld: Nouvelle ère s’inscrit dans la continuité visuelle de la saga que les réalisateurs vont jusqu’à presque caricaturer tant ils poussent le style vers les extrêmes. Ainsi on ne compte plus les mouvements de grue emphatiques et les ralentis dans tous les sens qui étirent la ligne temporelle en permanence, faisant de la plupart des séquences d’action des moments autonomes souvent proches du clip. Qu’importe, ces séquences restent suffisamment bien chorégraphiées et découpées pour provoquer un plaisir immédiat un brin coupable, et tant pis pour la narration minable. Underworld: Nouvelle ère est un film qui cherche en permanence le plan iconique qui tue, le money shot de Selene et l’image gore coup de poing. Parfois ça fonctionne, parfois beaucoup moins, à l’image des effets visuels parfois superbes et parfois médiocres (ce plan sur la goupille de la grenade tout juste digne d’un Resident Evil). Mais dans l’ensemble il faut bien avouer qu’entre le charme fou de Kate Beckinsale dans sa tenue qui lui sied à ravir et les scènes d’action toutes plus folles les unes que les autres, dont un combat contre un lycan géant aux plans tout droit sortis de God of War, il y a de quoi prendre son pied malgré la bêtise absolue de son scénario, et ce jusqu’au final ouvert qui ne laisse aucun doute quant à la mise en chantier d’une nouvelle suite…













