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Un Heureux évènement (Rémi Bezançon, 2011)

 
Un Heureux évènement de Rémi Bezançon (2011)
Un Heureux évènement de Rémi Bezançon (2011)
Un Heureux évènement de Rémi Bezançon (2011)

 
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Synopsis: "Elle m’a poussée dans mes retranchements, m’a fait dépasser toutes mes limites, m’a confrontée à l’absolu : de l’amour, du sacrifice, de la tendresse, de l’abandon. Elle m’a disloquée, transformée. Pourquoi personne ne m’a rien dit ? Pourquoi on n’en parle pas ?" Un heureux événement ou la vision intime d’une maternité, sincère et sans tabous.
 
Note
 
 
 
 
 


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Texte de

 
Critique
 
 

À la vision d’Un Heureux évènement, une question embarrassante se pose : Qu’est-ce qui est pire? Un film nul ou un film sans intérêt? Car si le troisième film de Rémi Bezançon, véritable chouchou du public et porte-étendard d’une certaine comédie populaire à la française suite au succès considérable du Premier jour du reste de ta vie, ne mérite pas d’être montré du doigt comme le film de la honte, il rend tout à fait incompréhensible l’engouement autour du jeune cinéaste. En adaptant et en vulgarisant le roman éponyme de Eliette Abecassis qui, en 2005, désacralisait complètement la grossesse chez une femme en y portant un véritable regard de philosophe sur sa propre expérience, Rémi Bezançon passe à côté de son sujet. Si on ne lui reprochera pas une certaine accumulation de clichés et poncifs en tous genre, quelque part inhérents à un film de cinéma, il est clair qu’en adoucissant le trait et en atténuant la noirceur du bouquin il foire quelque chose d’essentiel. En résulte un film pas foncièrement désagréable dans sa première moitié, terriblement ennuyeux dans sa seconde, et au final ne provoquant qu’un désintérêt poli car en plus de ne pas nous apprendre grand chose, il ne contient que trop peu d’idées de cinéma.

D’Un Heureux évènement on ne retiendra que la scène du cauchemar, très ludique, et celle de l’accouchement, presque brillante. Pour tout le reste c’est faiblard. Il y a pourtant des choses intéressantes, et en particulier la construction de la recherche d’où commence une histoire d’amour ou une rupture, mais on ne peut raisonnablement se contenter de si peu. En effet, avec ses personnages monolithiques et sans véritables aspérités, écrits un peu n’importe comment, et son récit manquant cruellement d’enjeux dramatiques, il est bien difficile de se sentir concerné par ce qui se trame à l’écran. En fait tout est plutôt amusant jusqu’à l’accouchement car on y retrouve des figures bien connues de ce genre d’histoire tout en passant par le prisme de l’expérience personnelle du spectateur. Ensuite ça se gate sérieusement. L’idée de montrer la grossesse et ses suites comme un évènement pas si rose, on la comprend, elle est très claire. Sauf qu’en la prenant comme quelque chose d’incroyablement original, Rémi Bezançon fait une grossière erreur. Cela fait maintenant quelques années qu’a commencé cette désacralisation, et il n’y a bien que des ermites pour ne pas savoir qu’un nouveau né c’est synonyme de beaucoup d’inconvénients et de trucs pas très glamours. La conséquence elle est très simple et implacable : on s’en fout. Pas des aspects sordides d’une grossesse, mais de la démonstration que souhaite faire Un Heureux évènement. Tout simplement car ce qu’il nous montre on l’a déjà lu des centaines de fois dans des magazines féminins ou vu dans des émissions TV. On n’apprend absolument rien. Dès lors l’impression qui prédomine est celle de lire un vieux numéro de Biba spécial grossesse piqué à notre compagne, d’un oeil distrait en faisant défiler les pages à toute vitesse. Sauf que chez Bezançon ça dure presque deux heures, et c’est long.

Alors bien entendu, avec un tel sujet, Rémi Bezançon se met immédiatement une partie du public dans la poche et on imagine déjà les réactions du public féminin en général et des mamans en particulier : « ça je m’en souviens, ça je l’ai vécu, ça c’est trop vrai, blablabla… » sauf qu’un film ce n’est pas ça, un simple catalogue de clins d’oeils. Et l’exercice est roublard, masquant par sa sympathie évidente des carences indigestes, telles la très longue partie dépressive du film, insupportable de pathos mal géré, ou ce final qui embrasse le ridicule à bras grand ouverts. Impossible de passer sous silence l’absence totale de personnalité dans la mise en scène effacée de Rémi Bezançon, aboutissant sur un film sans style et sans âme. Toutefois, on lui reconnaîtra un certain talent pour diriger ses acteurs, Louise Bourgoin et Pio Marmaï étant tous deux très justes à défaut de véritablement impressionner, ainsi que pour ses choix musicaux, aussi audacieux que preuves d’un bon goût certain. Mais cela ne masque en rien la sensation d’être face à un film complètement vain. Au moins un très mauvais film provoque quelque chose, du dégoût ou de la colère, alors que là, c’est le néant. Est-ce que c’est vraiment mieux?