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The Divide (Xavier Gens, 2011)

 
The Divide de Xavier Gens (2011)
The Divide de Xavier Gens (2011)
The Divide de Xavier Gens (2011)

 
Overview
 

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Synopsis: Quand une explosion cataclysmique ravage la ville de New York, huit personnes se réfugient dans le sous-sol de leur immeuble. Des tensions et des rivalités apparaissent parmi les rescapés qui survivent grâce aux réserves déclinantes d’eau et de nourriture. Soudain, des hommes en combinaison pénètrent dans l’abri et font feu sur ses occupants. Eva, la seule jeune femme du groupe, va devoir s’endurcir pour survivre à cette menace extérieure…
 
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Texte de

 
Critique
 
 

Film d’ouverture de l’Étrange Festival 2011.

On l’attendait de pied ferme le nouveau film de Xavier Gens. Financement indépendant à l’étranger, des images de science-fiction post-apocalyptique, la présence du grand Michael Biehn (la sainte trinité Aliens, Abyss, Terminator) et une équipe bourrée de talent, une belle promesse sur le papier. D’autant plus que Xavier Gens, s’il s’est quelque peu laissé écraser sur son adaptation inoffensive de Hitman, avait montré de très belles choses sur Frontière(s), premier film imparfait mais bourré d’idées. Avec The Divide, il renoue avec ce cinéma là. Un cinéma d’esthète et de passionné, du vrai cinéma avant tout avec de belles propositions de mise en scène mais qui pêche encore par des éléments plutôt ennuyeux, à commencer par un scénario au déroulement assez gênant. Premier essai à l’écriture de Karl Mueller et Eron Sheean, il souffre de tares sérieuses qui ruinent quasiment toute empathie envers des personnages tout aussi mal écrits. C’est vraiment dommage car s’il n’avait pas ces bases branlantes, The Divide avait tout de la très grande série B. En l’état il est juste très bon car Xavier Gens et son équipe, que ce soit devant ou derrière la caméra, ont assuré le boulot pour transcender ce scénario et faire du cinéma, tout simplement.

the divide 1 The Divide (Xavier Gens, 2011)

The Divide s’ouvre sur les images promises, un bombardement, signe d’apocalypse dont on ne connaitra pas vraiment les tenants et aboutissants, ce qui est plutôt une bonne chose. On ne retrouvera ce monde-là et la lumière du soleil que dans un final magnifique. Dans son ensemble, le nouveau film de Xavier Gens prend la forme du huis clos, exercice ultra casse-gueule tant il nécessite des trésors d’inventivité pour se sortir des figures imposées et ne pas se noyer dans l’unité de lieu. Un sous-sol d’immeuble, une poignée de survivants comme on l’imagine, voilà pour les bases. Les difficultés du genre tiennent en deux points principaux : les évènements qui vont donner vie au huis clos et lui imprimer son rythme nécessaire, le film approchant les deux heures, et les personnages. Sur le premier point, c’est du tout bon. Après une introduction tonitruante et au montage un poil trop cut pour rester totalement lisible, The Divide prend ses marques et installe son ambiance qui va subir une évolution des plus intelligentes, de la peur à la survie, en passant par la nostalgie et la folie. Alors, bien entendu nous sommes dans de la pure série B donc on sait plus ou moins vers où le genre nous emmène, à savoir la disparition d’une grande partie du casting. Ce sont les règles et Xavier Gens joue avec de façon plutôt habile, s’appuyant sur un script qui laisse suffisamment de place aux effets de surprises et digressions fascinantes, à l’image d’une séquence de pure SF qui ouvre une fenêtre sur le monde extérieur. Le soucis est que tout cela manque de rigueur dans la construction du récit. Ainsi, les failles se font sentir rapidement, l’espace réduit les mettant encore plus en avant. L’erreur la plus flagrante venant de la séquence précédant le final. Carrément virtuose à l’écran, elle base sa résolution sur une erreur de scénario franchement visible. D’ailleurs ce scénario ne blesse pas que le récit, mais également les personnages. Si on s’attendait à y trouver un certain nombre de clichés, ce qui n’est pas vraiment un problème tant les oppositions de caractères prédéfinis et connus, voire caricaturaux, peut engendrer des conflits passionnants, c’est leur évolution qui pose problème. Globalement illogiques, ces personnages défient les lois de la raison et quand certains passionnent, à l’image de celui incarné par Michael Biehn qui trouve ici un de ses meilleurs rôles, d’autres désolent. On ne va pas entrer dans les détails pour ne rien dévoiler mais les conséquence de mises en situation extrêmes sont parfois un peu bêtes et surtout bien trop soudaines.

the divide 2 The Divide (Xavier Gens, 2011)

Reste que la plupart du temps ça fonctionne quand même, jusque dans les excès de certains acteurs en roue libre. On prend tout autant de plaisir à retrouver quelques figures mythiques du cinéma de SF underground, des figures essentiellement graphiques dans le look de certains personnages, dans le traitement du décor. C’est que Xavier Gens emballe tout ça de la plus belle des façons. Ce garçon est un virtuose, et il sait s’entourer. Bien aidé par Laurent Barès qui signe une photographie vraiment somptueuse, une de ses plus belles réussites, il multiplie les idées pour exploiter cet espace réduit, trouve le rythme juste en terme de découpage, soigne sa gestion de l’espace, et se permet quelques petites folies un brin gratuites mais qui flattent la rétine à l’image de quelques plans séquences sublimes ou deux mouvements très typés « David Fincher » lorsqu’il passe par les plafonds. Ajoutons au tableau des réjouissances un véritable tour de force dans la montée émotionnelle du film dont le dernier acte ressemble à un cri de survie ininterrompu, porté par une musique incroyable à en donner la chair de poule. Ce crescendo dans l’émotion est une superbe idée qui trouve tout son sens dans la conclusion et il y a tant de plaisir, tant de belles choses à l’écran qu’on lui pardonne, pour ce que cela vaut, toutes les bourdes d’un scénario flemmard. The Divide est un film qui fait plaisir, car c’est la nouvelle preuve que des metteurs en scène, des vrais, sont capables de faire de l’image en France. Ce qui fait moins plaisir c’est que personne ne veut les financer et que ce genre de film peine à trouver des distributeurs, pendant que d’autres qui produisent la même soupe depuis 40 ans sont toujours là…