Festival du Film Fantastique de Gérardmer 2012 : Hors compétition Le genre post-apocalyptique n’a, dans son histoire, que suivi une succession de grands films posant quelques bases entrecoupés de copycats plus ou moins nombreux et de plus ou moins bonne qualité. Les années 80 ont eu Mad Max, les années 2000 sont celles de La [...]
Festival du Film Fantastique de Gérardmer 2012 : Hors compétition
Le genre post-apocalyptique n’a, dans son histoire, que suivi une succession de grands films posant quelques bases entrecoupés de copycats plus ou moins nombreux et de plus ou moins bonne qualité. Les années 80 ont eu Mad Max, les années 2000 sont celles de La Route. The Day et son casting alléchant, notamment Dominic Monaghan et Shannyn Sossamon, le premier étant même producteur du film, ne déroge pas à la règle et se construit sur le modèle de son aîné, au moins pour toute sa partie clairement post-apocalyptique. Œuvre peu audacieuse mais généreuse, ce premier film de Douglas Aarniokoski manque toutefois de singularité pour s’imposer comme une véritable réussite. Mais The Day n’en reste pas moins un effort très louable, autrement plus intéressant que d’autre tentatives du genre sans toutefois ne serait-ce qu’effleurer la portée du récent Stake Land, bien plus intéressant sur le fond.
The Day souffre de deux problèmes fondamentaux qui le minent sévèrement. Tout d’abord un rythme lancinant lorgnant du côté des films cités ci-dessus mais qui ne s’envole jamais vraiment, cherchant à tout prix une certaine mélancolie qui reste malheureusement inaccessible. En effet, passée une scène d’introduction sous forme de coup de poing dans la gueule, The Day s’enfonce dans l’immobilisme jusqu’à enfermer ses personnages dans une résidence représentant immédiatement leur perte, leur tombeau. Et ce jusque dans un dernier acte courageux qui hausse enfin le rythme mais trop tard pour créer une véritable explosion. Autre problème majeur, le film voulant jouer la carte de l’émotion et de la mélancolie donc, ses personnages. D’abord caricaturaux, dessinés plus finement ensuite, c’est leur évolution grossière qui l’emporte, les transformant en girouettes improbables dans leurs jugements, leurs relations ou leur regard sur le monde en ruines. Entre deux réflexions pas si cons sur la mort et dans un film qui se veut humaniste à en croire ce qu’il montre, l’idéal de justice exposé est tout de même sacrément bête. Cette vulgarisation va jusque dans l’image du personnage noir de l’histoire, qui enquille réplique clichée de l’afro-américain sur réplique clichée de l’idiot de service. Tout aussi mal traité est le discours autour du deuil, mollement amené est succédant à un ultime retournement de veste fort agaçant. On trouve pourtant quelques belles idées, notamment dans le personnage de la fille mutique qui enchaîne les poses iconico-badass avec un certain brio ou des humains prédateurs et notamment les enfants. Sur ce point The Day ne cède pas à la morale facile et ose quelques évènements assez politiquement incorrects pour rassurer sur la liberté de l’entreprise. Mais bâti sur une absence de concept primaire – il n’est jamais dit pourquoi le monde a ainsi sombré ni même comment – The Day laisse un goût d’inachevé, jusqu’à son plan de fin totalement Z, mais qui ne fait finalement que prôner l’auto-défense comme principe de survie. Pas forcément répréhensible mais assez basique et peu développé.
Pour le reste, The Day bénéficie d’une interprétation de qualité, globalement, et d’une mise en image assez remarquable étant donné le budget. Derrière la phot désaturée à l’extrême car c’est un film post-apocalyptique et qu’il faut bien le montrer, une certaine élégance dans la mise en scène et de mise, tout comme une gestion plutôt habile de la narration et des principes du thriller. Douglas Aarniokoski est capable de créer une ambiance, de faire peur également à l’occasion, et quand il décide de faire basculer son film dans le film de siège, proposant finalement ni plus ni moins qu’une relecture de La Nuit des morts vivants dans un contexte différent, il le fait plutôt bien, avec une certaine efficacité. On en viendrait presque à passer outre son absence générale d’originalité et une tendance à foirer méchamment ses seules tentatives de flirter avec l’action.
A créé Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie.
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