[Critique + Test DVD] Clash (2009)
Réalisateur: Lê Thanh Sơn
Aujourd’hui le film de tatane est honteusement dominé par le cinéma thaïlandais, c’est un fait, et ce malgré les derniers soubresauts du cinéma HK écrasé par le réalisme et la violence outrancière apparus avec Ong Bak en Asie. Depuis le film choc aux ralentis et multi-caméras déjà cultes a fait des émules jusqu’au Viet Nam [...]
Aujourd’hui le film de tatane est honteusement dominé par le cinéma thaïlandais, c’est un fait, et ce malgré les derniers soubresauts du cinéma HK écrasé par le réalisme et la violence outrancière apparus avec Ong Bak en Asie. Depuis le film choc aux ralentis et multi-caméras déjà cultes a fait des émules jusqu’au Viet Nam dont on a déjà pu voir il y a quelques temps The Rebel de Charlie Nguyen, pas génial mais pas honteux non plus, et sur lequel Lê Thanh Sơn officiait déjà en tant que réalisateur de seconde équipe. D’ailleurs le couple Johnny Trí Nguyễn et Ngô Thanh Vân était déjà en tête d’affiche de The Rebel. Avec Clash on nous promet “un enchaînement de scènes d’arts martiaux et de courses poursuites”, rien que ça. Pour mettre rapidement fin au non-suspens, ce n’est pas tout à fait le cas. Lê Thanh Sơn cherche clairement à n’adopter le rythme thaïlandais que pour ses scènes de combat et met tout en oeuvre pour créer une dramaturgie concrète, avec personnages dotés d’un minimum d’épaisseur et un scénario qui serait presque un vrai. L’effort est appréciable même si le résultat n’est pas toujours à la hauteur des ambitions. Clash oscille entre le médiocre et l’excellent, et heureusement pour nous, l’excellence se situe justement dans les séquences de baston qui en imposent vraiment. Pour le reste, c’est assez mal emmené et concrètement on n’en a pas vraiment grand chose à cirer.
Clash veut jouer la carte du drame par le biais d’une sombre histoire d’enlèvement en marge du récit principal. Avec ses personnages manquant quelque peu d’épaisseur, malgré un désir de ne pas tomber dans les lieux communs, le drame a du mal à passionner. Sans doute à cause d’un scénario qui se veut bien trop complexe à jouer les sous-intrigues jusqu’à un multi-twist final pas toujours très adroit. Ce n’est pas donné à tout le monde de réussir à imposer un véritable fil narratif dans un film d’action, on en voit la conséquence immédiate ici : un désintéressement progressif vis-à-vis de la dramaturgie qui entraîne obligatoirement un ennuie de plus en plus profond entre deux séquences d’action qui ne sont pas si nombreuses que ça finalement. La quête du fameux ordinateur portable? Un prétexte qu’on oublie un moment avant qu’il ne revienne sur le devant de la scène, exemple d’un scénario visiblement mal conçu. Mais heureusement, niveau action, même si Clash s’avère radin sur ce point, ça envoie tout de même du très très lourd.
La poignée de séquences musclées, sans compter dedans les gunfights tellement mal foutus qu’à aucun moment on ne sait qui se trouve où dans l’environnement, impressionnent par leur maîtrise, carrément surprenante. Des scènes d’arts martiaux qui flirtent avec un peu tous les styles, du muy thaï bien sur, pour la révérence à Ong Bak (on retrouve les gros coups de coude sur le somment du crâne), mais également de nombreux mouvements habiles à base de clés de bras façon Donnie Yen dans SPL. Franchement bien chorégraphiées et rythmées, shootées à la bonne distance (c’est plus simple quand les acteurs savent bouger) avec des plans relativement longs, voilà des scènes de fight qui en imposent et forgent le vrai plaisir de Clash. Pour le reste, il ne faudra pas trop en demander à ce petit film au scénario bâtard mais qui remplit plus ou moins son contrat au niveau coups de poing dans la gueule et gros high kicks parfois hallucinants.
Pour sa mise en scène, Lê Thanh Sơn se fait plaisir en usant et abusant de filtres verts et/ou bleus qui ne masquent malheureusement pas des carences évidentes en véritables idées. Néanmoins, sur les scènes de fight, c’est la grande classe. Tandis que d’autres n’ont toujours pas compris que surdécouper une scène de combat en la filmant de très près n’aboutit que sur des séquences dégueulasses et illisibles, Lê Thanh Sơn livre un boulot franchement plaisant en laissant les acteurs évoluer dans le cadre et livrer de vraies prouesses martiales. Sans surprise on y retrouve le beau gosse Johnny Trí Nguyễn sans qui les films doivent avoir du mal à se monter au Viet Nam. Il assure le jeu comme ses camarades sans pour autant marquer les esprits.
Test de Clash réalisé en partenariat avec Cinetrafic
Image : Pour un transfert SD c’est vraiment pas mal, avec une gestion efficace des palettes colorimétriques extrêmement vastes, des contrastes appuyés et un petit grain cinéma pas dégueulasse.
Son : Comme souvent dans ce genre de sortie, la piste VF est à éviter même si techniquement elle tient la route. La piste VO est plutôt bonne mais la BO de Clash est tellement minable et le mixage tellement approximatif qu’on n’y verra rien de bien extra.
Suppléments : 3 bandes annonces et c’est tout…
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