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[Critique] Skyline (2010)

 
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Bottom Line

Certains films sont sans doute pensés entièrement pour se planter. C’est un peu le cas de Skyline, petit film de SF qu’on a forcément envie d’aimer quand on voit la bande annonce et quand on sait qu’il s’agit d’un budget limité. Car il faut avouer que le trailer présentant cette nouvelle invasion extra-terrestre avait vraiment [...]

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Posté le 15 décembre 2010 par

 
Critique
 
 

Certains films sont sans doute pensés entièrement pour se planter. C’est un peu le cas de Skyline, petit film de SF qu’on a forcément envie d’aimer quand on voit la bande annonce et quand on sait qu’il s’agit d’un budget limité. Car il faut avouer que le trailer présentant cette nouvelle invasion extra-terrestre avait vraiment de la gueule, avec ses lumières bleues et ces quelques jolis plans sur des toits d’immeubles. Oui, sauf que justement ce sont les plus belles séquences du film qui correspond tout à fait au manque de talent de ses géniteurs. Il y a comme une logique dans ce ratage. Tout d’abord, le nom de Brett Ratner à la production, généralement mauvais signe. Ensuite les frangins Strause à la réalisation, qui sont les coupables du très mauvais – mais un peu mieux que le premier – Alien Vs Predator: Requiem. Ça fait déjà beaucoup pour un seul film, mais on y ajoute le choix de ne filer des rôles qu’à des habituels seconds couteaux, souvent très bons dans ce domaine, de la série TV US, et on sent déjà qu’on tient un sérieux prétendant au titre de nanar de l’année. Titre qu’il ne décroche même pas tant on atteint des sommets de nullité absolue, même pas drôle. Skyline en fait c’est un peu la synthèse de toutes les séquences ratées de gros succès de la SF au cinéma, des bons comme des mauvais films. C’est surtout désolant d’un bout à l’autre, ne trouvant jamais la moindre ampleur ou ne serait-ce qu’une once de charme un peu cheap. Rien à sauver de ce naufrage en règles, pas même les effets visuels qui vont du passable au ridicule…

skyline 1 [Critique] Skyline (2010)

De la part de types venant des effets spéciaux on peut rarement s’attendre à du grand cinéma, même s’il y a toujours des exceptions qui confirment la règle (Guillermo Del Toro, Gareth Edwards…), et les frères Strause en sont l’exemple flagrant. Partant d’un script bancal qui fait pourtant suite à une excellente idée de suivre une invasion à travers les yeux d’une poignée d’humains dans un environnement clos, Skyline enchaine les bourdes du début à la fin sans faiblir. Jamais on ne ressent la moindre empathie envers ce groupe de petits bourgeois qui roulent en ferrari et vit dans des penthouses à Los Angeles, à vrai dire on est même plutôt contents de les voir crever tant ils sont antipathiques. Pourtant les frères Strause et leurs scénaristes amateurs (sans doute) font toutes sortes d’efforts pour rendre ces personnages fragiles et attachants, mais ça ne prend pas. Une est enceinte, l’autre est cocue, un a réussi, l’autre est un looser, on s’en fout royalement. De simples détails qui viennent handicaper un récit qui manque déjà cruellement d’efficacité.

Sinon pour le reste, Skyline bouffe à tous les râteliers. Un peu de la Guerre des mondes par ici, un peu d’Independance Day par là, une recherche de la pose héroïque sous filtres digne des pires Michael Bay, il devient rapidement difficile de trouver quelque chose à sauver dans se massacre. Alors oui il y a bien le design des monstres qui est plutôt réussi, de même que l’emprunt détourné aux méthodes de Matrix qui devient une métaphore de la fuite des cerveaux vers l’étranger (au 10000ème degré, en s’égarant quelque peu) mais c’est bien maigre pour espérer convaincre qui que ce soit. Dès lors il ne reste plus que la relative beauté de certaines images, ces extra-terrestres qui feront rougir de honte tous les adeptes du tuning aux néons bleus, et un côté nanar absolument pas assumé. Car oui, tout cela est traité avec bien trop de sérieux et fonce tête baissé dans le pire du ridicule, à grands coups de répliques pensées cultes mais terriblement foireuses, de clichés honteux et de morts tout sauf excitantes. Ajoutons à ça une dernière partie complètement surréaliste et une fin qui pousse sans éclat à une suite déjà en chantier, et on obtient une belle grosse bouse de science-fiction de la part de types qui n’ont semble-t-il rien compris au genre.

skyline 2 [Critique] Skyline (2010)

Il faut dire qu’en plus tout ça est assez salement mis en image, sans le moindre sens de la mise en scène. En résulte des séquences toujours mauvaises, jamais surprenantes ou impressionnantes, mais on n’en attendait pas moins de la part de ces deux grosses tâches. De plus, les acteurs de troisième zone font toujours peine à voir, alors que dans leurs seconds rôles de séries ils sont généralement pas mauvais. Eric Balfour (24H chrono), David Zayas (Dexter) et les autres cachetonnent comme ce n’est pas permis pour un résultat qui fait tout de même un peu de peine car ça et là apparaissent quelques bonnes idées noyées dans un océan d’incompétence assez dégueulasse. Et même sanction pour les effets spéciaux, les deux “spécialistes” se foutent bien de la gueule du spectateur avec des incrustations qui n’ont pas leur place sur un écran de cinéma, une honte, vraiment.

Assez incroyable de nullité, Skyline cumule les erreurs et fautes de goût à un rythme affligeant. Les frères Strause confirment là qu’ils sont bel et bien deux gros tâcherons sans le moindre talent et que leurs méfaits sur le crossover AvP n’étaient pas le fruit du hasard. Bourré de clichés pourraves, mal réalisé, avec des acteurs qui ne font pas le moindre effort et enterré par un scénario qui enchaîne les erreurs de parcours jusqu’à nous saouler à grands coups d’une romance dont on n’a strictement rien à foutre, Skyline est bien ce gros navet qui vient mettre tout le monde d’accord en fin d’année: quand on croit avoir vécu le pire au cinéma, certains réussissent encore à nous surprendre!


Nicolas Gilli

 
A créé Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro, les frères Coen et Tsui Hark.


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