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Resident Evil : Extinction (Russell Mulcahy, 2007)

 
Resident Evil Extinction affiche
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Synopsis: Le virus expérimental mis au point par la toute-puissante Umbrella Corporation a détruit l'humanité, transformant la population du monde en zombies avides de chair humaine. Fuyant les villes, Carlos, L.J., Claire, K-Mart, Nurse Betty et quelques survivants ont pris la route dans un convoi armé, espérant retrouver d'autres humains non infectés et gagner l'Alaska, leur dernier espoir d'une terre préservée. Ils sont accompagnés dans l'ombre par Alice, une jeune femme sur laquelle Umbrella a mené autrefois de terribles expériences biogéniques qui, en modifiant son ADN, lui ont apporté des capacités surhumaines. Depuis le laboratoire d'Umbrella, le Dr. Isaacs les surveille. Il est prêt à tout pour retrouver celle qui représente l'accomplissement ultime des recherches de la firme, la seule personne qui rende possible la mise au point d'un remède : Alice. S'ils veulent avoir une chance, les survivants doivent échapper à la fois aux morts-vivants qui infestent le pays et à Umbrella Corporation.
Pour Alice et ses compagnons d'infortune, le combat ne fait que commencer...
 
Note
 
 
 
 
 
2/ 5


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Posté le 2012/09/20 par

 
Critique
 
 

Bien décidé à exploiter son filon découvert quelques années plus tôt, mais pas franchement motivé pour s’en occuper tout seul, le grand comique Paul W.S. Anderson semble enfin avoir été frappé par une inspiration miraculeuse en faisant appel au vétéran australien Russell Mulcahy. Mais sans doute plus motivé par la levée de fonds supplémentaires possible que par le réalisateur lui-même, spécialisé depuis 20 ans dans les projets médiocres, il transforme Resident Evil : Extinction en un nanar improbable, sorte de film de zombies post-apocalyptique sous influences mal digérées. Et ce n’est pas très beau à voir.

Quelle ironie que de confier la réalisation de Resident Evil : Extinction à Russell Mulcahy. Réalisateur australien estampillé “culte” grâce à une excellente série B, Razorback, et le très fréquentable Highlander (même si ce dernier faisait bien pale figure lors de sa présentation à Avoriaz face à Mort sur le grill, Re-Animator, Le Jour des morts-vivants ou même Nomads, films d’un tout autre calibre), il n’a cessé par la suite d’enchainer les productions de bas étage, que ce soit au cinéma ou à la TV, avant de se retrouver dans la peau de la marionnette de Paul W.S. Anderson pour ce troisième opus de la franchise indigne mais toujours plus lucrative. “Cette fois, on a pris un vrai réalisateur, alors ça va le faire” nous crie dans l’oreille ce tâcheron qui n’a décidément rien compris aux liens qui peuvent exister entre le jeu vidéo et le cinéma, et pourtant on ne demandait qu’à le croire. Et s’il est bien difficile de nier que Resident Evil : Extinction est l’épisode le plus soigné des trois – il devait conclure la saga – il est tout aussi peu aisé d’y déceler l’ombre d’un bon film tant toute l’entreprise transpire le cynisme et la bêtise d’un auteur qui n’en a strictement rien à faire du matériau d’origine ou du spectateur.

Resident Evil Extinction 1 Resident Evil : Extinction (Russell Mulcahy, 2007)

La note d’intention de Resident Evil : Extinction ne manque pourtant pas de charme : créer une rupture en situant le récit et l’invasion de zombies dans un monde post-apocalyptique. Et ce même s’il n’y a rien de bien nouveau là-dedans, George A. Romero ayant bâti ses films de morts-vivants sur ce même principe et sans leur donner des faux airs de western fauché. Malgré les apparences, ce troisième épisode reprend très précisément ce qui ruinait déjà les précédents, à savoir un mépris total du matériau d’origine à nouveau relégué au rang de clins d’œils vulgaires, ainsi qu’un scénario qui bat des records de bêtise. L’incompétence de Paul W.S. Anderson à l’écriture, un grand thème d’analyse des failles de la série B hollywoodienne des années 2000 qui mériterait à lui tout seul une longue digression, mais c’est ici surtout la raison principale de l’échec artistique de ce troisième opus dont l’unique objectif est de remplir les poches de ses producteurs. Le jeu vidéo ? Rien à secouer, il suffit de placer de temps en temps des éléments bien reconnaissables (les dobermans écorchés dits “cerbères”, un Tyran, des corbeaux, des plantes vertes…) pour satisfaire les geeks, c’est la philosophie de la franchise. La cohérence avec l’épisode précédent ? Ce n’est pas très important non plus et cela permet de faire des scène trop drôles avec Milla Jovovich qui détruit sa moto car elle a du mal à maîtriser ses pouvoir de télékinésie (on rappelle qu’à la fin de Resident Evil : Apocalypse elle parvenait à faire fondre le cerveau d’un vigile simplement en regardant la caméra que lui surveille de derrière son écran). Sauf qu’il faut avoir le cœur à rire devant un tel gâchis, et même le sacro-saint “plaisir coupable” érigé en excuse ultime face à la nullité de certains films se prenant tellement au sérieux qu’ils évoluent lentement mais surement vers le nanar pur jus, il reste aux abonnés absents. Le scénario minable de Resident Evil : Extinction, qui transforme le film en un long chemin de croix interminable alors qu’il ne dure qu’1h30, n’est qu’une succession de séquences sans queue ni tête habitées de personnages totalement inexistants, de simples fonctions qui ne construisent aucun enjeu dramatique, noyés dans une narration hachée qui n’a aucun sens.

Resident Evil Extinction 2 Resident Evil : Extinction (Russell Mulcahy, 2007)

De son côté Russell Mulcahy fait ce qu’il peut en pion de Paul W.S. Anderson. Il soigne ses cadres pour cacher la misère d’un décor tout cheap, et son découpage pour enfin livrer un film lisible et réfléchi en terme de mise en scène. Sauf que le film a beau avoir beaucoup plus de cachet que les précédents, son absence de scénario ruine toute tentative d’en tirer quelque chose. C’est plutôt joli mais ça ne raconte pas grand chose, et l’ennui pointe rapidement le bout de son nez. D’ailleurs le film est surtout élégant quand Russell Mulcahy fait dans le contemplatif, car au moment de filmer l’action tout est tellement pauvrement chorégraphié et agencé que les séquences ne font aucune impression, si ce n’est un peu de peine. Pas vraiment à sa place sur cette production qu’il envisageait sans doute comme une renaissance, il s’avère bien incapable de diriger des acteurs livrés à eux-mêmes, ce qui dans le cas de Milla Jovovich donne un nouveau festival de grand n’importe quoi sous acide, et s’essaye à des poses iconiques qui n’empêche pas l’entreprise de sombrer petit à petit. Et par ailleurs, si le film possède parfois un certain charme, c’est quand il pille de façon assez éhontée quelques grands classiques pour impressionner le jeune public. Une séquence tirée des Oiseaux par ici, une autre du Jour des morts-vivants par là, quelques plans à la Sergio Leone pour capter des regards vides ou hallucinés, et d’autres repris directement de Mad Max 2. Et tout cela car, dixit ce génie de Paul W.S. Anderson, “c’est cool”. Sauf que ça ne l’est pas tant que ça, et une poignée de plans gores, une mise en scène plutôt léchée et un univers post-apocalyptique n’ont jamais fait un film, et ne le feront jamais. Derrière le vernis haut de gamme, Resident Evil : Extinction n’est qu’un prolongement logique d’une saga médiocre qui applique toujours la même recette sans prendre en compte le plaisir du spectateur, à moins que celui-ci ne consiste qu’à mater des actrices en tenue post-apo-sexy. Une série Z avec pas mal de moyens, et qui ne parvient même pas à construire un fight final qui soit à la hauteur de la pénible attente, avec cet affrontement ridicule entre Alice et le Tyran mollasson. Triste, et c’est pourtant le meilleur de la série.


Nicolas Gilli

 
A créé Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro, les frères Coen et Tsui Hark.