[Critique] Ratatouille (2007)
Réalisateur: Brad Bird
Une fois de plus, après l’incroyable Les Indestructibles, l’alliance Pixar/Brad Bird fait des étincelles et le réalisateur réussit à la fois à faire un film tout public (dans le sens de tous les publics, les enfants s’amuseront sans que les parents trouvent ça niais) et un film d’une profondeur et d’une intelligence toujours rares pour [...]
Une fois de plus, après l’incroyable Les Indestructibles, l’alliance Pixar/Brad Bird fait des étincelles et le réalisateur réussit à la fois à faire un film tout public (dans le sens de tous les publics, les enfants s’amuseront sans que les parents trouvent ça niais) et un film d’une profondeur et d’une intelligence toujours rares pour de l’animation en images de synthèse. Car le résultat n’est pas un film d’animation creux où on s’extasie devant les belles images photo-réalistes. Non, ici, si la perfection des images est atteinte, leur discrétion aussi et ce n’est pas un film d’animation que l’on regarde mais un film de cinéma, tout simplement.
Brad Bird réussit l’exploit monumental de rendre un rongeur nuisible, à la réputation affreuse (méchant, dégueulasse, moche, porteur de maladies, …) plus qu’attachant! Par son intelligence, son humour, sa créativité et sa passion, Remi échappe à tous les préjugés (souvent justifiés) des spectateurs sur les rats. Et mieux encore, cet animal représentant tout ce qu’il y a de plus sale se retrouve en icône de la haute gastronomie française! Et ça fonctionne… miraculeusement.
![ratatouille 1 ratatouille 1 [Critique] Ratatouille (2007)](http://www.filmosphere.com/wp-content/uploads/2011/06/ratatouille-1.jpg)
Le duo comique Remi/Linguini donne lieu à des moments de comédie exceptionnels, citant Buster Keaton, Charlie Chaplin et autres références exceptionnelles. Remi se retrouve comme un symbole du terrible dilemme passion/travail/famille, avec les choix difficiles que l’on doit parfois faire dans la vie. Les personnages du critique et du gérant du restaurant sont extrêmement complexes et surprenants (en particulier Anton Ego). On trouve même des scènes mettant en scène le caractère instable de Remi et sa légère folie, mal de tous les génies qui possèdent cette antre de noirceur au milieu de leur lumière.
Tous ces ingrédients font qu’on s’éloigne beaucoup du schéma habituel d’un film d’animation. C’est ce qui fait que ce Ratatouille est unique et qu’il lance une nouvelle approche pour Pixar et les autres. Mais avant la révolution, il faut profiter de ce délicieux Ratatouille, un régal pour tous les sens et la nouvelle confirmation que Pixar règne aujourd’hui en maître incontesté sur l’animation occidentale. C’est également une nouvelle réussite fulgurante pour Brad Bird, qui en seulement trois films s’impose comme un des nouveaux chefs de file du mouvement animé.
![ratatouille 2 ratatouille 2 [Critique] Ratatouille (2007)](http://www.filmosphere.com/wp-content/uploads/2011/06/ratatouille-2.jpg)
Exceptionnel à plus d’un titre, Ratatouille est à la fois un exploit technique hors norme par la représentation de cet univers réaliste et des animaux qui le peuplent, mais également un pur film de cinéma qui développe des ressorts narratifs fabuleux. Réussi et passionnant du début à la fin, le nouveau chef d’oeuvre de Brad Bird et de Pixar est un enchantement pour les sens, une réussite tout simplement brillante.













