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[Critique] Rambo (1982)

 
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Bottom Line

Il est intéressant de revoir ce premier Rambo aujourd’hui, plus de 25 ans après sa sortie et lorsque sort sur les écrans le barbare et outrancier John Rambo, quatrième épisode de la série. C’est intéressant car pour beaucoup de monde Rambo est une sorte de symbole du film d’action bourrin des années 80, de violence [...]

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Posté le 25 février 2008 par

 
Critique
 
 

Il est intéressant de revoir ce premier Rambo aujourd’hui, plus de 25 ans après sa sortie et lorsque sort sur les écrans le barbare et outrancier John Rambo, quatrième épisode de la série. C’est intéressant car pour beaucoup de monde Rambo est une sorte de symbole du film d’action bourrin des années 80, de violence gratuite et sans limite, ou un film de guerre à tendance action… Mais en fait pas du tout. Et en le revoyant on comprend mieux pourquoi Sylvester Stallone est devenu une icône (avec son rôle encore plus dramatique dans Rocky bien entendu), le personnage de John Rambo est avant tout un être brisé par la guerre du Viet Nam, un soldat d’élite qui ne connait que la guerre, une machine à tuer qui ne réussit pas à trouver sa place dans la société américaine post-Vietnam. Cet homme perdu contient tout le background nécessaire pour en faire un action hero modèle, ce qu’il deviendra dans ses suites plus ou moins honteuses mais qui ont construit le mythe Stallone, comme une sorte d’accident.

rambo 1 [Critique] Rambo (1982)

Et le film en lui-même s’apparente plus à une variation de survival, sur un modèle que suivra William Friedkin pour son Traqué (sans le contexte politique). C’est franchement bien mis en scène, la musique de Jerry Goldsmith est superbe, et surtout Stallone porte le film sur ses épaules avec une interprétation qui va du purement bestial au mélancolique, en passant par toute une palette d’émotions qui étonnent presque, en voyant ce qu’il est devenu. Il faut aussi souligner un message politique fort et très engagé… En effet l’équipe prend clairement la défense de ces soldats qui sont partis en héros pour faire leur métier et servir leur pays et sont revenus, pour ceux qui ont eu cette chance, comme des inhumains, des “tueurs d’enfants”. Le sujet est délicat mais se trouve traité de façon certes frontale mais juste, sans vouloir donner de leçon.

Rambo c’est donc un film à reévaluer pour ceux qui n’y voient qu’un film d’action (la mémoire collective et les deux suites y sont pour beaucoup), c’est une belle analyse des conséquences d’une guerre, c’est un portrait poignant d’un homme qui ne peut pas sortir du schéma qu’il connait le mieux, c’est tout simplement un classique! Si on doit faire un seul reproche, c’est la fin choisie… En effet la fin originale qui voyait la mort de John Rambo aurait été tellement plus appropriée…

rambo 2 [Critique] Rambo (1982)

Revoir aujourd’hui Rambo est une chose nécessaire dans un parcours cinéphile. Tout simplement car, à la manière de Massacre à la tronçonneuse, il s’agit d’un film dont beaucoup parlent sans l’avoir vu. Si tout le monde faisait l’effort, on réhabiliterait enfin un des survivals américains les plus brillants et une des plus intelligentes paraboles sur les conséquences de la guerre du Vietnam, un grand film qui n’a rien à voir avec l’image d’actioner bourrin qu’il se traîne depuis bientôt 30 ans.


Nicolas Gilli

 
A créé Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro, les frères Coen et Tsui Hark.


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