En voilà une rencontre improbable! L’auteur respecté pour ses écrits lugubres Clive Barker (Hellraiser, Candyman…) et le réalisateur barge Ryuhei Kitamura (Versus, Azumi…) mettent leur talent en commun pour qu’il n’en reste que le meilleur. Ca donne Midnight Meat Train, série B horrifique qui se place très au-dessus de tout ce qui se fait en [...]
En voilà une rencontre improbable! L’auteur respecté pour ses écrits lugubres Clive Barker (Hellraiser, Candyman…) et le réalisateur barge Ryuhei Kitamura (Versus, Azumi…) mettent leur talent en commun pour qu’il n’en reste que le meilleur. Ca donne Midnight Meat Train, série B horrifique qui se place très au-dessus de tout ce qui se fait en la matière depuis très longtemps, un film qui semble venir tout droit des années 80/90, période de gloire du genre.
Kitamura est un de ces réalisateurs qu’on aime détester, il accumule à peu près autant de fans que de détracteurs et il est clair que ses films sont bourrés de défauts. Mais une chose qu’on ne peut pas lui enlever c’est qu’il essaie toujours de trouver des nouveaux trucs de mise en scène et qu’il est souvent généreux que ce soit en action ou en gore. A l’opposé Barker propose un univers très noir sans fioritures. Et cette rencontre ne pouvait finalement qu’amener du bon. Le savoir-faire technique de Kitamura au service d’un bon scénario et d’un univers original. De plus, Barker étant producteur il permet à Kitamura d’expérimenter tout en lui posant certaines limites, c’est tout ce dont le réalisateur avait besoin, d’être cadré sans être muselé. Et sa première expérience américaine fait donc plaisir à voir!
Avec un casting bien choisi, Vinnie Jones massif et brutal, Brooke Shields en diablesse perverse mais sans oublier le couple central Bradley Cooper et Leslie Bibb, le réalisateur de Versus prouve qu’un asiatique peut réussir en occident sans pour autant vendre son âme.
Le boucher assassin est dévoilé très tôt, donc pas vraiment d’effet de surprise, ni d’effet de trouille d’ailleurs. Le duo se concentre plus sur une violence impressionnante à chaque agression. Pour le coup c’est très graphique et on ne nous épargne rien : énucléation, arrachage de dents et d’orteils, coups de marteau ou de crochet… C’est vraiment bien fait (pauvre Ted Raimi!) et Kitamura s’amuse même à nous mettre plusieurs fois à la place des victimes en caméra subjective. Grâce à lui on sait enfin ce que voient les yeux d’une tête qui vient d’être arrachée violemment!!
Le film est donc très jouissif pour les amateurs de sang étalé sur pellicule mais l’ambiance va au-delà. Au fur et à mesure que le film avance, le personnage central perd pied, son couple explose et le fantastique s’installe de plus en plus fortement jusqu’à un final carrément apocalyptique dans lequel la notion de réalisme n’existe plus. On retrouve les thèmes chers à Barker comme la violence dans le sexe, les relations de domination et un contexte social bien spécifique.
Passage aux US réussi pour Kitamura sous l’aile protectrice de Clive Barker, Midnight Meat Train est une excellente série B très généreuse et dotée d’une ambiance vraiment superbe.
A créé Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie.
Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro, les frères Coen et Tsui Hark.