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[Critique] Le Siffleur (2009)

 
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Bottom Line

Pour son passage derrière la caméra, l’acteur Philippe Lefebvre, ami et scénariste de Guillaume Canet, s’attaque à l’adaptation du roman Maurice le Siffleur de Laurent Chalumeau, soit-disant digne héritier de Michel Audiard… Avec son action se déroulant sur la côte d’azur et à Cannes en particulier, on tient là une comédie française dans la grande [...]

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Posté le 15 décembre 2009 par

 
Critique
 
 

Pour son passage derrière la caméra, l’acteur Philippe Lefebvre, ami et scénariste de Guillaume Canet, s’attaque à l’adaptation du roman Maurice le Siffleur de Laurent Chalumeau, soit-disant digne héritier de Michel Audiard… Avec son action se déroulant sur la côte d’azur et à Cannes en particulier, on tient là une comédie française dans la grande tradition de tout ce qui se fait depuis quelques années, un mélange de notre patrimoine avec une approche toute américaine (ou même anglaise en fait), un film bourré de clichés, pas toujours drôle, avec un scénario faussement manipulateur, limite prétentieux, bling-bling à mort… pour un résultat qui vaut surtout le coup d’oeil pour sa tête d’affiche impeccable mais qui ne laissera pas un souvenir mémorable. Terriblement anecdotique et gentillet…

Pourtant ça commençait vraiment bien avec le caméo d’Alain Chabat qui ouvre le film. L’humour est piquant, les répliques font mouche… On se dit qu’on va passer un excellent moment de rigolade à défaut d’originalité, sauf qu’on déchante rapidement car cette forme d’humour on ne la retrouvera que rarement, l’ensemble versant plutôt dans le gag de bas étage, parfois drôle, parfois beaucoup moins, surtout en ce qui concerne les running gags. C’est dommage car le scénario possède un potentiel évident et le casting mêlant valeurs sures du grand écran et stars du petit apporte une dose de nouveauté rafraîchissante. Mais à trop vouloir en faire… en fait on sent bien le goût du scénariste de Ne le dis à Personne pour les gros rebondissements, sauf que chez Canet ça passait comme une lettre à la poste mais là ce n’est jamais crédible à cause de petits détails tout bêtes…

siffleur1 [Critique] Le Siffleur (2009)

Tout le monde n’a pas le talent qu’avait Guy Ritchie à une époque pour les personnages hauts en couleurs et la multiplication des intrigues et à s’aventurer sur le même terrain il y a le risque de se casser les dents! Donc sur ce point c’est pas génial. Pas top non plus sur les clichés… alors certes ça sert sans doute à faire rire certains mais un peu comme la vision des français avec le béret et la baguette sous le bras chez les ricains, ce fantasme d’une côte d’azur où tout le monde roule en Ferrari ou en Aston Martin, remplie de gangsters, de mafieux et de bimbos, où on a tous des villas d’architecte quand on n’a pas envie de dormir au Martinez, où on peut corrompre un flic comme un agent du fisc… et bien ça pue un peu comme image, surtout quand ça devient la norme et qu’on ne peut s’empêcher de montrer Nice et Cannes comme des villes exclusivement habitées par des promoteurs russes et des nouveaux riches.

Mais bon, on pourrait passer outre ces menus défauts en faisant preve d’un peu de recul si au moins on se marrait vraiment. Sauf que là non plus c’est pas l’extase… alors on sourit beaucoup c’est vrai, on rigole parfois mais on n’atteint jamais les sommets espérés. Le duo prometteur Sami Bouajila/Fred Testot (oui, le Fred d’Omar et Fred, avec des cheveux!!) nous fait rire au début dans ce tandem de petites frappes maladroites pour ensuite nous ennuyer, le pathos bien franco-français qui vient opposer gros promoteur sans scrupule et le petit restaurant tenu par le gentil couple nous saoule également à défaut de nous intéresser, Virgine Efira joue très bien la potiche qui ne sait pas plonger mais beaucoup moins bien la femme fatale manipulatrice… Reste Thierry Lhermitte bien sur impeccable mais qui ne fait rien de plus que du Thierry Lhermitte et surtout François Berléand.

siffleur2 [Critique] Le Siffleur (2009)

C’est bien le seul à relever vraiment le niveau, comme d’habitude. Ses mimiques, son détachement, son humour pince-sans-rire… De là à dire qu’il porte le film tout seul il n’y a qu’un pas. Surtout qu’il a droit à de belles lignes de dialogues, chose assez rare pour être signalée (même si ce n’est pas du Audiard non plus!!).

Bling-bling jusque dans la mise en scène qui en fait des tonnes, surtout avec les split-screens, figure incontournable du film d’arnaques, le Siffleur n’est pas tant une déception (pour cela il aurait fallu en attendre quelque chose) ni un mauvais film. C’est juste une énième comédie franchouillarde qui se veut originale (et qui tente un final à la True Romance!) dans la forme mais qui ne l’est pas vraiment. On ne s’ennuie pas, on passe plutôt un moment agréable, mais on ne le gardera pas forcément en mémoire… aussi inoffensif finalement que ce fameux Maurice, dit le Siffleur.


Nicolas Gilli

 
A créé Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro, les frères Coen et Tsui Hark.


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