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L’autre rive (David Gordon Green, 2004)

 
L'Autre Rive de David Gordon Green (2004)
L'Autre Rive de David Gordon Green (2004)
L'Autre Rive de David Gordon Green (2004)

 
Informations
 

Réalisateur:
 
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Compositeur:
 
Directeur De La Photographie:
 
Monteur: ,
 
Genre: ,
 
Distributeur:
 
Date De Sortie:
 
Titre original: Undertow
 
Synopsis: Deux jeunes frères, Chris et Tim, vivent avec leur père dans le sud des Etats Unis lorsque leur oncle Deel leur rend visite après avoir purgé une peine de prison. Il va assassiner leur père afin de s'emparer de l'or familial. Mais les deux enfants, témoins du meurtre, s'enfuient avec l'argent. Deel se lance à leur poursuite, à travers le Mississippi...
 
Note
 
 
 
 
 
4/ 5


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Posté le 20 juin 2009 par

 
Critique
 
 

Drôle de film que cette Autre Rive… mélange surprenant entre la Nuit du Chasseur de Charles Laughton et Badlands de Terrence Malick (qui est ici producteur du film). Drame familial qui plonge peu à peu dans l’enfer de la traque et du road movie, c’est pour moi la révélation d’un réalisateur qui signe une œuvre d’une maturité surprenante alors qu’il ne s’agit que de son troisième long métrage. C’est aussi la confirmation de l’immense talent d’acteur de Jamie Bell après Billy Elliott. Avant tout film de personnages et d’ambiance, qui refuse tout spectaculaire y compris dans sa deuxième partie plus propice à de vraies scènes d’action, L’autre Rive est un modèle de narration et de mise en scène, et qui bénéficie de l’addition de plusieurs talent, comme le prouve cette merveilleuse introduction qui est une véritable démonstration de montage. Belle surprise! Communiquer une certaine tension au spectateur n’est jamais facile. Là en quelques plans et arrêts sur image, David Gordon Green le réussit sans problème, provoquant même le malaise sur une simple image…

autre rive 1 Lautre rive (David Gordon Green, 2004)

Pendant toute la première partie on va assister à une longue présentation des personnages, des relations entre les deux enfants et leur père… les caractères sont très travaillés mais on ne nous en dit pas trop jusqu’à l’arrivée de l’oncle, incarné par un Josh Lucas presque méconnaissable. Les secrets de cette famille vivant à l’écart nous sont peu à peu dévoilés, Deel étant le détonateur. La mise en scène rappelle beaucoup le travail de Malick, des mouvements de caméra discrets qui viennent souligner le ton mélancolique, impression encore appuyée par la partition envoûtante de Philip Glass.

Et le film va prendre encore une autre ampleur quand le drame va laisser place au road movie. Les deux frères vont se rapprocher au fur et à mesure qu’ils perdent leur innocence, Deel va se révéler de plus en plus vénal… La réalisation devient plus travaillée, avec la présence de plus en plus importante de ralentis, de travellings et une utilisation très intelligente du hors champ et de la voix off (quand les deux frères partent de chez le couple où ils se sont réfugiés c’est magnifique). On trouve de très belles scènes qui viennent souligner le rapprochement des deux frères, l’aîné prenant peu à peu la place du père alors qu’on voit bien qu’il n’est qu’un enfant. Quelques moment de liberté provisoire pendant lesquels ils pourront enfin se parler réellement.

autre rive 2 Lautre rive (David Gordon Green, 2004)

Usant de ressorts narratifs étonnants (tout semble se jouer très tôt), le film flirte avec plusieurs genres… le thriller bien sur mais aussi le survival et le fantastique. Car même s’il est ancré dans une certaine réalité, tout le film est empreint d’une ambiance poisseuse et d’un onirisme qui viennent en contrepoint d’images souvent très fortes. Le dénouement est à l’image du reste, mystérieux, pessimiste… On ne sait pas très bien si ce qu’on vient de voir est bien réel ou si ce n’est finalement que le fantasme d’un enfant… C’est très troublant d’autant plus que certaines images apparaissant dès le prologue ne nous lâchent jamais pendant la projection!

L’Autre Rive est un film vraiment surprenant, qui semble ne pas appartenir à son époque. Il joue avec des codes hérités des 70′s et qui ne sont plus du tout d’actualité au cinéma! Et tant mieux car le résultat possède un pouvoir hypnotique certain. Non seulement on se sent proche des personnages mais on vit cette fuite vers cette “autre rive” avec eux. D’autant plus que l’interprétation est absolument fabuleuse, aucune fausse note de ce côté-là.

Si on doit avoir un regret c’est peut-être un manque d’émotion dans le final qui aurait pu être grandiose mais n’est finalement que très bon. Belle surprise et un nouveau réalisateur à suivre c’est certain!


Nicolas Gilli

 
A créé Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro, les frères Coen et Tsui Hark.