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[Critique] L’âge de Glace 4: La dérive des continents (2012)

 
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Bottom Line

L’âge de glace premier du nom était une jolie petite surprise, le second marchait dans ses traces sans en dévier, tout comme le troisième. Et quand une saga qui tourne déjà en rond s’essaye à l’exercice périlleux du quatrième épisode (remember Indiana Jones 4) il y a de quoi avoir quelques hésitations avant de se [...]

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Posté le 29 juin 2012 par

 
Critique
 
 

L’âge de glace premier du nom était une jolie petite surprise, le second marchait dans ses traces sans en dévier, tout comme le troisième. Et quand une saga qui tourne déjà en rond s’essaye à l’exercice périlleux du quatrième épisode (remember Indiana Jones 4) il y a de quoi avoir quelques hésitations avant de se lancer dans l’aventure. Exit Carlos Saldanha parti vers le climat plus clément de Rio et place à son co-réalisateur du troisième épisode Mike Thurmeier qui fait équipe cette fois avec Steve Martino, qui avait réalisé Horton en 2008. Une équipe finalement bien rodée qui va dérouler une formule qui l’est tout autant pendant un peu plus d’1h30 sans ennui ni colère, mais sans grande passion non plus. Chez Blue Sky les films se suivent et se ressemblent, avec une structure similaire et une cible identique. En attendant le prochain film du studio, Epic, c’est encore un film adressé uniquement aux enfants. En clair, on n’est pas vraiment chez Pixar, ni chez Dreamworks d’ailleurs.

lage de glace 4 1 [Critique] Lâge de Glace 4: La dérive des continents (2012)

Ainsi les tout petits n’y verront que du feu et seront aux anges de revivre encore et toujours la même histoire, avec des gags qui sont en majorité des variantes des précédents, et une grande aventure qui n’en est pas vraiment une. C’est clairement l’épisode de trop, quand le précédent l’était déjà. Pourtant, le point de départ est franchement intéressant car il est tout de même censé mettre tous ces animaux face à leur extinction prochaine. Las, aucun intérêt pour les enfants et mieux vaut utiliser le cataclysme créé par Scrat comme un simple décor rapidement oublié. L’âge de Glace 4: La dérive des continents se concentre donc encore sur l’aventure du trio infernal auquel vient se joindre la grand-mère de Sid le paresseux, personnage gentiment trash dont l’utilité attendra les 5 dernières minutes pour prendre un peu de sens. Le gros morceau de ce quatrième épisode se situe dans sa première demi-heure d’action quasi non-stop. Pas forcément brillante si on compare à la concurrence, elle assure tout de même un spectacle de haute volée à un rythme effréné, avec une ampleur dans le mouvement et quelques scènes assez folles. Une énergie qui se retrouvera plus tard dans une scène de tempête relativement impressionnante mais qui fera toujours pâle figure face aux séquences maritimes des Aventures de Tintin. On ne s’ennuie pas vraiment sur la durée mais il faut bien avouer qu’au delà du spectacle qui utilise la 3D à bon escient et en mettra plein les yeux aux plus jeunes, L’âge de Glace 4: La dérive des continents n’a pas grand chose d’autre à proposer. Le récit en lui-même est d’une banalité assez triste, n’explorant jamais les pistes de réflexion qui semblent s’ouvrir pour se contenter du minimum syndical, à savoir une aventure au premier degré qui ne s’envole jamais vraiment. C’est sympathique, on y croise des pirates et donc tout un nouveau bestiaire plutôt réjouissant mais qui là aussi s’avère sous-exploité. Le gros problème vient de l’absence de danger et donc d’enjeux. Quand dans Happy Feet 2 la colonie de manchots se retrouvait prise au piège, on n’avait aucun mal à croire à une issue tragique, simplement grâce à une construction dramatique élaborée, tandis qu’ici le happy end de rigueur ne constitue en rien une libération. Il est juste normal dans une histoire qui n’évolue pas vraiment.

lage de glace 4 2 [Critique] Lâge de Glace 4: La dérive des continents (2012)

Les animaux de l’ère glaciaire face à la fin de leur époque ? Pas important. Les réflexions sur la famille, sur l’entraide, les apparences ou l’héritage ? Réduites à de la vulgarisation. En ne creusant pas ses thèmes en profondeur, Mike Thurmeier et Steve Martino font le choix limpide d’un cinéma pop-corn qui provoquera au mieux un enthousiasme furtif, au pire un désintérêt poli. Aucun enjeu, aucun véritable discours, un simple premier degré qui ne débouche sur rien de solide. Dès lors on se raccroche aux quelques charmes véritables de L’âge de Glace 4: La dérive des continents, à savoir une poignée de séquences réjouissantes, dont une complètement hallucinée avec des sirènes. Et au final le film ne tient que sur le même élément que les films précédents, et il s’appelle Scrat. De ce personnage, qui mérite un long métrage à lui tout seul au cinéma, proviennent non seulement les plus gros moments comiques du film, les plus efficaces, mais surtout le seul intérêt cinématographique. Il ne parle pas, il est comme un junkie en manque, et il provoque les pires catastrophe juste pour un gland. Métaphore surréaliste de l’obsession et de la gourmandise, il constitue clairement la seule véritable attraction du film, comme pour les précédents, et a droit aux plus belles séquences, aux plus folles également. Pour le reste, entre les batailles navales mollassonnes, les leçons de morale vulgaires (“piracy doesn’t pay”) et un univers dépouillé qui commence à lasser malgré la qualité évidente de l’animation, L’âge de Glace 4: La dérive des continents et sa finesse digne du mammouth Manny sur une pellicule de glace ne devrait pas combler grand monde et marque logiquement la fin d’un système qui tourne sévèrement en rond.


Nicolas Gilli

 
A créé Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro, les frères Coen et Tsui Hark.


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