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[Critique] La Maison des ombres (2011)

 
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Bottom Line

Festival du Film Fantastique de Gérardmer : Compétition. Pur produit issu de la BBC, Nick Murphy tente avec La Maison des ombres de s’attaquer à un genre dominé depuis maintenant de nombreuses années par la péninsule ibérique et le pays du soleil levant : le film de fantômes. En ce moment ouvertement des mascarades dans [...]

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Posté le 2012/01/28 par

 
Critique
 
 

Festival du Film Fantastique de Gérardmer : Compétition.

Pur produit issu de la BBC, Nick Murphy tente avec La Maison des ombres de s’attaquer à un genre dominé depuis maintenant de nombreuses années par la péninsule ibérique et le pays du soleil levant : le film de fantômes. En ce moment ouvertement des mascarades dans sa scène d’introduction, Nick Murphy semble vouloir apporter sa pierre solide à un édifice déjà bien trop haut en jouant la carte de l’originalité. Carte qu’il se gardera bien de sortir au final tant La Maison des ombres, film tout à fait recommandable au demeurant, ne fait que suivre le sillage creusé par d’autres. Toutefois, le soin apporté à sa mise en scène et sa direction d’acteurs, ainsi que sa thématique récurrente du traumatisme (guerre ou enfance) en fait un exercice assez intéressant à défaut de marquer le genre d’une pierre blanche.

la maison des ombres 1 [Critique] La Maison des ombres (2011)

Construit autour d’un mouvement global fait de travellings et panoramiques sur un rythme relativement lent, La Maison des ombres recycle l’éternelle figure de la femme envoyée dans une demeure gigantesque ou vont se produire des évènements plutôt louches. Rien de bien nouveau là-dedans et à la manière de ses confrères espagnols Nick Murphy fait le choix d’une actrice à la beauté magnétique avec Rebecca Hall. Autour des phénomènes à priori paranormaux, tout du moins inquiétants, se dessine rapidement un thème récurent, celui de la discrimination et de l’isolement qu’il peut entraîner. C’est en pointant du doigt le petit roux de l’établissement que le réalisateur introduit son idée. Se met ensuite lentement en place la mécanique très classique et parfaitement huilée de ce genre de production : ce qui ressemble bien à un fantôme d’enfant commence à apparaître dans tous les coins du cadre, tout le monde pense résoudre le problème de façon très rationnelle, un nouvel événement a lieu et on s’achemine gentiment vers un twist final forcément attendu. Et en effet, tout le côté ludique de la chose est d’essayer de deviner qui est qui ou qui a fait quoi tant on n’est jamais véritablement surpris par un scénario qui ne s’écarte jamais de rails solides mais un brin rouillés il faut le dire. Là où La Maison des ombres est assez intéressant c’est dans son illustration de la rencontre entre deux grands blessés, physiquement et psychologiquement. Des traces encore suintantes de la première guerre mondiale tout juste terminée au souvenir des camarades tombés en passant par une enfance sous l’ombre d’un événement terrible occulté par une mémoire sélective, La Maison des ombres développe son sujet avec intelligence. Le gros problème de tout ça est qu’on l’a déjà vue cette histoire ou une autre qui lui ressemblait énormément, et pas qu’une fois. On pense à L’orphelinat bien entendu, jusque dans sa résolution sous forme d’abandon au fantastique, ou à cette merveille inégalable qu’était Les Autres et qui avait remis au goût du jour la révélation finale qui permettait une toute nouvelle lecture de tout ce qui précédait. Un cinéma fantastique sous influence espagnole mais qui englobe également son héritage britannique et certains relents du cinéma gothique, notamment dans les compositions picturales.

la maison des ombres 2 [Critique] La Maison des ombres (2011)

Propre, appliqué, carré, La Maison des ombres possède les qualités de ses défauts et inversement. Ainsi, si le film possède une certaine efficacité, on ne peut s’empêcher de regretter un évident manque d’audace d’un film qui pioche quelques séquences-clés dans des classiques sans pour autant affirmer une identité forte. Avec sa mise en scène posée, sa belle construction graphique et un duo d’acteurs au meilleur de leur forme, le spectacle est presque convaincant. D’autant plus qu’une poignée de scènes s’avèrent réellement puissantes, à l’image du plan-séquence constituant la révélation finale et qui répète la même scène/traumatisme dans toutes les directions jusqu’à perturber la perception du spectateur. Ponctué d’un certain lyrisme voire d’une jolie poésie dans son épilogue, La Maison des ombres a peu de chances de marquer durablement les esprits mais les utilisent à relativement bon escient, avec application. On aurait toutefois préféré de la passion et une pointe d’originalité, car on reste là à des années-lumière de ce qu’avait réussi Alejandro Amenabar.


Nicolas Gilli

 
A créé Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro, les frères Coen et Tsui Hark.


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