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[Critique] Iron Man 2 (Jon Favreau, 2010)

 
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Bottom Line

On l’avait quitté sur une conférence de presse pendant laquelle il annonçait au monde que Tony Stark et Iron Man n’étaient qu’une seule et même personne, on apprend dès la scène d’ouverture qu’au même moment en Russie une sorte de rasta tatoué des pieds à la tête ruminait sa vengeance. Iron Man 2 reprend l’histoire [...]

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Posté le 27 avril 2010 par

 
Critique
 
 

On l’avait quitté sur une conférence de presse pendant laquelle il annonçait au monde que Tony Stark et Iron Man n’étaient qu’une seule et même personne, on apprend dès la scène d’ouverture qu’au même moment en Russie une sorte de rasta tatoué des pieds à la tête ruminait sa vengeance. Iron Man 2 reprend l’histoire 6 mois après les évènements du premier Iron Man, succès presque surprise pour un film relativement imparfait mais qui parvenait à trouver l’équilibre délicat entre grosse production hollywoodienne gonflée aux dollars et aux CGI et véritable film d’acteur, véhicule assez incroyable pour transformer un immense acteur aux moeurs de bad boy rompu au cinéma indépendant en star interplanétaire. Les raisons du succès? Un parallèle évident entre Robert Downey Jr et Tony Stark, une construction simple et efficace, une qualité hallucinante dans les effets, et une certaine générosité de l’ensemble. Pour la suite on ne change pas une équipe qui gagne, à l’exception de Terrence Howard qui cède sa place à Don Cheadle (on gagne au change). Et on était en droit d’attendre un film meilleur que le premier, surtout en ayant suivi (ou subi c’est au choix) la campagne promo pour le moins agressive orchestrée de main de maitre par les studios Paramount. On est d’autant plus déçu dès la sortie de projection car on en espérait bien plus et on se retrouve devant une suite de promesses non tenues. On ne va pas mentir et dire que le film est une catastrophe, mais il ne vole pas très haut. Il laisse un arrière goût de potentiel immense un peu gâché, comme sacrifié aux dieux du box-office.

iron man 2 1 [Critique] Iron Man 2 (Jon Favreau, 2010)

Concrètement, on attendait quoi? Une bombe atomique Rock ‘n’ roll et glamour un peu badass sur les bords et bourrée d’action. Et on n’a pas d’autre choix que de revoir ses attentes à la baisse. Il faut dire qu’il manque un élément essentiel dans cette suite, l’effet de surprise du super-héros mythique qui n’avait jamais été adapté, et cela se ressent. Pourtant dès les premières scènes on y croit à fond, Iron Man débarque pour son show avec en fond le mélodieux Shoot to Thrill d’AC/DC, mais la sauce ne prend qu’à moitié. Sans surprise, le film adopte la construction d’une suite classique en développant les éléments présents dans le premier épisode, les bons comme les mauvais. Le problème vient du ton général qui semble relativement bancal. En effet, on sent que Justin Theroux (scénariste émérite de Tonnerre sous les Tropiques) a cherché à développer un scénario qui creuserait du côté sombre de Tony Stark, en appuyant sur ses failles évidentes (complexe œdipien, tendance à l’alcoolisme, mégalomanie, tendance à l’auto-destruction excès de confiance). Mais il semblerait que cela ait été sacrifié au profit du blockbuster.

On en voit des bribes, dans la dualité entre Tony Stark seul et son personnage public, mais ça reste au niveau de l’esquisse. Ce qui fait qu’on reste très loin du personnage tourmenté de Bruce Wayne dans the Dark Knight par exemple, LE modèle à suivre pour un film de super-héros adulte. Continuons au rayon des déceptions avec les seconds rôles. C’était déjà le point noir du premier, ça l’est encore. Avec un casting regroupant autant d’acteurs de talent, on pouvait s’attendre à ce que l’affiche soit partagée. Que nenni, l’amour immodéré de Jon Favreau pour son acteur principal reprend le dessus et la plupart sont laissés sur la touche. Ainsi, Nick Furry (Samuel L. Jackson en pilote automatique) n’est là qu’en tant que VRP pour la future adaptation des Vengeurs, War Machine (Don Cheadle) se fait attendre bien trop longtemps pour une apparition bien trop rapide et Pepper Potts (Gwyneth Paltrow, transparente) mérite l’oscar du second rôle inutile. Il n’y a bien que Sam Rockwell, excellent en Justin Hammer, qui tienne tête à RDJr dans des joutes verbales savoureuses entre égocentriques.

iron man 2 2 [Critique] Iron Man 2 (Jon Favreau, 2010)

Car du côté des plus attendus c’est également la débandade. Mickey Rourke en Whiplash (qui pour le coup n’a plus la moindre connotation S.M.) assure dans ses quelques scènes, tout en démesure et caricature, mais ne se retrouve que trop peu face à Iron Man (c’était pourtant LE bad guy annoncé) tandis que le fantasme incarnée par Scarlett Johansson en Veuve Noire ne sera à l’écran que quelques minutes, le temps de quelques prises de catch trop accélérées pour être crédibles. Ajoutons à cela des CGI qui font moins naturels que dans le premier et on ne passe pas loin du tableau bien trop noir pour convaincre. Sauf qu’à côté de tout ça le film possède des qualités évidentes qui remontent largement le niveau. Si Jon Favreau n’a rien d’un grand réalisateur, on ne peut que saluer l’efficacité de sa mise en scène sans trompes l’œil. En honnête faiseur, il assure le boulot. Il a d’ailleurs appris de ses erreurs et nous propose cette fois un climax digne de ce nom, avec combats et explosions à gogo, et qui vient en complément indispensable de LA grosse scène d’action du film sur le circuit de Monaco.

Reste que l’attraction principale de tout ça reste son acteur principal qui n’en finit pas d’impressionner (au risque d’en arriver à saturation). C’est à nouveau le grand show de Robert Downey Jr. qui dévoile une palette de jeu qui va de l’intimiste dans les périodes de doute à du pur cabotinage en roue libre dans ses pétages de plomb (mémorable séquence d’anniversaire), et étant donné le traitement dont il bénéficie, il n’a aucun mal à éclipser tous les autres acteurs. Il pousse encore plus loin son cynisme et sa nonchalance, allant jusqu’à utiliser le bouclier du Captain America comme cale pour une de ses expériences. On regrettera tout de même le léger mélo qui survient à la toute fin et qui n’est absolument pas justifié ou une vilaine baisse de rythme centrale mais dans l’ensemble Iron Man 2 est un film qui remplit son cahier des charges. Toujours généreux, porté par un acteur outrancier et conscient de l’être et boosté par une BO du tonnerre, le film assure le minimum pour une machine de ce calibre. Sauf qu’il va falloir sérieusement se calmer sur l’humour au ras des pâquerettes, voire carrément embarrassant, pour ne pas tomber dans le grotesque pur et simple et grandir un peu.

Merci à l’ami Chandleyr sans qui cette avant-première serait resté inaccessible


Nicolas Gilli

 
A créé Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro, les frères Coen et Tsui Hark.


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