[Critique] Endhiran (2010)
Réalisateur: S. Shankar
Étrange Festival 2011 : Compétition Internationale. Endhiran, aka “Robot” est donc le plus gros budget jamais levé pour une superproduction indienne et à sa sortie un des plus gros succès de tous les temps au box-office local. Un film de science-fiction tamoul d’une durée de 3h, des effets spéciaux signé par le studio de Stan [...]
Étrange Festival 2011 : Compétition Internationale.
Endhiran, aka “Robot” est donc le plus gros budget jamais levé pour une superproduction indienne et à sa sortie un des plus gros succès de tous les temps au box-office local. Un film de science-fiction tamoul d’une durée de 3h, des effets spéciaux signé par le studio de Stan Winston (Terminator, Jurassic Park, Aliens… pas besoin de le présenter), un développement d’une dizaine d’années, quelque chose de colossal donc. Et à l’arrivée, un gigantesque nanar improbable, une véritable expérience physique qui renie assez clairement les règles de bases du cinéma tout en piochant allègrement dans les modèles occidentaux du blockbuster new age. Alors on pourrait louer pendant des heures le “délire” que cela constitue sauf qu’on est tout de même très loin de vraies folies en provenance de Thaïlande ou du Japon par exemple. Endhiran, avant d’être drôle et monstrueux, est surtout un peu nul. Mais pourtant, derrière tous ses aspects profondément grotesques, et le second degré que cela implique chez le spectateur occidental, Endhiran c’est un film qui cherche à parler de choses importantes, invoquant notamment, avec toute la maladresse qu’on imagine, les lois de la robotique d’Isaac Asimov.
![endhiran 1 endhiran 1 [Critique] Endhiran (2010)](http://www.filmosphere.com/wp-content/uploads/2011/09/endhiran-1.jpg)
Le machin durant près de 3h donc il vaut mieux s’armer de patience. La mise en place est des plus laborieuse mais donne le ton général, à savoir du grand n’importe quoi. Pour apprécier il faut sans doute se construire une certaine culture dans le cinéma indien car pour tout spectateur vierge de ces choses-là, il y a de quoi se prendre la tête à deux mains du début à la fin sans jamais la lâcher. Entre des choix de mise en scène incroyablement bêtes, dignes des pires sitcoms produit par AB dans les années 90, un rythme en dent de scie qui fait passer le film du calme plat à l’hystérie en un clin d’œil, des acteurs qui confondent jeu et pose, c’est un désastre. Mais un désastre avec tellement de moyens, tellement énorme, qu’il parvient tout de même à nous en mettre plein la vue. Les décors sont incroyables, à l’image de toute la direction artistique, des séquences sont dantesques, et l’air de rien c’est bourré de petites idées dingues. Une chasse au moustique, une scène de train interminable et un final sous forme de Kaiju Eiga, il y en a pour tous les goûts, notamment les plus mauvais. Car il faut tout de même se farcir des dialogues ineptes, des accélérés immondes, des rires démoniaques surréalistes et des faux raccords dans tous les sens. Globalement, il vaut mieux faire abstraction de toute notion de technique de cinéma pour éviter l’attaque cérébrale car c’est un carnage, aucune règle de la grammaire cinématographique de base n’est respectée. À croire qu’un gros spectacle WTF devrait nécessairement être bâclé, sauf que ce n’est pas le cas. Les pires délires de Takashi Miike restent carrés dans leur mise en scène, idem pour Wisit Sasanatieng ou Hitoshi Matsumoto, c’est donc une fausse excuse. Et c’est d’autant plus mauvais qu’il y a de longues plages pendant lesquelles il ne se passe rien. L’humour volontaire tombe à chaque fois à plat, tandis que les séquences les plus drôles sont à priori sérieuses, c’est très déroutant. Mais globalement, c’est une espèce de grosse bouillie bien indigeste.
![endhiran 2 endhiran 2 [Critique] Endhiran (2010)](http://www.filmosphere.com/wp-content/uploads/2011/09/endhiran-2.jpg)
Au rayon des vacheries, il convient de signaler tous les effets numériques qui sont juste dégueulasses, en décalage total avec l’ambition du film. mais voilà, certaines séquences ont vraiment du charme, et la réflexion sur le robot trouvant des sentiments, même si déjà vue, est plutôt intéressante. On n’ira pas jusqu’à dire que c’est émouvant, et ce même si les violons sont de sortie, mais parfois Endhiran est très juste dans ce qu’il essaye de raconte.Endhiran c’est aussi des citations permanentes de classiques ou succès de la SF. Ainsi, on est jamais étonné d’y trouver des réminiscences de Terminator, Matrix, I, Robot, ou même Godzilla et Transformers. Et il y a ce final complètement dingue, interminable, bourré d’idées aussi connes que géniales. Mais il y a surtout les chansons, et là c’est grand. Il y a dans Endhiran 4 ou 5 véritables clips musicaux pendant lesquels le décor change, pendant lesquels les acteurs chantent, dansent et font un défilé de mode en se changeant au moins 4 fois, et c’est mortel. Objectivement c’est nul mais tout ça est tellement surréaliste, ils y croient tellement quand ils prennent la pose, pointent leur doigt vers la caméra ou lèvent les bras au ciel devant l’objectif en très grand angle, que ça devient jouissif. À noter une chanson sublime parlant du Kilimandjaro et dont le clip a été tourné au Machu Picchu. Du délire avec Superstar Rajni qui en fait des tonnes et la belle Aishwarya Rai qui ne fait rien sinon montrer ses beaux yeux.











