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[Critique] Dragon Tiger Gate (2006)

 
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Bottom Line

Un an seulement près un SPL qui se voulait une révolution est qui ne fut finalement qu’un excellent polar saupoudré de magnifiques scènes d’action, ce qui est déjà excellent, le petit surdoué Wilson Yip lance cette nouvelle collaboration avec l’immense acteur/chorégraphe/réalisateur/superstar Donnie Yen en adaptant un des manhuas (équivalent chinois aux mangas japonais) les plus [...]

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Posté le 28 août 2007 par

 
Critique
 
 

Un an seulement près un SPL qui se voulait une révolution est qui ne fut finalement qu’un excellent polar saupoudré de magnifiques scènes d’action, ce qui est déjà excellent, le petit surdoué Wilson Yip lance cette nouvelle collaboration avec l’immense acteur/chorégraphe/réalisateur/superstar Donnie Yen en adaptant un des manhuas (équivalent chinois aux mangas japonais) les plus célèbres de Hong Kong. Le public attendait beaucoup plus d’action que dans SPL, un défaut souvent pointé du doigt même si ça n’était pas vraiment un film d’action, il est servi même si le résultat est à l’exact opposé de ce petit diamant noir qu’était SPL. On est là dans du pur divertissement mainstream et un brin WTF, du manhua-live en fait, et pas grand chose d’autre. En sachant à quoi s’attendre, Dragon Tiger Gate est une petite bombe d’action hyper généreuse qui ne s’embarrasse pas des formalités inutiles, et c’est très amusant en plus d’être superbement exécuté.

dragon tiger gate 1 [Critique] Dragon Tiger Gate (2006)

En effet, si le précédent film se voulait avant tout réaliste et sombre, Dragon Tiger Gate est complètement fantaisiste et s’adresse donc à un public un peu plus jeune que SPL, un public habitué aux mangas et jeux vidéos, ce qui n’a rien de péjoratif car il est plutôt sympathique de voir des personnages faire des bons de 15 mètres au cinéma mais il est clair qu’une partie du public est à ce moment-là mise à l’écart… Car si Donnie Yen affirme avoir crée des chorégraphies “physiquement possibles”, il serait intéressant de voir en réalité quelqu’un faire un saut de 10 mètres en arrière après s’être pris un coup de pied! La base des mouvements est réaliste certes (on est loin des enchaînements/combos très vidéoludiques de Stormriders par exemple) mais le résultat est hautement improbable, ce qui en soit n’est pas un problème si on est client de ce genre de combats.

Mais Dragon Tiger Gate compte plusieurs problèmes qui viennent relativiser le plaisir un brin coupable ressenti durant les séquences de fight. D’abord toute la violence extrême de l’oeuvre d’origine a disparu et on se retrouve avec un film clairement tout public alors qu’il aurait du être orienté vers un public plus adulte. Ensuite la photographie est souvent hideuse, sans aucune unité de tons et de lumière. Enfin, l’idée d’avoir affublé les trois acteurs principaux d’un look super branchouille (jeans et tshirts hyper serrés, mèche surréaliste) n’est pas forcément compatible avec une représentation de la pratique des arts martiaux. À plusieurs reprises on peut penser qu’autant racoler chez les adolescents à la mode est presque criminel. De plus le scénario, qui ne suit pas du tout le manhua original, n’est pas des plus intelligents ni des plus fins. C’est un peu con et assez bourrin, mais on s’en accommode tout de même. Et peu importe car on regarde un film comme Dragon Tiger Gate pour ses combats et il y en a 7 en tout, souvent monstrueux, bien filmés, bien chorégraphiés, et c’est un vrai régal sur ce point.

dragon tiger gate 2 [Critique] Dragon Tiger Gate (2006)

Petite déception après l’excellent SPL, Dragon Tiger Gate est de ces divertissements grand public assez inoffensifs et un brin agaçants. Agaçant car il ne semble s’adresser qu’à un public adolescent alors qu’on y voit tout le long le potentiel d’un immense film d’action. Mais Wilson Yip reste un très bon réalisateur est signe un film aussi con que monstrueux quand il s’agit d’illustrer des gros fights. Un potentiel gâché certes, mais un bout de péloche qui parvient à envoyer assez lourd parfois. Et ne serait-ce que pour Donnie Yen fringué et coiffé comme un ado à mèche, ça vaut le détour.


Nicolas Gilli

 
A créé Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro, les frères Coen et Tsui Hark.


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