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[Critique] Death Sentence (2007)

 
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Bottom Line

Venant du réalisateur de Saw on pouvait s’attendre à tout sauf à ça. Après un essai à priori pas mal du tout dans l’horreur avec Dead Silence, il continue son exploration du film de genre en s’attaquant à celui bien particulier du Vigilante, genre remis au goût du jour il y a peu par Neil [...]

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Posté le 20 avril 2009 par

 
Critique
 
 

Venant du réalisateur de Saw on pouvait s’attendre à tout sauf à ça. Après un essai à priori pas mal du tout dans l’horreur avec Dead Silence, il continue son exploration du film de genre en s’attaquant à celui bien particulier du Vigilante, genre remis au goût du jour il y a peu par Neil Jordan pour A Vif. Et bien sur le film parlera bien plus aux amateurs de ces films ancrés dans les années 70 comme Vigilante de Lustig, Un justicier dans la ville de Winner ou les Dirty Harry lancés par Siegel, du cinéma contestataire et politiquement incorrect comme on n’en fait plus et où on prône la vengeance et la justice sauvage, preuves d’une justice corrompue et incapable de prendre les bonnes décisions.

Et pour prendre le relais des grands (immenses) Charles Bronson et Clint Eastwood, devenus les incarnations du Vigilante, Kevin Bacon s’avère être le meilleur choix possible, énorme film!

death sentence 1 [Critique] Death Sentence (2007)

Avec un scénario tiré d’une nouvelle de Brian Garfield, tout comme un justicier dans la ville, Death Sentence s’éloigne d’emblée du film avec Jodie Foster qui s’encombrait d’une pseudo réflexion sur la vengeance personnelle, comme s’il se cherchait une excuse aux actes commis. Ici on est dans un étalage de haine pur et simple, et les quelques regrets que laisse apparaitre Nick Hume sont vite effacés pour n’en faire qu’une bête sauvage n’ayant plus rien à perdre, un homme parmi les loups qui n’a pas d’autres choix que de suivre les règles en vigueur dans le milieu auquel il s’attaque, un milieu vraiment éloigné du sien.

Le ton résolument jusqu’au-boutiste est la grosse réussite du film. Aucune concession n’est faite à une morale quelconque, James Wan ne juge jamais ses personnages qui de toute façon se jugent eux-mêmes, le choix restera au spectateur de se faire son opinion sur le bien et le mal présentés ici. Le message est clairement réac, ce qui peut choquer mais qui à mon avis personnel rassure sur un cinéma de genre qui est en train de  renaitre et se permet de sortir des œuvres aussi fortes qui refusent le politiquement correct. Rien que pour ça le film mériterait toutes les louanges possibles. Mais heureusement il a bien d’autres qualités.

death sentence 2 [Critique] Death Sentence (2007)

Pour l’interprétation c’est un sans faute absolu, Kevin Bacon est génial, toujours juste, son évolution mentale se traduit par un changement physique radical et l’abandon progressif de toute forme de langage. En face de lui, tout le monde assure, Garrett Hedlund impressionne en chef de gang (d’ailleurs tout le gang est génial) et John Goodman campe une sorte de parrain désabusé vraiment limite niveau morale. Mais ils sont tous effacés derrière la vengeance aveugle de Bacon qui bouffe l’écran à chaque apparition.

L’autre bonne surprise c’est la mise en scène de James Wan qui tranche avec l’esbroufe visuelle qui desservait la tension de Saw. Si dans ce dernier tous les effets clinquants de mise en scène étaient surtout là pour masquer un manque de budget flagrant, il s’en débarrasse ici pour élaborer des plans posés, multiplie les images iconiques de ce pauvre type représentant le modèle du père de famille moyen ayant réussi (les scènes précédant le drame étant d’ailleurs tellement en décalage qu’elles en sont presque ridicules) et qui se transforme en ange de la mort. Le film est très violent mais virtuose, il n’y a qu’à voir la scène du parking, superbement menée. De beaux plans séquences, des scènes d’action qui font bien mal… Wan prouve là qu’il n’est pas un escroc et qu’il a bien du talent en tant que metteur en scène.

Voilà un film qui fait plaisir, régressif, amoral, violent, c’est le digne descendant de ces grandes séries B des 70′s, la grande époque du cinéma libre. Et c’est un sacré bout de pelloche!!


Nicolas Gilli

 
A créé Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro, les frères Coen et Tsui Hark.


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