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Au-delà (Clint Eastwood, 2010)

 
Au-delà de Clint Eastwood (2010)
Au-delà de Clint Eastwood (2010)
Au-delà de Clint Eastwood (2010)

 
Overview
 

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Titre original: Hereafter
 
Synopsis: Au-delà est l'histoire de trois personnages hantés par la mort et les interrogations qu'elle soulève. George est un Américain d'origine modeste, affecté d'un "don" de voyance qui pèse sur lui comme une malédiction. Marie, journaliste française, est confrontée à une expérience de mort imminente, et en a été durablement bouleversée. Et quand Marcus, un jeune garçon de Londres, perd l'être qui lui était le plus cher et le plus indispensable, il se met désespérément en quête de réponses à ses interrogations. George, Marie et Marcus sont guidés par le même besoin de savoir, la même quête. Leurs destinées vont finir par se croiser pour tenter de répondre au mystère de l'Au-delà.
 
Note
 
 
 
 
 
1.5/5


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Texte de

 
Critique
 
 

Le grand Clint Eastwood qui réalise un film sur ce qu’il y aurait après la mort c’est un suite relativement logique dans son oeuvre. En effet non seulement à 80 ans passés et plus de 30 films au compteur Monsieur Eastwood n’a plus rien à prouver et peut se permettre quelques fantaisies mais cela fait maintenant très longtemps qu’il a entamé son dialogue avec la grande faucheuse. Dans ses films ou dans ceux des autres il a toujours abordé la mort, d’une façon ou d’une autre, plus ou moins appuyée. Donc aborder l’Au-delà, pourquoi pas! D’autant plus que pour ce qui ressemblait de loin à sa première véritable incursion dans le genre fantastique (trop longtemps après Minuit dans le jardin du bien et du mal) Clint s’est adjoint les services d’un scénariste de talent : Peter Morgan (The Queen, Le Dernier roi d’Ecosse, Frost/Nixon… des scénarios habituellement solides donc) et compose avec un casting surprenant, pas vraiment dénué de talents. Et pourtant quelle déception! Mais bizarrement la déception n’est pas celle qu’on pouvait craindre. On s’attendait à ce qu’Eastwood nous ponde un truc entre 2012 et Sixième Sens, mais pas du tout finalement. Non, il n’arrive simplement jamais à élever un scénario minable. Et peu importe si sa maîtrise de la mise en scène n’est jamais prise en défaut, cette fois sur la longueur (et quelle longueur! Plus de 2h le machin!) il se vautre comme il s’est rarement vautré au cours de sa carrière, en appelant à tout ce qu’il peut y avoir de plus détestable dans son cinéma, à savoir l’abus de pathos qui atteint ici des sommets en n’étant plus cantonné au dernier acte du film…

au dela 1 Au delà (Clint Eastwood, 2010)

Tout commençait plutôt bien pourtant. L’ouverture en rappel du tsunami de 2004 en Asie du Sud est un modèle du genre. Malgré quelques fautes de goût en termes d’effets numériques la séquence glace le sang par son refus du spectaculaire et par son illustration de la violence des éléments. Véritable morceau de bravoure de mise en scène, cette introduction enterre à elle seule tout le film de Roland Emmerich, et prouve qu’Eastwood a encore de beaux restes. Malheureusement par la suite Au-delà s’enfonce dans le médiocre, ne réitérant jamais cet exploit et plongeant le spectateur dans la torpeur. Dommage car il y avait clairement un potentiel. L’acceptation du dialogue avec les disparus, la dénonciation des charlatans, l’idée même de vie confrontée à la mort, des thèmes passionnants qu’Eastwood traite intelligemment, à savoir sans jamais poser la question « croire ou ne pas croire? ». Sauf que s’ils sont abordés sous le bon angle ces thèmes sont traités par dessus la jambe et ont du mal à faire surface durant le naufrage Au-delà.

Car pour la structure Clint Eastwood s’essaye à l’exercice casse-gueule du film choral, genre qui nécessite une certaine cohésion et surtout un équilibre entre les récits amenés à se croiser. C’est raté car sur les trois présents, un seul parvient à capter notre relative attention. Toute la partie anglaise avec les petits garçons ne semble là que pour tirer les larmes du spectateur et nous rappelle à quel point Eastwood peut tomber dans l’abus de sentimentalisme aussi artificiel qu’agaçant (remember Million Dollar Baby ou Sur la route de Madison). La partie française est une catastrophe terrifiante. Si on peut remercier le réalisateur de poser un regard loin des clichés sur le pays des fromages qui puent, cet arc du récit manque de consistance et cumule les fautes de goût avec des dialogues imbuvables, des acteurs incroyablement mauvais et du placement produit à vomir (comme si nos présentatrices vedettes faisaient des pubs pour Blackberry…). Il n’y a bien que la partie américaine qui pourrait être sauvée en faisant un effort, notamment grâce à la relation entre les personnages de Matt Damon et Bryce Dallas Howard, intelligemment amenée et traitée, proposant un zeste d’humour (Eastwood fera-t-il une vraie comédie un jour?) et une vraie sensibilité sans forcer le trait. Mais c’est au moment de faire se rencontrer les trois récits qu’il tombe carrément dans le ridicule… dans l’exercice et malgré son expérience, il n’a pas l’aisance d’un Robert Altman, d’un P.T. Anderson ou d’un Alejandro González Iñárritu et le résultat prête à sourire (ou à pleurer).

au dela 2 Au delà (Clint Eastwood, 2010)

Clint Eastwood n’est donc pas infaillible. On s’en doutait déjà, on en a l’affreuse confirmation avec Au-delà après le déjà bien faiblard Invictus. Pas vraiment aidé par des acteurs soit mal exploités (les jumeaux McLaren, pourtant potentiellement excellents) soit complètement à côté de la plaque (Cécile de France et Thierry Neuvic, ridicules, jamais justes dans leur jeu et leurs dialogues) et dont n’émerge qu’un Matt Damon pourtant loin d’être génial malgré sa sobriété, Clint Eastwood galère comme jamais pour donner de l’intérêt à son histoire. Et il a beau nous ressortir sa sempiternelle panoplie de mise en scène à la fois classique et d’une classe folle (rien à redire là-dessus, c’est un modèle) cette fois il ne parvient pas à sauver le film du naufrage annoncé. On plonge tête baissée dans un discours aussi moralisateur que vide de sens, dans le misérabilisme crasse, et le tout sur les petits accords de guitare sèche qu’adore Clint mais qui n’ont rien à foutre ici. Que c’est mauvais! Ça fait déjà deux films de trop après Gran Torino

Clint Eastwood a beau être respectable, voire intouchable si l’on en croit certains, il n’empêche qu’avec Au-delà il se plante complètement. Film boursouflé qui ne tient même pas la comparaison avec Shyamalan, catastrophe scénaristique, film choral maladroit, sentimentalisme dégueulasse exacerbé… la liste est longue. Enfoncé par des acteurs en grande majorité nuls d’un bout à l’autre, on n’en sauvera que 2 scènes, et c’est trop peu sur plus de 2h de film. Clint a beau toujours maîtriser ses outils de mise en scène, Au-delà est un échec mais surtout une immense déception de la part d’un des plus grands réalisateurs d’Hollywood.