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A Fantastic Fear of Everything (Crispian Mills & Chris Hopewell, 2012)

 
A Fantastic Fear of Everything Poster
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Overview
 

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Synopsis: À force de vouloir changer de spécialité en se dirigeant vers la littérature criminelle, un écrivain de livres pour enfants nourrit une obsession maladive pour les serial-killers Victoriens sur lesquels il effectue des recherches. Sombrant dans la paranoïa, il doit faire face à son psy, à son agent et à un producteur hollywoodien...
 
Note
 
 
 
 
 
3/5


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Texte de

 
Critique
 
 

Étrange Festival 2012 : Compétition internationale.

A Fantastic Fear of Everything, véhicule un peu fauché pour Simon Pegg, est un drôle de film qui s’égare un peu passée une première partie absolument brillante pour tomber dans une allégorie un peu lourdingue d’une séance de psychanalyse. Reste que le film est incroyablement drôle et marque un coup d’essai très prometteur pour Crispian Mills et Chris Hopewell, le premier étant le leader du groupe de rock psychédélique Kula Shaker tandis que le second est bien connu pour avoir réalisé des clips de Radiohead1, The Offspring ou The Knife.

On connait le goût de Simon Pegg pour le cinéma et les personnages décalés, lui qui portait avec son compère Nick Frost l’incroyable Shaun of the Dead auquel il sera associé jusqu’à la fin de ses jours. L’acteur est devenu l’incarnation du Monsieur-tout-le-monde british qui va vivre une aventure extraordinaire, ce qui est précisément le cas dans A Fantastic Fear of Everything où il incarne un écrivain névrosé qui va pousser sa paranoïa tellement loin qu’il va devoir affronter la plus grande de ses peurs, celle du lavomatic, cristallisation de ses pires phobies transformant son lavage de slip en introspection totale à la rencontre de l’enfant traumatisé enfoui dans son subconscient. On sent bien la lourdeur du procédé qui patine sévère dès lors que Jack entre dans ce lavomatic symbolique qui, comme le souligne un des personnages à la fin, prend la forme d’une rencontre entre les courants de Freud et Jung. Fort heureusement, la lourdeur un peu maladroite de la démonstration, et une certaine vacuité de l’ensemble du récit, se voit équilibrée par une humour souvent redoutable, que ça soit dans le burlesque ou dans des régressions racistes et misogynes. Très drôle, et doté d’une première partie absolument géniale.

A Fantastic Fear of Everything 1 A Fantastic Fear of Everything (Crispian Mills & Chris Hopewell, 2012)

C’est bien dans son premier tiers que A Fantastic Fear of Everything impressionne. Dans leur peinture d’une paranoïa maladive autant due au passif du héros qu’à son enquête sur les serial killers de l’Angleterre victorienne, Crispian Mills et Chris Hopewell accomplissent quelques petits miracles de narration et de mise en scène. Extrêmement ludique car pleine de mouvement, d’idées visuelles, bien rythmée par l’utilisation de la voix off pleine de folie de Simon Pegg, cette entrée en matière sous forme de huis clos paranoïaque ressemble à du Polanski sous acide et permet aux réalisateurs de jouer intelligemment avec leurs cadres pour retranscrire la paranoïa de leur héros. Plus que les apparitions hors champ ou le thème musical d’Evil Dead revisité, c’est dans ces mouvements panoramiques gardant le personnage en bord de cadre, dans la distorsion du cadre et son inclinaison, dans toute cette palette de mise en scène que se situent les plus belles idées pour provoquer chez le spectateur une sensation proche de celle du personnage dans le film. Et à travers l’énergie du découpage, l’affranchissement progressif du réel ainsi que des gags hilarants (le regard des assassins, le séchage des sous-vêtements dans le four…) se met en place une rythmique de comédie qui fonctionne parfaitement. Et ce jusqu’à ce que A Fantastic Fear of Everything commence à se prendre un peu au sérieux avec on propos analytique pas assez poussé pour ressembler à autre chose que de la psychanalyse de comptoir. Reste que la comédie ne quitte jamais vraiment le cadre, portée par un Simon Pegg en roue libre sur lequel s’appuie la réussite du film. Mais il faut bien avouer que les digressions sur l’enfance de Jack (un prénom qui colle décidément bien aux écrivains névrosés au cinéma) ne sont pas ce qu’il y a de plus efficace, ni même de très intelligent. Mais l’effort est louable et poussé jusqu’au bout avec les deux derniers tiers du film situés autour ou à l’intérieur du lavomatic.

A Fantastic Fear of Everything 2 A Fantastic Fear of Everything (Crispian Mills & Chris Hopewell, 2012)

On oubliera vite la bêtise de la romance qui se met en place ou les petites pointes de racisme envers la communauté asiatique, qu’on aurait bien aimé plus drôles, pour se concentrer sur le one man show de Simon Pegg qui se fait plaisir dans un esprit finalement très cartoon. Bourré d’idées de gags formidables et vraiment bien rythmé malgré ses gros sabots pour analyser son personnage principal, servi par son lot de références geeks/cinéphiles (relecture amusante de la scène de la douche de Psychose), A Fantastic Fear of Everything est un film un peu fou qui va jusqu’à l’utilisation du stop-motion et d’effets de style assez inattendus pour toucher à son but. Éminemment sympathique, cette petite production anglaise n’a pas hérité du talent d’Edgar Wright par exemple mais possède suffisamment de bonnes idées et de folie douce pour transformer ce premier essai très amusant en une comédie assez prometteuse pour l’avenir de ces deux cinéastes. Quant à Simon Pegg, on l’attend de pied ferme et très vite pour la fin du monde…

  1. There, There []