Review

On a déjà vu tellement d’histoires d’amour au cinéma qu’on pensait avoir fait le tour de la question. Depuis longtemps maintenant les comédies ou les drames romantiques ne sont que facilité, redites, ennui, cinéma bas de gamme sans ambition… Le public est toujours le même, des esprits fleur bleue qui croient au prince charmant et aiment à se rassurer qu’il y a encore des histoires impossibles qui finissent bien.

C’était donc étonnant de voir James Gray, le nouveau chef de file du polar (La Nuit nous appartient… sans doute meilleur film de l’année dernière tout de même!) se pencher sur un drame romantique! mais au moins, ça permet d’interpeler un public différent.

Et force est de constater qu’à la manière de tout grand réalisateur, James Gray est à l’aise dans n’importe quel style. Si l’histoire aurait été d’une banalité affligeante dans d’autres mains et devant un autre objectif, il réussit à en tirer la fibre qui la rend passionnante et réussit à toucher en plein coeur. Sa vision de l’amour est originale, pour lui le bonheur ne passe pas sans épreuves difficiles, pour lui l’amour est cruel et n’est malheureusement pas souvent partagé.

Il en profite pour installer sa thématique récurrente de la famille, s’installant ici dans la communauté juive et ses mariages arrangés. Son héros est un rêveur, un de ces adultes enfants qui ne vivent que dans l’excès, excès de sentiments quand il s’agit d’amour. Un homme dont le désir de vivre avec sa maladie qui le rend différent est aussi puissant que celui de mourir, un homme qui aime sans limites et qui ne demande que de l’amour en retour.

Joaquin Phoenix incarne Léonard, cet écorché vif qui court après son idéal. Il livre sa meilleure (et à priori dernière… sniff!) prestation sur grand écran. Il est impressionnant de justesse et fait passer tout un panel d’émotions simplement par l’intensité de son regard, son personnage n’étant pas un grand parleur. Et quand il déclame des phrases aussi belles qu’un simple « je t’aime », on a l’impression de n’avoir jamais vu un acteur aussi sincère.

Les seconds rôles sont également très bons (dont une Gwyneth Paltrow qui est même supportable) et encore une fois James Gray cadre son récit sur ses personnages, sa mise en scène s’effaçant derrière eux alors qu’elle est en tout point parfaite. Two Lovers est peut-être le meilleur film d’une belle année 2008, et on espère que James Gray garde le rythme et nous sorte vite un nouveau chef d’oeuvre.



About the Author

Nicolas Gilli
A crée Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro et Tsui Hark.