Review
Il y a maintenant 15 ans (déjà!) un coup de tonnerre grondait et une révolution avait lieu dans le petit monde de l’animation. C’était la naissance du studio Pixar en tant que studio de production de longs métrages, l’avènement d’un immense artiste, John Lasseter, c’était la sortie du tout premier Toy Story. Choc inoubliable pour toute une génération d’enfants bercés jusque là aux productions Disney, le film clairement destiné à un jeune public redistribuait les cartes de l’animation et imposait les images de synthèse comme une alternative sérieuse à l’animation traditionnelle. La suite on la connait tous, c’est une des plus belles success story de l’histoire du cinéma. Pixar a depuis produit plus d’une dizaine de longs métrages avec un rythme hallucinant, récoltant récompense sur récompense, mais le plus important n’est pas là. Si l’expression peut paraitre un peu facile, le studio impose film après film une maturité carrément sidérante! Faisant appel à de nouveaux talents ou s’appuyant sur leurs valeurs sures, chaque nouveau film fait un pas en avant vers l’universalité du propos. Concrètement, les enfants seront toujours aux anges grâce à des récits d’aventure drôles et plein d’action, mais les spectateurs adultes ne sont pas oubliés, au contraire. On sent depuis les Indestructibles la volonté de mettre en place de façon très naturelle un second niveau de lecture tout simplement inaccessible aux plus jeunes. Et si Wall-E puis Là-Haut semblaient atteindre une sorte de nirvana mélancolique et adulte, nous tirant (presque) des larmes, Toy Story 3 enfonce le clou alors qu’à première vu il s’agissait d’une régression. Lee Unkrich et son équipe parlent à nos souvenirs d’enfant et d’adolescent et signent peut-être le plus grand film du studio Pixar à ce jour, dans le sens où c’est sans doute le plus abouti.
On pourrait parler de timing parfaitement géré par Pixar. 11 ans se sont écoulés depuis Toy Story 2, et il en est de même dans le monde parallèle des jouets. Ainsi, Andy a aujourd’hui 17 ans et se retrouve à la veille de son départ pour l’université. Andy, à quelques années près, c’est l’oeil du spectateur à l’intérieur du film, le personnage qui permet de croire à cette histoire de jouets qui prennent vie, celui auquel on ne peut que s’identifier qu’on aie gardé son âme d’enfant ou pas. En cela Toy Story 3, à l’image des autres productions du studio, n’est vraiment pas un film segmentant qui ne parlerait qu’aux gosses ou aux adultes souffrant du syndrome de Peter Pan. Dans les faits, le film fait rire toutes les générations, fait rêver et éblouit les plus jeunes pendant qu’il fait pleurer les plus âgés. C’est la magie Pixar qui opère une fois de plus, et ce dès la scène d’introduction tout simplement brillante et qui colle d’entrée de jeu un sous-texte hyper nostalgique qui prend de plus en plus d’ampleur au fur et à mesure que se déroule le récit et qui éclate littéralement dans un final bouleversant.
Là où on pourra voir une simple aventure digne de la Grande Evasion, une succession de gags tous plus drôles et inventifs les uns que les autres ou encore une série de portraits de personnages en pleine dépression que n’aurait pas renié un Wes Anderson sous amphétamines. Des niveaux de lecture multiples pour autant de publics cibles donc, et si l’écran se voit accaparé par les jouets le personnage central n’est autre qu’Andy. Il est la cause de toutes les peines et les joies, de toutes les actions et aventures, mais surtout il nous parle à nous, public de jeunes adultes. Car quel est le sujet central de Toy Story 3 au fond? Au delà de l’évasion, au delà de l’action et de l’humour? C’est l’histoire d’un jeune homme qui devient adulte et qui quitte le nid familial, et qui pose un regard plein de tendresse sur ses jouets qui représentent tout simplement son enfance et ce qu’il en reste. Il n’y a qu’à voir cette scène poignante et qui résume à elle seule le propos de tout le film, quand Woody assiste caché à l’aveu de la mère d’Andy qui est en pleurs à cause de son départ.
Toy Story 3 est un film profondément nostalgique et triste, c’est ce qui ressort le plus alors qu’on passe 1h40 à rire aux éclats! C’est tout de même très fort! En sortant de la salle, on se pose à peu près tous la même question en essuyant les restes d’une petite larme incontrôlable: qu’est-ce que j’ai fait de mes jouets en quittant la maison familiale? À cette question toute bête Lee Unkrich nous offre la plus belle des réponses. Visuellement, c’est époustouflant, bourré d’idées de mise en scène absolument géniale, maniant l’action comme peu de blockbusters hollywoodiens y parviennent et surtout un humour tout simplement ravageur et irrésistible. De nouveaux personnages font leur apparition, bénéficiant tous d’un travail d’écriture qui remet en cause à lui tout seul la crise d’inspiration des scénaristes et de doublages par d’immenses acteurs. Au rayon des nouveautés on retiendra particulièrement le couple Ken/Barbie qui hérite d’une scène tout simplement anthologique, entre autres morceaux de bravoure.
On se prend à rire aux éclats d’un Mr Patate en roue libre ou d’un buzz passé en mode espagnol, et on en prend plein les yeux dans des séquences d’aventures en tous points brillantes. Lee Unkrich maitrise son rythme et dose parfaitement tous les ingrédients pour atteindre son but, divertir le spectateur pour mieux le toucher. Il ne force pas sur le pathos, tout apparait naturellement comme par magie et après des moments dantesques où on se prend à craindre pour l’avenir de ces jouets, on se fait cueillir comme un amateur par un final époustouflant d’émotion. Derrière un pur film d’aventure, Pixar nous emporte par un message aussi simple qu’imparable car il touche à ce qu’on a de plus cher, nos tendres souvenirs d’enfance. Derrière la 3D réussie mais inutile, derrière les gags d’une efficacité rare, derrière la gestion de l’action qui doit faire pleurer Michael Bay de honte, derrière tout cette perfection formelle se cache un récit tendre, lucide et très adulte. Quelle superbe conclusion!!
Merci au club 300 Allociné pour la projection









[...] Toy Story 3 (Disney * Pixar; Walt Disney Studios Motion Pictures) [...]
[...] 14. Toy Story 3 [...]
[...] un train électrique plutôt bien torchée et rythmée, même si on reste loin de la séquence de Toy Story 3, on retrouve presque le Besson audacieux dans sa mise en scène. On peut également s’appuyer [...]
Une superbe conclusion, drôle, tendre, émouvant, un régal
Je ne l’ai pas encore vu (ni le 2) mais ça donne envie. Du grand Pixar apparemment.
C’est exactement ce que je me suis dit : qu’ai je fait de mes vieux jouets ???
Par contre, il y avait plus de jeunes adultes que d’enfants durant ma séance. En effet, les allusions à différents films (Mission Impossible entre autres) font rire plus les adultes que les enfants….
[...] retrouvent aux premières places, et qui risquent bien d’y rester. Cela dit, si Inception et Toy Story 3 n’ont pas forcément volé leur place, Enter the Void (45ème) et le Guerrier Silencieux [...]
@Jérémy: On est d’accord. Et ce qui est très fort c’est qu’on ressent une démarche sincère derrière, pas forcément dictée par un réel soucis commercial (même si financièrement parlant la franchise est une mine d’or), c’est aussi pour ça que c’est si réussi!
@PaKa: Yeah! J’avais lu l’article très sympa. Ça ne m’étonne pas que ça fonctionne aussi sur un gamin, cette faculté à parler à tous les publics c’est la grande force de Pixar
@el_boufono: Ah ben mince! C’est clair que si on n’est pas happé par tout ce côté nostalgique hyper présent, j’imagine qu’on ne ressent pas la moindre émotion… dommage en effet :/
@seve: C’est ce que je trouve aussi. Il faut revoir les 2 premiers, ce ne sont pas les meilleurs Pixar (à mes yeux) mais ils sont excellents
je ne me souvenais plus des 2 premiers films car j’étais encore petite mais quand j’ai découvert le 3eme j’ai tout simplement été enchanté . Certaines scènes mon fait rire comme buzz parlant espagnol ou Ken défilant devant Barbie ! Tout ça pour dire que PIXAR a reussi a redonner vie a des jouets qu’on avait oublié et c’est gégnial.
Bon, voilà, je le dis. J’ai pas aimé! Et pourtant je suis le premier fan de Pixar! Je n’y suis pas allé a reculons ni rien. Juste la sauce n’a pas prise. Une belle scène d’intro, mais ensuite un enchainement assez poussif de blagues potaches, un scénario pas loin d’être prévisible à des kilomètres et finalement je suis pas rentré dans la danse.
Le film est sauvé, selon moi, par le buzz espagnol (ok la je me suis poilé comme rarement) et Ken et Barbie (même si ils étaient un peu attendus, pas de suprise quoi, juste efficace). La fin est en roue libre et pendant que mes voisines pleuraient à chaudes larmes j’attendais impatiemment la fin.
Dommage, j’ai l’impression d’être passé à côté de quelque chose. Peut être aussi que le message nostalgique (qui était déjà pas passé pour moi dans Cars) m’a un peu mis de côté.
Bref, pas mon film de l’été, très loin de là.
Tout à fait d’accord avec toi !
Depuis un bout de temps, j’avais une préférence pour Toy Story (1 & 2) tout en sachant que ce n’était pas forcément le meilleur chez Pixar d’un point de vue scénar’ et technique, mais grâce à ce N°3, Toy Story devient vraiment le must !
Et le mieux c’est que ça marche à tout niveau, aussi bien sur moi le trentenaire que sur mon gamin de 4 ans…
…qui du coup se colle à la critique sur Angle[s] de Vue :
http://www.anglesdevue.com/2010/07/20/toy-story-3-de-lee-unkrich/
[...] quelques jours, vous avez sans doute compris qu’on tenait là le film de l’été (avec Toy Story 3), un des films de l’année et peut-être le blockbuster le plus intelligent jamais réalisé, [...]
Je viens de le voir, vraiment GENIAL! Peut-être le meilleur des 3! Hilarant, bouleversant, glaçant même parfois, un très grand film!
[...] S’il est clair que le plaisir de retrouver certains personnages, avec en tête le chat potté malgré son embonpoint (et qui nous ressort son regard qui tue), est bien présent, il est terni par des choix scénaristiques ne fonctionnant que rarement. La pirouette faustienne n’est là que pour répéter ce qui a déjà été raconté mais sous un autre angle, ce qui atténue vraiment le plaisir. On se console avec l’apparition de Fiona en Xena la guerrière, de nombreuses séquences d’action qui envoient bien comme il faut par leur rythme et leur densité, et qui trouvent avec la 3D un partenaire idéal. Ça bouge dans tous les sens donc on en ressort avec les yeux quelque peu fatigués mais au moins on aura pris un minimum de plaisir par l’aspect spectaculaire de la chose. Car à côté de ça, Shrek 4 n’est pas vraiment drôle, jamais émouvant, toujours très gentil et finalement très oubliable, une conclusion assez décevante donc surtout en comparaison avec le flamboyant Toy Story 3. [...]
Je viens de revoir le premier, et je reverrai prochainement le 2, me préparant pour la sortie du 3. J’ai vraiment hâte de le voir, ces films sont absolument géniaux, car ils sont faits avec SINCÉRITÉ, ce qui est malheureusement trop rare. Dès ses débuts, Pixar a refusé le cynisme, qu’ils continuent ainsi!
« Toy Story 2″ devait sortir directement en VHS à la demande de Disney mais quand ils ont vu qu’ils sabotaient l’esprit de leur studio, divisant l’équipe en ceux qui bossaient sur le « grand film », « Mille et une pattes », et ceux bossant sur le « petit film sortant en VHS », John Lasseter a décidé de tout stopper et de refaire tout « Toy Story 2″ pour le sortir au cinéma, ça c’est très très fort!
La seule chose à faire pour réussir un film, c’est de faire le film que soi-même on veut voir. C’est la seule recette (dixit Robert Zemeckis), et Pixar l’a toujours suivi jusqu’à présent.
@FredP: J’aime ta référence à Britney Spears ^^ (je sais c’est très capilotracté comme remarque)
@Zirko: Un des films de l’été oui c’est clair
@DainahD: Carrément, c’est revenu dans plusieurs discussions après le film, c’est dingue cette capacité à faire ressurgir des trucs comme ça! Je trouve ça très très fort!
@Knorc: Je sais j’ai de la chance
Pour Inception, j’espère que ça sera plus que le film de l’été ^^
@Zirko Heu après Inception bien sûr
J’ai hâte de voir ce petit Toy Story 3 !! Tu as bien de la chance de l’avoir vu en avant-première !
Que d’émotions après ce film ! C’est clair qu’on pense tout de suite à ses jouets et à tous ces moments de jeux qui paraissent si loin….Une merveille !
La note fait plaisir. On tient le film de l’été ! ! !
Pixar l’a encore fait ! Rien à dire.