Review
Sorti en France directement en DVD après 3 ans à écumer les festivals de par le monde, the Fall a tout du projet titanesque. Un tournage dans une vingtaine de pays, des milliers de figurants, une intrigue ambitieuse, sur le papier il s’agit d’une oeuvre gigantesque à laquelle David Fincher et Spike Jonze ont même apporté leur soutien. Tarsem Singh, on le sait, est un habile faiseur d’images, très habile même. Que ce soit dans ses publicités ou ses clips musicaux, il a toujours fait preuve d’un réel talent de metteur en scène, c’est un fait indéniable. Et ce même si certains réalisateurs lui ont reproché de puiser dans leurs idées en les faisant siennes, reproches que l’on peut comprendre assez vite à la vision de the Fall, son second long métrage après l’intéressant the Cell qui jouait déjà de l’incursion d’un monde dans l’autre. The Fall a bénéficié de critiques dithyrambiques, allant jusqu’à le taxer de chef d’oeuvre, d’oeuvre magistrale et autres superlatifs pompeux et malvenus. Cela peut se comprendre. En effet the Fall est un film qui en impose visuellement, comme peu de films de cinéma osent le faire. Mais à l’image de ce qu’a fait Jaco Van Dormael avec Mr. Nobody, the Fall est un film à la beauté froide et artificielle qui dans le fond ne fait que puiser des idées à droite et à gauche pour aboutir sur une oeuvre où la puissance des images n’aboutit sur pas grand chose. Puissance qui se doit tout de même d’être relativisée en considérant qu’il n’invente jamais rien et se contente de recréer, parfois à l’identique, des séquences parmi les plus belles que le cinéma nous ait jamais offert. Un beau film oui, mais qui n’est un chef d’oeuvre que pour le spectateur qui n’aurait jamais eu la chance de voir les films dont il s’inspire bien trop ouvertement et sans la finesse nécessaire pour passer du recyclage à l’hommage.
Sur le fond, the Fall est un conte fantastique en apparence plutôt habile. En effet en entremêlant récit « contemporain » et récit imaginaire, Tarsem Singh utilise un artifice impeccable pour livrer une réflexion sur le pouvoir de l’imaginaire, sur le pouvoir de l’image, ainsi qu’une métaphore évidente sur l’art cinématographique. Habile il est vrai, on ne va pas le nier, mais il n’y a rien de nouveau là-dedans. Comment ne pas retrouver dans cette démarche ce qui a déjà été fait à maintes reprises comme par exemple dans le Labyrinthe de Pan de Guillermo Del Toro, the Fountain de Darren Aronofsky ou bien entendu les Aventures du Baron de Münchausen et autres oeuvres de Terry Gilliam? Donc sur le fond, même si cette belle histoire peut séduire, par ses bons sentiments et sa simplicité, il n’y a absolument rien d’original. Sauf peut-être dans le dernier quart du film qui plonge dans une noirceur qu’on n’attendait vraiment pas et qui s’avère être la plus belle surprise de the Fall.
On dira donc que the Fall, que Tarsem Singh avoue être largement inspiré par un film bulgare des années 80, Yo Ho Ho de Zako Heskija, est un conte qui mise tout sur l’image, ce qui en un sens est vrai. Mais là encore quelque chose cloche. Une fois passée l’introduction au ralentie dans un noir et blanc au moins aussi sublime que celle d’Antichrist, c’est un festival d’emprunts divers et variés à tout un pan du cinéma, à du très grand cinéma. Tarsem Singh va reprendre deux heures durant, suivant un mode de narration paresseux, des séquences complètes de films à forte identité visuelle qui l’ont visiblement marqué au plus profond. On le comprend, car quiconque a découvert Baraka de Ron Fricke, Andreï Roublev d’Andreï Tarkovski, la Montagne Sacrée ou El Topo d’Alejandro Jodorowsky ne peut pas s’en défaire. Sauf que lui ne fait que recréer ces tableaux en éliminant toute la subversion qui faisait leur puissance. En résulte une oeuvre de recycleur passif qui n’a pas compris que recracher sa culture (cinématographique ou autre, les peintures surréalistes de Dali sont également de la partie, voir l’affiche pompant le Visage de Mae West) ne suffit pas pour faire un film majeur. On se retrouve donc devant un film d’esthète, capable de créer des images sublimes, mais qui pêche par un manque d’identité flagrant.
Ceci dit, the Fall n’est pas pour autant un mauvais film, loin de là. L’aspect conte moderne multipliant les décors et cultures parmi les plus graphiques ne peine pas à séduire, tout comme l’esthétique générale certes trop ancrée dans le style publicitaire mais qui flatte la rétine. Tarsem Singh possède un réel sens du cadre et s’impose comme un des esthètes les plus talentueux du moment pour créer de la belle image. Aucun doute la dessus sauf que le plus brillant des techniciens n’est pas nécessairement le meilleur des artistes. Il ne crée rien de nouveau, mis à part quelques détails fugaces, et c’est là toute la faiblesse de the Fall, sans même mentionner le ton bien trop gentillet de tout ça. Heureusement il y a ce dernier quart de film extraordinaire de pessimisme et de noirceur, et l’alchimie incroyable qui se dégage du couple formé par Catinca Untaru et Lee Pace, même si l’émotion vraie manque cruellement à l’ensemble du film, trop artificiel.
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P’tain, si Baraka est, comme on me l’a affirmé, du niveau de Koyaanisqatsi en encore plus beau, je fonce ! Maintenant, est-ce que la partition est de la même qualité… ?
@Vance: C’est aussi un peu pour ça que je voulais en parler
@Alexander: T’as pas totalement tord. Après moi je me mets à la place du lecteur en question, ça m’intéresse d’apprendre que la claque que j’ai pris n’en est pas forcément une et que quelque chose de plus puissant a été fait avant…
Et pour Baraka, je crois que c’est le plus beau blu-ray du marché
Oh t’inquiète, tu ne m’a rien appris, je connaissais déjà ces films (oui je peux autant aimer un GI Joe qu’un Baraka, je sais, ça peut paraitre un peu zarb)…
Après oui, j’ai peut être réagit un peu violemment au sujet de Pan’s Labyrinth mais faut quand même avouer aussi que ta phrase porte à confusion. Pour moi, elle était intéressante car je connais les films que tu cites, mais pour la personne qui ne les connait pas, elle peut être effectivement indigeste dans le sens ou la personne prend une claque avec The Fall et là, tu lui envoi dans la tronche comme ça, 4 films totalement inconnu du grand public, le lecteur lambda peut se sentir un peu insulté, après ce n’est que mon humble avis, rien de plus
D’ailleurs, je te conseille le Blu-Ray de Baraka, qui est simplement le plus beau film vu sur le support.
@Vance: Je viens de lire ton article, je l’avais zappé avant de voir le film, et oui en effet on a plus ou moins le même ressenti, c’est rassurant
@Alexander: Désolé de t’avoir appris des choses
Plus sérieusement, je ne cite qu’une poignée de films alors que j’aurais pu en faire une longue liste, chose qui ne m’intéressait pas. Donc désolé si ma critique te parait indigeste…
Concernant le Labyrinthe de Pan et The Fountain, à aucun moment je ne dis que the Fall pompe dessus mais qu’il s’inscrit dans le même mouvement. Mais si tu veux jouer sur les détails, ils datent tous 3 de la même année et the Fall est celui qui a été montré au public en dernier (à Toronto alors que les 2 autres étaient à Cannes et Venise)
@Lionel: Si tu connais si bien ces films cités en comparaison et que tu n’y vois pas des séquences reprises à l’identique dans the Fall il y a 2 raisons : tu es aveugle ou tu ne les as pas vus…
Si mon avis ne t’intéresse pas rassure-toi il intéresse d’autres personnes, mais personnellement quand un article ne m’intéresse pas je ne prends pas le temps d’y réagir aussi longuement.
Je comprends, tu as sans doute un besoin de déverser ta haine quelque part mais insulter l’auteur de ces lignes est non seulement débile mais surtout stérile. J’imagine que tu as adoré le film et que tu n’acceptes pas que d’autres ne soient pas de ton avis… mais c’est la vie mon vieux, tout le monde a le droit de se faire son propre avis.
Allez, sans rancune cher amateur de publicités et de pseudos artistes malins, mais évite de raconter des âneries la prochaine fois.
Juste pour te dire que grâce à toi j’ai encore plus envie de voir les films et réalisateurs cités (Baraka – déjà vanté par un ami – , Jodorowski – que je ne connais qu’en tant qu’excellent scénariste de BD – et Roublev)! Merci mec.
Comment peut-on être un critique aussi SNOB?
Je connais trés bien les films de Jodorowski, andrei Roublev, Baraka, et à part le fait que tous sont, comme Tarsem, des génies visuels, l’argument du « Pompage » montre que tu es aveugle, de mauvaise foi, inculte pour comprendre la singuralité d’une belle image par rapport à une autre belle image; le fait de prétendre que c’est comme une pub de deux heures montre, d’une, que ne regardes jamais les pubs, sinon, le jour où tu en vois de si belles que The Fall, fais nous signe! et Pour preuve de ton incompétence, Le Labyrinthe de Pan et The Fountain ont en effet été réalisés après!!!!!!!
Comme tous les critiques de France, dès qu’un film est beau, ça te parait douteux! Oui, vive les films d’auteurs mal filmés réalistico-nombrilistes, mais qui ne risquent pas d’éveiller une once de ton imagination endormie, voire inexistante.
Ce que tu oses dire de l’émotion incroyable de ces acteurs, Catinca et Lee, unique, prouve une fois encore que tu n’es pas un critique de cinéma, mais juste un spectateur de plus, dont l’avis ne nous interesse pas plus que celle de notre voisin de palier, qui est pourtant bien plus compétent, vu qu’au moins, il représente un de ces inconnus pour lesquels on passe des années de passion à faire des films.
Nous sommes bien loin des vrais critiques de cinéma des années 60, aujourd’hui n’importe quel inculte égocentrique prend son avis pour interessant, mais crois-moi, trouve toi un vrai métier, critique c’est pas n’importe quoi (j’espère que tu fais ça comme un hobby, trouves-en vite un autre, collectionneur de timbres, par exemple, tu ne feras de mal à personne)
Merci pour ton silence futur à propos des vrais artistes.
Lionel
Comment peux-tu dire que le film pompe sur le labyrinthe de Pan ou The Foutain alors que le film fut réalisé avant!!
Je tiens à préciser que le tournage du film à duré quand même plus de quatre années!
Je veux pas être méchant mais si the Fall n’est qu’un banal étalage de la culture visuelle de Tarsem, ta critique n’est que le prétexte à envoyer ta culture cinématographique à la tronche des lecteurs, en gros froid et indigeste…
En dehors de ça, j’adore le reste de tes critiques, même si je ne suis que rarement d’accord..
J’ai dû utiliser à peu près les mêmes arguments (ce qui me rassure puisque nous avons vu les mêmes choses) mais au final j’ai tout de même été moins déçu que toi. Le côté mégalo des ambitions du réal m’a un peu freiné aussi, tout comme l’ambiance trop froide de l’ensemble. Content que tu aies choisi de le voir pour faire parler de lui : il le mérite.