Review
Petit retour sur ce film, passé tout le brouhaha médiatique. Après une campagne marketing pour le moins… agressive, le nouveau Nolan peut enfin se savourer. Lui qui avait fait renaître Batman avec un Batman Begins qui d’un coup balayait les horreurs sur pellicule pondues par Schumacher et se rapprochait déjà de l’excellence des premiers films de Burton. Avec the dark knight, il donne la plus belle suite qui pouvait exister, une oeuvre noire et originale, dans la continuité du film précédent mais qui trace un nouveau chemin.
Dès la scène d’ouverture totalement tournée en IMax, Nolan nous cloue au siège avec une scène de braquage comme on n’en avait plus vu depuis Heat. Les présentations ont été faites dans le premier film, ici on entre directement dans le vif du sujet, et de quelle manière!! Maitrise hallucinante de l’espace, cadres construits avec finesse, il ne fait aucun doute qu’on est devant du très grand cinéma, ce dont le genre avait besoin.

Ensuite on a droit à un film de super-héros comme on n’en avait jamais eu. Ce n’est d’ailleurs même pas un film de super-héros, c’est plutôt un polar urbain et sensitif à la Michael Mann (l’influence du réalisateur, et sa façon d’impliquer la ville où se situe l’action comme un personnage à la psychologie évoluant avec les personnages, est évidente), une fresque sur le pouvoir à la Scorsese, un drame psychologique… On est très loin du blockbuster d’action estival que certains pouvaient attendre.
La narration est fluide malgré une trame très riche et l’action est toujours secondaire. Nolan est plus du genre à travailler sur les raisons qui vont faire intervenir telle ou telle scène d’action. En directeur d’acteurs exceptionnel, il bâtit son récit autour de personnages complexes et borderlines, et il ose mettre son personnage principal au second plan pendant les 3/4 du film! Au risque de dégoûter le spectateur qui était venu voir un « batman », le cape crusader se retrouve avec un rôle passif devant les terribles évènements se déroulant à Gotham. Ce n’est qu’à la fin qu’il entre véritablement en scène et que son personnage prend sa dimension presque mythologique, tout ceci était nécessaire et le titre du film nous arrive comme une grosse claque.
C’est donc les personnages secondaires qui ont droit à toute notre attention. Que ce soit Gordon, Rachel, Alfred et autres, ils sont traités à la perfection. Mais c’est Harvey Dent/Double-face et le Joker qui sont au sommet de l’entreprise.

Le 1er, incarné par un Aaron Eckhart hyper convaincant en héros incorruptible qui voit petit à petit son idéal de justice partir en fumée. Et bien entendu le regretté Heath Ledger qui incarne le plus beau joker qu’on ait pu voir dans une adaptation de Batman. A mille lieux du cabotinage (pourtant excellent mais plus drôle que tragique) de Jack Nicholson ou même de la performance vocale de Mark Hammil dans la série animée, il éclabousse le film de sa prestation illuminée, poussant la perfection jusqu’en dans sa façon de déglutir. Avec lui le Joker trouve sa parfaite incarnation, un électron libre, incontrôlable, sans but ni attaches… Un véritable terroriste anarchiste en fait! Chacune de ses apparitions déstabilise autant le spectateur que les personnages du film, l’idée et sa mise en oeuvre sont géniales.
Nolan ne signe pas l’adaptation la plus fidèle d’un comics c’est certain. La trame scénaristique est différente, ne s’inspirant finalement ni de Miller ni de Kane. Mais à l’instar d’un Guillermo del Toro (voir même d’Ang Lee), il a absolument tout compris à la psychologie de cet univers et applique l’essence même de tout ce qui fait la force de Batman à son propre film. C’est absolument génial, vivement la suite!!!







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