Review
Personne n’a oublié la disparition tragique (et carrément glauque) de David Carradine il y a un peu plus d’un an. L’acteur revenu en état de grâce par la magie de Quentin Tarantino et Kill Bill avant de retomber dans les travers de la série Z bulgare s’est donné la mort pendant le tournage de Stretch, second long métrage de fiction du français Charles de Meaux, après Shimkent Hotel sorti en 2003. Et si on aimerait remercier à l’infini Charles de Meaux pour ses choix de production, Apichatpong Weerasethakul lui devant sans doute beaucoup (il a entre autres co-produit Oncle Boonmee…), on serait bien tentés par une pointe d’humour noir en disant qu’à la vision de Stretch on peut presque comprendre les raisons qui ont poussé l’éternel héros de la série Kung Fu au suicide. Car Stretch est un film fascinant par le ratage complet qu’il représente. On sent du début à la fin, derrière la catastrophe graphique et narrative globale, le film OVNI hyper intéressant qu’il aurait pu être dans d’autres circonstances. Archétype du film malade qui n’a pas su se relever après un drame en plein tournage (n’est pas Terry Gilliam qui veut) Stretch cumule minute après minutes les tares de mise en scène, d’écriture, de jeu d’acteur… à tel point qu’il en devient fascinant, même si les quelques 1h30 semblent en durer cinq.
Il faut tout d’abord oublier David Carradine et ne surtout pas aller voir ce film pour se délecter de sa présence mystique. L’acteur disparu en plein tournage, Charles de Meaux s’est vu bien embêté pour caler les deux scènes tournées avec la star transpirant l’alcool local par tous les pores et sans doute shooté jusqu’aux yeux. Si le réalisateur ne parvient jamais à utiliser son absence pour créer une présence fantomatique, l’acteur s’en sort royalement pour jouer le zombie au regard vide pendant ses cinq minutes à l’écran. Quelle tristesse de partir là-dessus! Mais de là où il est il peut être rassuré, il n’est pas le seul à avoir foiré son travail sur le film. Premier accusé : le scénariste Charles de Meaux incapable de trouver les ressources pour restructurer son récit après le drame, et ce malgré l’aide de Douglas Coupland, l’auteur génial de Génération X qui apporte une nouvelle preuve étayant la théorie disant qu’un excellent écrivain peut être un piètre scénariste. À grands coups d’ellipses foireuses dans tous les sens, on ne comprend pas trop où il souhaite nous emmener, à tel point qu’on s’ennuie ferme au bout de dix minutes et qu’à la fin on ne sait toujours pas où il voulait en venir.
Stretch ne passionne jamais, ne procure rien, et c’est bien ça le pire. Pourtant il y a au départ quelque chose de vraiment intéressant, faire une sorte de Karaté Kid version hippique, avec un jeune jokey surdoué qui doit s’exiler à Macao, va y ré-apprendre son art et vite déchanter. Le tout sous la forme d’un mélange étrange entre style documentaire et ton hyper contemplatif. Mais ça ne fonctionne jamais. L’histoire ne tient pas la route et le film se vautre techniquement à tous les niveaux. La photographie hideuse qui donne une image vidéo HD peu flatteuse et ne parvient jamais à mettre en valeur la ville de Macao, pourtant potentiellement magique (il n’y a qu’à voir The Longest Nite par exemple pour s’en convaincre), des séquences qui s’étirent à n’en plus finir avec des acteurs peu inspirés qui s’agitent dans le cadre sans trop savoir quoi faire, et un montage en tous points atroce. Quelle déception.
Charles de Meaux n’a sans doute pas bien saisi ce qui fait la force du cinéma d’Apichatpong Weerasethakul. Il ne suffit pas de rallonger la durée des plans pour faire du cinéma contemplatif! Il convient de soigner ses cadres et de raconter quelque chose en utilisant un rythme lancinant. Ici l’ennui guette à chaque séquence, impression renforcée par ces fondus au noir neurasthéniques qui intriguent puis agacent fortement, ne parvenant jamais à sortir Stretch de son encéphalogramme désespérément plat. Il faut dire qu’il n’est pas aidé par ses acteurs tous plus lamentables les uns que les autres, mal dirigés c’est certain mais ne montrant pas d’envie non plus. Nicolas Cazalé s’essaye dans une composition digne d’un Tahar Rahim du pauvre sans provoquer la moindre émotion, Nicolas Duvauchelle s’enfonce dans son éternelle incarnation du phrasé banlieusard hors sujet, tandis que Fan Bing Bing (vendue comme le « trésor national » chinois, le peuple doit pleurer de rire devant cette appellation) ne trouve jamais le ton juste. Rapidement on n’en peut plus de tant d’échecs, de ce montage paresseux, de ces textos qui apparaissent à l’écran et de ces voix off monocordes et ce qui restera comme « le dernier film de David Carradine » énerve autant qu’il fait de la peine…









@Cactus: J’ai vu, je ne comprends pas ce qu’ils ont pu trouver à ce film…
@magda: Plusieurs choses:
1- Allez lire la définition de « donneur de leçon »
2- Allez revoir la notion de « cadres d’une précision diabolique » (Ahahah j’ai ri, j’avoue)
3- Regardez des films chinois et révisez vos classiques
Pour le reste, je ne vous suivrai pas dans l’insulte facile en vous répondant. Et puis c’est tellement lâche bien caché derrière un pseudo…
je suis surpris par le ton prétentieux, donneur de leçons et souvent crétin de votre « critique »
J’ai vu ce film d’ailleurs attiré par les bons papiers de Libé Télérama, et autres chroniques internet. C4EST UN TRES TRES BEAU FILM une image incroyable et des cadres ( eh oui monsieur le spécialiste !) d’une précision diabolique surtout quand il s’agit de filmer Macao ( pour info The longest nite n’a pratiquement pas été filmé à Macao… ). Les courses de chevaux sont très impressionnantes (bien que je n’y connaisse rien en chevaux). Les acteurs chinois sont enfin éloignés des clichés habituels, jouant tout en subtilité. Décidément de votre pauvre tentative de « critique « je ne retiendrai que l’approximation ( les fondus au noir !!!!!)la prétention et la bêtise sourde.
Wow !!! o_o Au moins c’est clair, mais je suis assez surpris car j’en avais pas entendu du mal « A voir a lire » a même mis 3 yeux alors qu’ils sont très radins en notation d’habitude… Perso il me tente pas mais j’avoue que je suis intrigué ! Bonne journée