Review
1997. Personne n’a oublié. Les amateurs de science-fiction voyaient débarquer un film complètement inattendu, monté avec un budget ridicule de 300000$, ça s’appelait Cube et c’était un modèle d’inventivité, ou comment compenser un manque de moyen par une grosse dose de talent et une pointe d’ingéniosité. Huis clos ultra tendu à la mise en scène toute en géométrie, c’est un classique instantané et un des fleurons de la SF des années 90. La suite a été beaucoup moins rose pour ce petit prodige. Cypher et Nothing qui sont pourtant d’excellents films follement originaux n’ont pas trouvé leur public, sans même parler de l’expérience entre Natali et les frères Weinstein qui a tourné au vinaigre comme souvent avec eux. Résultat logique, Vincenzo Natali évolue maintenant en dehors du circuit habituel des studios, pari difficile pour un jeune réalisateur. Il revient enfin avec son nouveau film qui portait le titre Hybrid pendant un temps et qui a failli ne jamais sortir sur nos écrans, un projet qu’il porte en lui depuis presque 10 ans et dont on avait découvert les premières images il y a plus de 2 ans! Avec Splice, disons le tout de suite, il frappe un très grand coup. Avec un sujet qui aurait enchanté le David Cronenberg dans sa période fantastique et une créature qui s’inscrit directement au panthéon des plus belles qu’on ait pu voir sur un écran, il signe un des films les plus ambitieux et les plus intelligents que la Science-Fiction nous ait offert ses dix dernières années, une grosse réussite qui risque de déranger.

Partant d’un postulat de départ pas forcément original car empruntant autant au mythe de Frankenstein qu’à des films tels que la Mouche, Embryo ou même la Mutante (nanar en puissance dont on ne retiendra que la plastique de Natasha Henstridge et le look de la créature imaginée par H.R. Giger) sauf qu’il le transcende complètement en faisant évoluer son film hors des sentiers battus de la morale. Et hors des frontières d’un genre bien précis également car Splice ne peut au final n’être cantonné dans aucun genre prédéfini. Natali multiplie les directions que prend le film autant que les sujets qu’il aborde, et par conséquent les courants cinématographiques. Beaucoup se sont déjà cassés les dents en tentant ce mélange qui nécessite un dosage subtil, il y parvient avec une aisance déconcertante, flirtant en permanence avec la frontière minuscule qui sépare l’audace visuelle du ridicule, sans jamais la traverser. Et le réalisateur va très loin dans son concept.
À première vue, et c’est là dessus que s’articule la première partie, on se retrouve face à un énième film traitant des manipulations génétiques et des valeurs morales étroitement liées à la législation ou à un certain code éthique qui se voient souillées par des scientifiques rebelles. Au départ rien ne laisse entrevoir la puissance de l’oeuvre dans son ensemble. Un couple de jeunes adultes hyper doués dans leur métier, des expériences à but thérapeutique cautionnées par le milieu malgré la naissance de créatures hideuses, et puis tout dérape quand ils décident de ne plus suivre les ordres et de n’écouter que leur esprit « scientifique ». À partir de la naissance de Dren, le film prend une toute autre direction à l’opposé d’un film de monstre et ce malgré la présence de cette créature troublante. Le récit s’engage peu à peu dans un drame familial intense, puis dans une romance à tendance malsaine avant de tomber dans l’horreur pure et dure. Ce qui frappe c’est l’ambition du propos qui se cache derrière ces images de toute beauté. Natali pousse la réflexion dans des contrées proches de la psychanalyse, citant autant Œdipe qu’Electre sous couvert du cinéma de genre.

En fait il semblerait bien qu’après avoir joué les gros malins et les audacieux dans ses premiers films, Vincenzo Natali ait acquis la maturité nécessaire pour reprendre le flambeau d’un David Cronenberg ayant définitivement laissé tomber le créneau du fantastique dont il n’a plus besoin pour faire passer ses messages. En utilisant le genre non pas comme une fin en soi mais comme un moyen d’expression à un propos bien plus profond, il fait preuve d’une intelligence redoutable. Et même s’il se laisse aller dans un final qui sent le trop plein de questions à étaler en trop peu de temps, perdant l’efficacité de ce qui précédait, il signe une oeuvre brillantissime. En artiste libre, il se permet de poser sa réflexion sur la maternité, sur l’hérédité, sur l’inceste ou les traumas de l’enfance frontalement. Et c’est là que c’est très fort, car il ose aller très loin, bien plus loin que la plupart des réalisateurs s’étant frottés au sujet. Il va même jusqu’à briser l’ultime tabou dans une scène tellement malsaine et outrancière qu’elle entrainera à coup sur des réactions épidermiques. Il faut dire que le design de la créature est tellement réussi et apte à se prêter au jeu qu’il aurait été dommage de ne pas en profiter.
Sur le fond, c’est à la fois d’une simplicité désarmante et d’une profondeur qui mériterait une longue analyse. Sur la forme on est surpris de voir le réalisateur abandonner ses cadrages géométriques, même s’ils ne trouvaient pas de justification ici. Ça reste du très haut niveau avec des compositions de plans parfois beaux à en pleurer et qui évoluent sans cesse selon le lieu du récit (4 lieux majeurs dans le film pour à peu près autant de personnages). Il se permet même quelques excès graphiques pour souligner le grotesque de certaines scènes, ce qui pousse encore un peu le malaise ambiant. Le couple d’acteurs (Sarah Polley et Adrien Brody) est impeccable, on en attendait pas moins, mais toutes les attentions sont tournées vers Dren, incarnée à merveille par la frenchy Delphine Chaneac pour donner vie à une créature bluffante de réalisme. Il s’en dégage un pouvoir d’attraction sexuelle extrêmement étrange, ce qui n’arrange rien au trouble provoqué par l’ensemble. Grosse surprise, Splice prend aux tripes et dérange à tel point qu’on lui pardonne volontiers de légères maladresses. Le propos est d’une ambition folle, la mise en oeuvre transpire la classe et le talent brut, il y avait longtemps que le cinéma de genre n’avait pas accouché d’un si beau bébé, fut-il aidé par une césarienne.







le début du film a été très interressant par cette soif a apprendre, a découvrir la science et cet atachment a un nouveau né, une créatur extraordi.Cependant jai trouver très horrible répugnant de désirer ,de faire l’amour a un etr qon a soi disan éduquer comme « son enfant » jai été franchement dégouté. En plus ce ki ma répugné le plus ces Elsa ki a crée ce monstre, et la ala fin du film elle est violée par la descendance de DREN et son amoureux est tué et décide de gardé ce monstre en elle!!!!!!! QUELLE HOREUR CEST REPUGNANT.
[...] tente depuis quelques temps d’élargir ses horizons. En sont sortis récemment RocknRolla, Splice et Ninja Assassin par exemple, de quoi manger à tous les râteliers. Et c’est dans cette [...]
@Vance: Tu m’en vois désolé
C’est ce que je disais, il navigue en permanence sur une limite très très fine avec le grotesque, et selon sa sensibilité cette limite est dépassée.
@lucas: C’est sans doute car il ne s’agit absolument pas d’un film d’action
je m’attendais à un bon film avec de l’action et du suspens , vraiment déçu , il y a plus d’action en voyant une plante pousser qu’en voyant ce film !
Ah ben m… Je t’ai suivi quasi aveuglément (d’autant que Wade l’avait adoré au festival de Gerardmer) mais j’ai vraiment été déçu. La sauce ne prend jamais et les quelques rares moments légèrement subtils sont noyés dans des situations grotesques et des enchaînements ridicules. Je ne t’en veux pas, hein ? C’est juste que je pense que le film marchera à condition qu’on accepte certains postulats et que je n’y ai guère été sensible.
[...] Réalisateur : Vincenzo Natali Avec : Adrian Brody, Sarah Polley, Delphine Chanéac, David Hewlett, Brandon McGibbon, Abigail Chu Origine : Canada Genre : hybride 20% bon film/ 80% navet Durée : 1h47 Date de sortie France : 30/06/2010 Note pour ce film : ●●○○○○ contrepoint critique chez : Filmosphère [...]
[...] sombre dans la forêt,…même si ce film entre aussi dans la catégorie SF) je conseille de lire cette critique et celle-ci afin de se forger une [...]
[...] d’abord dans le sens où il sait flairer les bons projets à l’image du merveilleux Splice de Vincenzo Natali ou Biutiful d’Alejandro González Iñárritu , mais aussi en tant que [...]
@blackout: Et bien non, absolument pas
nanar en vue !
« @Youto: mince je savais même pas pour Swamp Thing!! Bonne nouvelle ça! »
Malheureusement, non

J’ai appris (peu après mon commentaire, en plus) que le projet Swamp Thing est tombé à l’eau à cause d’une histoire de copyrights
Il parait maintenant que Natali s’intéresse à une autre BD, Alpha Flight, un groupe de super-héros canadiens (chez Marvel). Une BD à laquelle j’ai jamais accroché…
@Jeremy: yep, en même temps Cube était un simple coup d’essai
le reste vaut largement le coup d’oeil.
@Youto: mince je savais même pas pour Swamp Thing!! Bonne nouvelle ça!
@Mg: espérons que le prochain ne souffre pas des mêmes problèmes de prod!
J’ai très hâte de le voir ! J’avais beaucoup aimé « Cube », excepté le jeu de certains acteurs assez passable… Il faut que je vois ses autres films.
Aaaah!!.. Déjà que je le sentais bien, maintenant j’ai encore plus envie de le voir!
C’est de très bon augure pour le projet Swamp Thing tout ça…
Excellent film, qui continue la petite carrière du grand Natali. Espérons le voir très bientôt sur de nouveaux projets aussi excitants.