Review

Y’a pas à dire, Gondry a vachement bien évolué depuis le râtage Human Nature qui laissait un gros doute sur les capacités de ce réalisateur de vidéos clips de génie à passer au format long métrage. Après un eternal sunshine… émouvant et une science des rêves loufoque, plus de doute, il a passé le cap et c’est tant mieux.

Au premier abord le sujet de Be Kind Rewind avait de quoi laisser de marbre les non-cinéphiles… A tort car si le film est une réelle déclaration d’amour au 7ème art, il évite tout élitisme et parlera à tous les spectateurs car c’est de cinéma populaire qu’il est question.

Et surtout c’est un film typique du cinéma de Gondry, rempli de trouvailles visuelles merveilleuses avec au sommet cet incroyable plan séquence qui passe d’un film à l’autre…

Il s’entoure pour cela d’un casting hétéroclite… Mos Def excellent en jeune un peu abruti sur les bords, Danny Glover en vieux passionné et surtout Jack Black qui incarne à merveille le bouffon de service. Cet acteur est vraiment au top, quoi qu’il fasse il possède une sorte de magnétisme qui le fait bouffer l’écran comme personne. Et en plus il est très drôle!

Et c’est finalement un film assez simple auquel nous invite Gondry. Une histoire simple mais efficace, une narration fluide et linéaire… pas vraiment dans ses habitudes fantaisistes. D’ailleurs Be Kind Rewind est certainement son film le plus accessible et constitue même la plus belle des entrées dans son cinéma fait de trouvailles et de système D. Car avec ces deux personnages qui recréent une vidéothèques par leurs propres moyens, c’est un peu de sa vision du cinéma qu’il nous parle!

Et c’est avec une nostalgie et un plaisir certains qu’on retrouve des scènes cultes de films qui ont fait notre éducation de spectateur, de Ghostbusters à Miss Daisy et son chauffeur, en passant par Men in Black, Robocop et même Rush Hour 2 (vraiment aucun élitisme, on est d’accord!). Utilisant plein de petites astuces à priori ridicules (une pizza pour faire une tâche de sang…) les deux compères vont revisiter un bon nombre de classiques populaires, accumulant clins d’oeils et répliques inoubliables.

Et c’est finalement là qu’est le message de Michel Gondry, lorsque ces représentants de majors viennent réclamer leurs droits… Le cinéma n’appartient pas à des compagnies de production. Une fois le film sorti il appartient aux spectateurs car ce sont eux qui le font vivre, à leur manière.

Déclaration d’amour au cinéma, Be kind rewind permet de remettre les choses comme elles le sont : le cinéma est un art, le cinéma est fait d’innovations, le cinéma fait rêver et le cinéma est fédérateur et capable de tisser des liens entre personnes qui ne sont pas du même réseau social. Avec un tel discours on pardonnera sans problème à Gondry les quelques défauts et aberrations présentes dans son film, le message est bien plus profond. Et même si les bons sentiments dégoulinent (comme dans un Capra) c’est le genre de film qui fait plaisir à voir.



About the Author

Nicolas Gilli
A crée Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro et Tsui Hark.