Review

Nouveau film de Danny Boyle qui crée la surprise en enchantant la critique américaine, Slumdog Millionaire se pose comme le produit de rencontres qu’on n’attendait pas forcément, celle du réalisateur des récents 28 jours plus tard et Sunshine et du scénariste de The full Monty, également celle du britannique Boyle avec l’Inde, d’où un regard forcément spécial sur cet ancien membre de l’empire de sa majesté.

Et on peut dire que le film est déroutant, il présente une vision de l’Inde à des années lumières du cinéma de Bollywood en choisissant pour cadre les bidonvilles et pour protagoniste un jeune garçon issu de ce milieu et qui remporte le gros lot au « Qui veut gagner des millions? » indien.

La première moitié du film est clairement la plus réussie, aussi bien pour la trame que pour le lieu où se situe l’action, ces fameux bidonvilles. Visuellement proche de l’expérimental Boyle se fait plaisir avec ses objectifs déformants, des couleurs à la limite du réalisme et un montage serré qui ajoutent encore du rythme à une narration déjà soutenue.

Le soufflet retombe un peu quand les jeunes héros grandissent, l’action se situant dans une Inde moderne et donc visuellement moins intéressante, paysage urbain d’une banalité totale. La partie aventure laisse sa place à une romance, certes sympathique mais moins prenante. Mais ne boudons pas notre plaisir car Boyle réussit tout de même un très bon film, sans doute surestimé, loin de ses véritables réussites de ses débuts (il n’a toujours pas retrouvé la grâce de Trainspotting) peut-être car il a tout simplement délaissé les mauvais garçons pour s’attacher à des personnages sympas.

On assiste tout de même à un festival visuel et musical, la BO et la photo étant magnifiques. Le récit même s’il est parsemé de flashbacks reste très logique dans son déroulement et sent un peu la facilité: Chaque réponse à l’émission trouve un écho dans la vie de Jamal. Mais on sort de la séance avec le sourire, Boyle confirme qu’il est à l’aise dans tous les genres, sans pondre de chef d’œuvre il nous offre du beau cinéma rafraichissant, drôle, émouvant, parfois dur (certains passages de leur vie d’enfants font froid dans le dos). Beau film!



About the Author

Nicolas Gilli
A crée Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro et Tsui Hark.