Review

Précédé d’un buzz sans précédent pour un film espagnol, [•REC] est avant tout la rencontre de 2 des fers de lance du nouveau cinéma fantastique ibérique, qui est aujourd’hui LE cinéma de genre le plus intéressant au monde (quand l’Asie n’arrive plus à sortir du moule « petite fille aux longs cheveux noirs et gras »). Associés à la réalisation, Jaume Balagueró (la Secte sans Nom, Fragile…) et Paco Plaza (les Enfants d’Abraham, Romasanta), aucun des deux n’est véritablement familier avec un traitement de l’horreur frontal et privilégient d’habitude une ambiance posée ponctuée d’éclats de fureur, même si il y a peu Balagueró s’est carrément laissé aller pour son moyen métrage A Louer, extrêmement démonstratif dans le gore (tournant dans sa carrière??).

Quoi qu’il en soit, le résultat comble toutes les attentes, et bien plus encore. Pour ne pas tourner autour du pot, il y a longtemps qu’on n’avait pas eu aussi peur au cinéma, il y a très longtemps même! Le parti-pris du tournage à la première personne prend ici tout son sens à tel point que la référence dans le genre (le Projet Blair Witch, film pour fillettes) en prend pour son grade! Dans [•REC], la tension va crescendo mettant le spectateur de plus en plus mal à l’aise dans sa situation de « victime/voyeur », à tel point qu’on perd complètement le contrôle devant les évènements se succédant à l’écran. Et si ça ne suffisait pas on nous balance sans prévenir des scènes chocs, gores et impressionnantes… de quoi bondir de son siège à de nombreuses reprises!!! (la scène du grenier… géniale même si on sait qu’il va se passer quelque chose on se fait avoir!)

Il faut croire que les espagnols ont tout compris aux mécanismes de la peur, ce film est d’une efficacité redoutable, ne laissant que peu de répis au spectateur pour reprendre son souffle, on oscille entre angoisse et terreur pure jusqu’à un final assez étrange, qui dénote un peu avec le reste et tombe dans le piège des explications foireuses, dommage.

Le seul vrai point négatif c’est que plusieurs situations ne sont pas vraiment crédibles, et comme ça se veut « amateur », des personnages ont des réactions qui ne sont pas naturelles et on perd donc un peu de la magie. Mais c’est finalement un détail tant on prend un plaisir malsain à se faire peur! La preuve qu’on peut faire un excellent film avec un budget « limité », [•REC] réconcilie avec le cinéma à sensations, tout en étant pas si con que ça (voir la description assez cynique des médias et de la police…), LE film à voir pour se faire peur!



About the Author

Nicolas Gilli
A crée Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro et Tsui Hark.