Review
Un pitch en béton, un casting plutôt hype, une affiche qui annonce la couleur. Que Justice soit faite s’annonçait vraiment pas mal et on pouvait se poser des questions sur les raisons qui font qu’il était toujours inédit en France. À la vue du truc on comprend tout de suite mieux. Non pas que ça soit la pire daube jamais produite, ou même que la France soit hyper sélective sur ce qui sort sur les écrans (après tout, tous les Roland Emmerich ont droit à des sorties ciné), mais malgré ses ambitions on tient là un film terriblement mineur bien digne d’un direct-to-video et rien d’autre. Difficile d’attribuer la faute à quelqu’un en particulier tant le film cumule les bourdes à tous les niveaux, comme une somme d’absences de talents réunies autour d’un même projet qui ne pouvait que se casser la gueule, le tout orchestré par F. Gary Gray, un réalisateur qui ferait mieux de retourner mettre en scène des clips de rap dans lesquels ses faute de goût ne font pas tâche au moins! Car au cinéma le bonhomme a tout de même à son actif la suite foireuse du génial Get Shorty, Be Cool, le remake mou du genou de Braquage à l’italienne et autres bouts de pelloche à l’intérêt plus que limité. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, pour le scénario de Que Justice soit faite il a droit aux « services » de Kurt Wimmer. Et lui, s’il avait plutôt bien fait son job sur Street Kings ou Thomas Crown (ainsi que sur le mal aimé mais pourtant attachant Equilibrium), il est tout de même coupable d’un des plus mauvais films des années 2000, l’inénarrable Ultraviolet! Voilà pour une partie de cette somme de non-talents.

La seconde partie ce sont les acteurs. Alors Jamie Foxx on l’aime bien sauf qu’il a besoin d’être bien dirigé, sinon il fait du Jamie Foxx et c’est insupportable. C’est le cas ici, il serre les dents, fronce les sourcils et se la joue à mort dans son costard de procureur à 1000$. En plus on imagine qu’une belle partie du budget de 40M$ est partie dans sa poche (« j’ai joué Ray Charles, je suis un grand acteur ») mais ça ne semble pas vraiment le motiver pour faire des efforts dans la sobriété, même s’il a du enrager de ne pas pouvoir se mettre torse nu cette fois pour montrer ses abdos. D’autant plus que c’est son comparse Gerard Butler qui y a droit!! On imagine que Foxx a du assez mal le vivre. Butler c’est plutôt la bonne surprise, il s’en sort vraiment pas mal, ou du moins il fait ce qu’il peut avec un personnage écrit à la truelle. Il la joue relativement sobre, dans un rôle qui ressemble à un mélange d’Hannibal Lecter et de Paul Kersey.
Car si Que Justice soit faite part comme un vrai film de vengeance, avec une intro rentre-dedans qui laissait bon espoir, il se perd ensuite dans une vague histoire de manipulation pour aboutir sur une critique assez douteuse du système de justice américain. L’idée n’est pas forcément mauvaise, c’est juste qu’elle est très mal exploitée, en grande partie à cause d’un scénario tout simplement débile. Kurt Wimmer accumule les erreurs jusqu’à faire d’un film qui se voulait sérieux une grande mascarade à laquelle on ne croit pas une seule seconde. C’est bien simple, on assiste à une escalade complètement folle dans le plus grand des n’importe quoi, à tel point qu’on finit par en rire tant c’est absurde.

Ce n’est qu’un prétexte à quelques scènes de violence bien gratuite (même si le classement R n’est absolument pas justifié, ça reste très soft avec pas mal de hors champ) et de grosses explosions inutiles que n’aurait pas renié Michael Bay. Et avec ce scénario complètement foireux, on ne sait plus trop où ils veulent en venir, ne sachant pas vraiment sur quel pied danser au niveau de la morale. Faire un film subversif qui vante les mérites de la loi du talion c’est très bien, mais il faut aller au bout et rester intègre. Là ça part un peu dans tous les sens sans qu’on sache pourquoi, mais à vrai dire on s’en fout un peu car on est impatient de voir la nouvelle ruse de ce fils caché de Rambo et McGyver pour se poiler un coup. De ce fait on n’est même pas étonné du retournement final à la morale sacrément douteuse, après tout pourquoi pas.
Dans les bonnes blagues nous retiendrons cette scène surréaliste et là encore gratuite de Butler qui se fout à poil avant de se faire arrêter ou des lignes de dialogues dignes des plus beaux doublages français de Z ritals, du genre « Cette… Tetrodotoxine. Elle doit être dans ton système sanguin maintenant. Ça vient du foie d’un poisson-globe des caraïbes ».







Ah oui, excellent choix! http://www.filmosphere.com/2010/12/critique-skyline-2010/
En tant que fin psychologue, je t’en conseille un très bon –> skyline. J’en attends de tes nouvelles =)
@Jejed: Bravo, quelle belle analyse!! Tu es fin psychologue…
Moi je te trouve très mauvais dans la critique, si je devais l’analyser comme tu l’as fait du film je dirais que tu es quelqu’un de frustré et jaloue. Pour ma part, j’ai beaucoup aimé ce film plein de rebondissement et qui nous tient en haleine. J’en ai pas perdu une miette et je vous le conseille fortement.
C’est marrant je l’ai vu sans le vouloir et finalement ça m’a plutôt plu. C’est vrai que c’est maladroit et que les dialogues sont très clichés, mais ya quand même des scènes biens gérées.
D’ailleurs niveau dialogues ya des passages sympas mais aussi des vieilles insultes qui gâchent tout.
Sinon j’ai toujours pas compris pourquoi il est sortit deux fois la même année au cinoche….
@Audie: Oui et c’est bien triste… le soucis c’est que c’est le genre de film insignifiant qu’on oublie dès le générique de fin. Je sais même pas si c’est judicieux de parler de déception, c’est juste mauvais en fait ^^
Oh t’es méchant Bruce… je suis d’accord avec Niko, ce sont deux acteurs qui peuvent vraiment être bons pour peu qu’on les dirige un minimum. Et oui, je suis d’accord, le film est naze, même si – très étrangement – les choses semblaient intéressantes au départ. Les questions soulevées par la lente transformation du personnage interprété par Butler aurait pu donner matière à réflexion (et à quelque chose d’intelligent par la même occasion), sauf que l’on sent un calibrage qui en a fait un film de m….!
Bon, il a quand même rapporté quelque chose comme 60 millions au box-office américain, donc il est rentabilisé… et je crois que c’est tout ce qui compte pour eux.
@Bruce: C’est clair que ça se sentait mais bon, les 2 acteurs sont capables de trucs franchement bon!!! Enfin bon de toute façon là c’est tout pourri ^^
Rien qu’à la bande-annonce on sent que c’est de la merde….Une affiche ringuarde, des acteurs que je n’aime pas, un scénar’ qui a l’odeur du vomi…welcome in hell!!