Review

Précédé d’une réputation plutôt flatteuse, ce petit film d’horreur qui est l’adaptation d’un soit-disant best-seller par un réalisateur complètement inconnu (sauf pour ceux qui ont pu voir ses courts Me and Max et Bugcrush) n’a pas volé le petit buzz qui s’était crée à sa sortie. En effet s’il ne révolutionne rien, mais ce n’était sans doute pas son ambition, Carter Smith nous livre un truc très très sympa, qui commence un peu comme un teen movie et qui va sombrer dans le slasher/survival sauf qu’ici il n’y a pas de tueur humain avec un masque ou au physique traumatisé par des essais nucléaires, non ici le tueur c’est une plante avec de jolies fleurs… et ouais, il fallait un certain talent tout de même pour réussir à créer un semblant de danger réel avec un végétal, et bien ils ont réussi car si les Ruines n’est pas inoubliable il est bougrement efficace!

C’était pas gagné avec une exposition tout ce qu’il y a de plus classique dans la veine teen movie… un petit groupe de jeunes du genre « fiers d’être américains » sont en vacances, ils font la fête, se bourrent la gueule… tous les clichés sont là, les personnages sont archétypaux au possible. Heureusement ils quittent vite la résidence de vacances paradisiaque pour une petite virée culturelle vers des ruines mayas inconnues des touristes… et on commence enfin à sentir une pointe de danger dès qu’apparaissent les descendants des mayas qui n’hésitent pas une seule seconde à exécuter quelqu’un… ces ruines ont quelque chose qui cloche…

Et on entre de plein pied dans le coeur du film, à savoir le survival. On sait que le genre est revenu à la mode avec en particulier deux énormes réussites, The Descent et la Colline a des Yeux. Les Ruines tente d’apporter une touche d’originalité au niveau de l’environnement, car toute l’action va se passer sur et dans cette pyramide maya… un lieu fermé, cinq personnages plus la plante, on a bien là les codes du huit clos! Smith va imprimer à son film une tension bien réelle, un malaise permanent qui vient en contrepoint de plusieurs élans de violence brutale et de scènes gores extrêmement graphiques et réalistes!

On retiendra une scène en particulier qui a de quoi retourner le coeur des âmes sensibles et faire hurler de joie l’amateur de gore craspec! C’est vraiment dégueulasse. L’idée de la plante est plutôt bonne même si on s’en doute les attaques brutales ne sont pas permises… c’est donc des meurtres qui vont se faire sur la durée, petit à petit. Un des personnages en perdra même la raison jusqu’à une scène plutôt épouvantable. Si on doit émettre une réserve importante c’est donc sur le rythme du film qui est vraiment en dents de scie et ne réussit pas à maintenir une tension constante alors qu’il y avait pourtant matière à le faire…

Par contre techniquement c’est vraiment maîtrisé. La mise en scène avec ces cadrages qui se resserrent de plus en plus viennent isoler les personnages du monde, les effets spéciaux et maquillages sont vraiment réussis et puis il y a cette photographie sublime (mais comment pouvait-il en être autrement?) de Darius « Dieu » Khondji qui prouve qu’il maîtrise autant la surexposition en plein jour que les ambiances sombres qu’il avait magnifié chez Fincher et Jeunet.

Un film pas inoubliable donc mais suffisament efficace pour se laisser suivre avec plaisir, on regrettera une fin en forme d’issue qui ne convient pas au ton du film (mieux vaut se tourner vers l’édition DVD américaine pour avoir la vraie fin pessimiste), l’effet choc de The Descent n’est donc pas au rendez-vous…



About the Author

Nicolas Gilli
A crée Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro et Tsui Hark.