Review
Il y a des films majeurs à côté desquels on passe parfois. Des œuvres devenues cultes avec le temps, que tout le monde a vu et revu, et les découvrir sur le tard amène parfois à une grande déception. Mais découvrir le 1er film de Darabont 15 ans après sa sortie boudée par le public, mais réhabilité depuis (n°1 au classement imdb quand même!) et reconnu comme un nouveau classique du cinéma Hollywoodien, est une expérience non seulement heureuse mais magique.

N’y allons pas par 4 chemins: ce film est une merveille sur pellicule, une de ces rares œuvres qui ne payent pas de mine au premier abord, qui ne jouent sur aucun effet choc gratuitement, mais qui vous marquent durablement.
Sa première grande qualité vient du casting. Morgan Freeman en vétéran de la prison, repenti mais ayant perdu tout véritable espoir de sortie et aussi le narrateur, avec sa voix posée on se sent comme si notre grand-père nous racontait cette belle histoire. À ses côtés Tim Robbins, dont les qualités d’acteurs ne sont plus à exposer, campe Andy Dufresne, ce prisonnier pas banal dont le regard fermé transpire l’intelligence, et qui va peu à peu se découvrir. L’interprétation des 2 acteurs principaux est tellement fine qu’on n’a aucun mal à s’identifier à eux et donc à rentrer facilement dans le film.
Franck Darabont livre un premier long métrage d’une qualité plastique étonnante, des plans très malins, transformant ce centre pénitentiaire en un lieu parfois oppressant, parfois magique. Aidé en cela par la sublime photographie de Roger Deakins, il instaure une ambiance qui flirte souvent avec le fantastique, renforçant l’aspect « fable contemporaine » du film.

Et contrairement à ce que dévoile le titre français (sans doute le plus gros spoiler de l’histoire du cinéma), Shawshank Redemption n’est pas à proprement parler un film d’évasion. C’est un film sur l’espoir, sur l’amitié, un film profondément humain (on n’oubliera jamais des scènes comme quand Dufresne passe les noces de Figaro sur les haut-parleurs de la prison, la création de la bibliothèque, la sortie de prison de Brooks et ses conséquences…). Réflexion très mature sur l’univers carcéral avec les figures imposées au genre, Darabont s’en démarque avec talent par son approche à la fois classique et pourtant novatrice.
Un grand film Hollywoodien et populaire, à la fois spectaculaire et émouvant, même si ses films suivants sont des réussites, cette adaptation du King est LE chef d’œuvre de Franck Darabont.







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