Review
Déjà 16 ans se sont écoulés depuis le dernier grand film de John Woo, A toute épreuve, œuvre somme qui signait son départ de Hong Kong pour les USA avec une vague de films oscillant entre le mauvais et le bon (Volte Face), des pelloches souvent sympas et techniquement au top mais qui n’avaient rien à dire et qui finalement ne faisaient que trahir un manque d’imagination, d’ambition, de liberté et de moyens… Quasiment 30 ans depuis La dernière chevalerie, le dernier film en costumes du réalisateur (formé par Chang Cheh, le plus grand réalisateur de la Shaw Brothers)…
L’annonce du projet Red Cliff, le retour en Chine, les retrouvailles avec Tony Leung Chiu Wai et celles loupées pour une sombre histoire de cachet avec Chow Yun Fat… Autant de nouvelles qui excitaient autant qu’elles faisaient peur… Le maître n’a t’il pas perdu son talent? Et bien NON, 10 fois non même! Adaptation des 3 royaumes, dont c’est la 5ème adaptation (la 2ème en 2008 avec Three Kingdoms de Daniel Lee), Red Cliff raconte en gros une bataille immense entre 3 royaumes, 2 s’alliant contre le 3ème venu du Nord à la tête d’une armée de 800000 hommes et d’une flotte de navires gigantesque. D’entrée de jeu John Woo pose les bases de sa merveille avec 2 scènes d’exposition qui révèlent l’orientation du film. La première plutôt intimiste dans le palais du jeune roi qui nous prouve que Woo n’a rien perdu de son approche dramatique des rapports humains (les personnages sont tous complexes et leurs relations évoluent jusqu’à la fin). La seconde est une scène de bataille juste impressionnante par son rythme, par ses cadrages, par le sens du découpage de Woo qui renvoient d’un coup d’un seul tous les Zhang Yimou (et pourtant le bonhomme a un sacré talent) au rang de gentils amusements inoffensifs… Tous les personnages principaux se succèdent dans l’arène, les poses iconiques se multiplient, les ralentis aussi… On est bien chez John Woo sauf que les flingues ont laissé leur place aux lances et autres armes blanches et que sa mise en scène a pris de l’ampleur.

Dans un sens Woo semble pousser l’expérience de Tsui Hark sur Seven Swords encore plus loin, il limite au maximum l’utilisation des câbles et les chorégraphies de Corey Yuen (en très très grande forme!!) cherchent le réalisme avant tout. On avait rien vu d’aussi bluffant et original depuis très longtemps, chaque scène de combat nous rappelle le seigneur des anneaux en mieux, Woo évite le surdécoupage et le montage clipesque, ce qui rend l’ensemble lisible, agréable et surtout met en lumière le fabuleux travail des chorégraphes et cascadeurs.
Mais s’il n’y avait que les batailles et scènes d’action… Et non! Même dans des scènes plus « calmes » il réussit des miracles! Le duel à la cithare chinoise est un modèle d’intensité et les émotions qui le parcourent nous dévoilent les pensées des protagonistes (Tony Leung et Takeshi Kaneshiro qui livrent des prestations au niveau de leurs travaux avec WKW!) sans qu’ils aient besoin d’échanger une seule parole! Car Red Cliff est aussi un film très musical, après tout ces artistes de la guerre sont avant tout des artistes!

Le seul défaut qu’on pourrait trouver à ce Red Cliff c’est qu’il n’est qu’un demi-film… En effet après une bataille complètement hallucinante, avec des mouvement de troupes et stratégies militaires jamais vus et toujours ces chorégraphies sublimes, et alors que se prépare une riposte maritime qu’on attend dantesque, apparait le terriblement frustrant « to be continued »… la suite vient d’arriver et on a hâte de retrouver tous ces personnages dont certains ne se sont pas encore complètement révélés et portent en eux de grandes promesses, mais on peut d’ores et déjà dire que John Woo a rempli sa mission avec succès. Red Cliff est un concentré de cinéma épique, émouvant et spectaculaire comme même les américains ne savent plus le faire. Une œuvre d’une force inouïe et superbe qui annonce le retour du maître aux affaires alors qu’on le croyait presque fini (son dernier Paycheck est juste honteux).







[...] un habitué des films de Feng Xiaogang (Héros de Guerre) et à qui on doit la superbe photo des 3 Royaumes, il livre une succession d’images magnifiques, de beaux mouvements de caméra, la profusion [...]
[...] peut remercier le directeur artistique Tim Yip, également à l’œuvre sur Tigre et Dragon, Les 3 Royaumes ou plusieurs films de Tsai Ming-Liang. Niveau réalisation c’est aussi excellent, même si [...]
[...] pour son public, il aura fallu attendre 16 ans et le magistral diptyque Red Cliff et Red Cliff II pour retrouver le John Woo génial capable de déployer une action flamboyante avec [...]
[...] après plus de 6 mois d’attente, la suite de Red Cliff est enfin là, alors que vient juste de sortir chez nous la version internationale retitrée les 3 [...]
[...] c’était l’excellent Ip Man qui avait été élu meilleur film (injustement devant les 3 Royaumes, partie 1) dans une compétition serrée, cette année était attendu un raz de marée du [...]
ok j’ai plus qu’à l’acheter… Tu fais chier tiens ! ^^
[...] quand on vient des SFX (il est co-fondateur de la société the Orphanage, responsable des SFX sur les 3 Royaumes, Sin City, the Host ou encore Iron Man) on n’est pas forcément à même de réaliser un [...]
[...] canon, d’arc et même de marteau! Si les batailles ne sont pas aussi bien shootées que dans les 3 Royaumes par exemple (m’enfin faut pas oublier que ce n’est que son deuxième film à Jitnukul) [...]
[...] (bon ok, Windtalkers et Volte Face sont biens!). Il revient en Chine et on obtient l’immense Les 3 Royaumes et sa suite!!! Autre exemple, le génial Tsui Hark. Il quitte Hong Kong après le chef [...]
[...] Et ce n’est pas vraiment la faute à Peter Chan, c’est celle de John Woo qui avec ses 3 Royaumes a réussit le film de guerre en costumes parfait. Et en comparant les deux celui de Chan parait [...]