Review
Après un premier épisode fort sympathique, toute l’équipe, ou presque, du Transporteur remet le couvert pour un épisode plus grand, plus fou, plus libre, une sorte de transition débile et bourrine au possible pour Jason Statham entre Le Transporteur et Hyper Tension.
Ici Luc Besson a beau être crédité comme producteur (et scénariste, ce qui est généralement très mauvais signe), il est resté relativement loin du tournage aux USA, Louis Leterrier se retrouve seul à la réalisation (Corey Yuen n’est que chorégraphe des combats) et le résultat surpasse largement le premier opus sur de nombreux points tout en étant bien plus faible sur d’autres. Bon, globalement il faut avouer que tout cela n’est pas un grand film d’action non plus et que Le Transporteur II est très loin d’arriver à la cheville de la merveille WTF qu’est Hyper Tension. Mais le contrat est rempli dans le genre décomplexé et bien con.

Le fait que Luc Besson ne soit pas impliqué à fond permet clairement à Louis Leterrier d’oublier qu’il avait les mains liées sur le premier et de pouvoir se lâcher à 100% dans le délire! Et en celà le film est une pure réussite car on a parfois l’impression de voir un cartoon en live, avec de vrais acteurs. Les limites de la pesanteur et de la physique sont aux abonnées absentes, les voitures volent et ne se rayent pas, les balles et les sonneries d’ascenseurs provoquent des ondes bien visibles dans l’air, une Lamborghini peut rattraper un jet privé au démarrage et le conducteur seul dans la voiture peut sans problème sauter et s’accrocher au train d’atterrissage tout en maintenant son accélération. Oui ça parait trop gros mais on a vu bien pire, au hasard chez notre agent secret britannique préféré!
Il y a tout de même un petit effort nécessaire de la part du spectateur pour entrer complètement dans le délire, accepter les SFX tout pourris, carrément honteux parfois, c’est dommage. Au niveau du fun et du plaisir ressenti devant le spectacle, Le Transporteur II fait bien mieux que son prédécesseur. Par contre au niveau mise en scène ce n’est pas la catastrophe mais c’est clairement moins bien. Le montage ultra cut et la caméra au plus près des personnages rendent les chorégraphies de Corey Yuen ( pourtant innovantes et très belles) presque illisibles… si seulement il était resté action director au lieu de simple chorégraphe et réalisateur de seconde équipe ça aurait eu de la gueule! Le pseudo-scénario n’est bien sur qu’un prétexte pour étaler de grosses scènes d’action, les acteurs ont l’air de prendre du plaisir à défaut d’être vraiment convaincants (Statham comme d’habitude, François Berléand hilarant tant il est bon même dans le cliché ambulant…).

Ni meilleur ni moins bon que le premier opus, Le Transporteur II reste dans la moyenne du film d’action made in EuropaCorp. Louis Leterrier ne s’est pas transformé en génie mais reste un habile technicien extrêmement généreux. Parfois très couillon, surréaliste mais bourré d’action et d’humour bas du plafond, Le Transporteur II remplit son contrat de divertissement con et amusant, ni plus ni moins.






