Review
Voilà un réalisateur que je préfère éviter d’habitude… non pas que ça soit un mauvais garçon, je ne pense pas. Ni parce qu’il est allemand… Non c’est juste que Roland Emmerich représente à lui tout seul ce dont le cinéma américain est capable de pire. De sa carrière on retiendra Stargate qui n’est pas vilain du tout et Universal Soldier car il y avait JCVD dedans. Le reste ça va du film mineur (The Patriot) à la grosse bouse… Entre l’atroce Independance Day (un des pires rôles du déjà mauvais Will Smith), le honteux Godzilla (fallait quand même oser montrer les français comme les pires pollueurs dans un film ricain… tout en massacrant un mythe) et le pitoyable 10.000, on peut dire qu’il se traîne un paquet de casseroles le bonhomme! La faute à un abus de patriotisme puant, de celui qui prend le reste de la planète pour des cons en clamant haut et fort la toute puissance des USA. Qu’il soit patriote on s’en fout, chacun pense ce qu’il veut, mais quand ça tourne à la propagande non merci. Voilà, après cette déclaration d’amour à ce cher Roland, voyons ce film qui va me faire (un peu) mentir…
On craint le pire dès la première image : plein cadre sur un drapeau américain qui flotte au vent… ou comment dire « je m’en fous de vos sarcasmes faibles européens, je place mon plan-drapeau quand je veux! » d’entrée de jeu. Heureusement, et aussi surprenant que cela puisse paraître, ce sera la seule image à faire vibrer la fibre patriotique de l’oncle Sam pendant tout le film, Emmerich empruntant un virage à 180° par rapport à ses précédents travaux… Non pas qu’il ne signe pas là un gros blockbuster grand public, il ne va pas non plus tuer la poule aux oeufs d’or, mais pour la première fois derrière ses images on peut lire un message autre que nauséabond! Alors Emmerich n’est pas un type super fin, donc son message il nous le balance de façon un peu balourde, mais il essaye…

Ainsi il va comme prendre un malin plaisir à égratigner l’image habituelle (à laquelle il a grandement contribué) des USA dans ce genre de film catastrophe. Et pour une fois les américains sont montrés du doigt comme LA cause majeure du réchauffement climatique, et même si ce fait est une évidence c’est couillu de le dire dans ce genre de gros budget! Emmerich serait-il devenu un réalisateur subversif? Non faut pas abuser! Mais il emprunte une voie dans laquelle on ne l’attendait pas pour livrer son meilleur (ou moins mauvais c’est au choix) film. Oubliant l’humour lourdingue de ses précédents au profit d’une certaine forme de cynisme désabusé, il en profite l’espace de deux scènes pour faire passer son message, on peut se demander comment le public US a pris la chose… d’autant plus qu’il se permet même de ridiculiser les sacro-saints médias!
Tout d’abord le passage de la frontière mexicaine, moment jouissif où les maîtres du monde se retrouvent dans la peau de réfugiés face à une frontière fermée… l’idée est intéressante! Ensuite l’épisode de la bibliothèque où les rescapés sont obligés de brûler des livres pour se réchauffer, comme si notre humanisme ne devait dépendre que d’écrits…
Fan absolu de films catastrophes comme la Tour Infernale ou l’aventure du Poséidon (l’original, pas le truc qui lui sert de remake), Emmerich se lâche carrément dans une première partie dantesque, la plus intéressante sur tous les plans, où il se livre de façon clinique à une destruction massive d’une partie des USA à grands coups de CGI plutôt réussis. Si on voulait assister à du grand spectacle on est servi, et quand c’est plus intelligent qu’ID4 (facile) on en profite à 100%.

Par contre il faut avouer qu’une fois la grosse destruction terminée le film retombe un peu dans les travers habituels… A savoir des personnages écrits au marteau-burin dont on se fout royalement, et une sale propension à sortir les violons toutes les cinq minutes pour accentuer les scènes pseudo-dramatiques. Recettes typiques appliquées à de gros clichés qui n’élèvent jamais le film et au contraire le rabaissent après cette première heure gigantesque… Emmerich enchaîne les climax à chaque rebondissement, ça donne des scènes qui ne servent à rien (celle des loups mal faite en plus)… les trop nombreux défauts de cette partie empêchent le film d’accéder au statut qu’il souhaitait.
Reste qu’il soulève une problématique importante, qu’il nous livre des images bien jouissives et qu’il se paye le luxe d’un casting pas vilain du tout, même si sous-exploité (on ne voit pas assez le formidable Ian Holm). En tirant la sonnette d’alarme sans mettre de gants, Emmerich est encore loin de nous pondre un vrai bon film (il a prouvé avec 10.000 qu’il pouvait encore faire des grosses bouses) mais cette première partie qui renoue avec une vieille tradition des 70′s des films catastrophes laisse voir qu’il peut être capable de mieux… réponse avec 2012 dans quelques temps…







[...] Sorte de plaisir coupable ultime en fait. Surtout qu’on a toujours en mémoire un certain Jour d’Après loin d’être mauvais (tout en étant loin d’être bon c’est vrai) et qui semblait [...]