Review
Faux remake des Pirates du Métro de Joseph Sargent puisqu’il s’agit avant tout d’une nouvelle adaptation de la nouvelle éponyme de John Godey, le dernier film du plus « jeune » Scott (65 ans tout de même!) vaut tout de même bien mieux que ce qu’en a dit la presse assassine… Tout d’abord il s’inscrit sans problème dans l’œuvre que construit Tony Scott depuis Ennemi d’état. Et on parle bien d’œuvre car il n’est pas simplement un faiseur d’images clipesques de toute beauté mais bien un véritable réalisateur, voir même un auteur complet et constant dans sa création. Déja Vu a sans doute été un faux pas, un semi-échec artistique à mettre au crédit du tout puissant Jerry Bruckheimer qui est loin d’être le producteur le plus intéressant de son époque… Sur l’Attaque du Métro 123, Scott retrouve un style qu’il s’est construit film après film, trouvant sa limite dans un Domino mémorable qui poussait les expérimentations visuelles au maximum et qui ici se voit assagi et mélangé à un style très 90′s.
La marque d’un réalisateur avec un style bien à lui et en pleine possession de ses moyens c’est quand on est capable de le reconnaître en quelques plans. Pas d’exception à la règle, dès le générique on sait qui tient la caméra! Le générique d’intro est excellent et ne surprendra que les non-initiés, super énergique, monté ultra cut, effets de flous, d’accélérés, arrêts de la musique… du pur Scott comme on aime (ou pas)! Et puis on se demande, quand on connaît un peu le pitch ultra simple, comment il va réussir à caler son style plutôt violent et rentre-dedans sur une trame de huit-clos… La solution c’est juste de se calmer un peu et d’en garder sous le coude pour les quelques scènes d’action! Le scénario basique de l’excellent Brian Helgeland (L.A. Confidential forever!) lui permet tout de même de se faire plaisir de nombreuses fois!!

Certains reprochent à Scott ses manies, son mauvais goût, ses tics de mise en scène et son montage (enfin, celui de Chris Lebenzon) prétentieux et ultra super cut… on peut pourtant être client. Le cinéma de Scott est un cinéma d’esthète basé presque uniquement sur la narration visuelle, on peut donc facilement y être réfractaire. Ici mis au service d’une nostalgie qui lorgne du côté des actioners made in 90′s, son style colle parfaitement au sujet. Pas ou peu d’humour, une trame scénaristique qui va à l’essentiel, à savoir un duel, c’est l’efficacité avant tout. Et si la tension ne se ressent pas comme dans le film de Sargent, la confrontation est belle. Tellement intense et profonde que les seconds rôles, endossés par une sacrée galerie d’acteurs, sont mis sur la touche.
Ainsi les performances de Luis Guzman, John Turturro et James Gandolfini sont presque anecdotiques… Au profit du duo Denzel Washington / John Travolta qui fonctionne à plein tube! Le premier fait dans la sobriété et la justesse comme il sait si bien le faire, le second est en roue libre, cabotine au maximum pour finalement le genre de rôle qui lui va le mieux depuis toujours, celui du bad guy maniéré et complètement barge!! Et leur confrontation se déroule d’une manière qu’a toujours maîtrisé Tony Scott, à distance, chacun dans sa petite bulle… Joutes verbales, psychologie, ça fonctionne très bien et de ce fait, une fois les deux personnages sortis de leur environnement (le poste de pilotage du métro pour l’un, le centre de contrôle pour l’autre) le film perd en intensité.

Passée leur rencontre le film prend une direction opposée, et à la place d’un huit-clos bien maîtrisé on se retrouve dans un film d’action à la Die Hard, en moins bien. Les motivations de Denzel Washington qui se transforme en un John McLane bedonnant sont plutôt floues… certes son personnage cherche à se racheter une conduite mais de là à partir traquer un psychopathe quand on est monsieur tout le monde… On touche là à un des problèmes majeurs de cette attaque du métro, l’invraisemblance de plusieurs éléments. Le pire restera le coup de l’ordinateur portable… que les braqueurs ne le voient pas c’est déjà impossible, qu’il se rallume après que la batterie soit vidée encore moins… d’autant plus que cet élément sur lequel on revient plusieurs fois ne fait jamais avancer le récit…
Mais bon… quelques incohérences ne viennent pas tout gâcher! C’est la dernière partie qui fait vraiment tâche, à la recherche d’un pseudo-happy end et qui finit sans véritable climax qui aurait été mérité pourtant! Reste que l’ensemble est loin d’être honteux bien qu’il soit finalement loin d’être majeur dans la filmographie de Scott. La mise en scène est toujours aussi impressionnante, tout comme le montage, les scènes de poursuite dans la ville sont jouissives à souhait (de grosses cascades en plus de nous faire enfin retrouver les vraies rues de New York au cinéma, et non pas Vancouver maquillé comme c’était devenu l’habitude…), et puis on a quand même un superbe duel d’acteurs qui se donnent à 200%. Pas inoubliable mais quand même cool!!!







[...] n’étaient qu’éléments de décor, ils sont devenus personnages à part entière dans l’Attaque du Métro 123, le film qui confirmait qu’un virage majeur avait été passé avec l’exceptionnel [...]
@Vlad: Faut que je revois l’original, ça fait tellement longtemps que j’en ai que de très vagues souvenirs… mais là le remake est vraiment pas aussi honteux qu’on a pu le lire c’est clair!
L’original est meilleur, plus maitrisé avec un meilleur développement des personnages même les secondaires mais ce film se laisse quand même regarder avec plaisir. J’ai passé un bon moment
Vlad
@Mat: Clair que c’est sympa mais beaucoup trop de défauts pour que ça arrive à la cheville de Man on Fire ou Domino
sa lair sympa mais pas au niveau d’un man oN fire monumental je pense..
@lenny: en plus elle doit se trouver pas très chère en DVD (je crois que j’avais eu les 2 saisons pour une dizaine d’euros quand je les avais achetées)
Ah, je ne savais pas qu’ils avaient fait une série, j’essayerais d’y jeter un coup d’oeil. Merci
@lenny: The Hunger oui très bon film c’est vrai, d’ailleurs on l’oublie souvent (moi y compris) quand on parle des films de vampires plutôt originaux. Il y a aussi la série du même nom qui compte 2 saisons et qui était produite par les frères Scott, avec David Bowie dans la première. Les épisodes sont pas tous géniaux mais certains valent le détour
Je n’ai pas vu ce film donc je ne dirais rien mais j’ai eu l’occasion de voir l’un des premiers (peut être même le premier) film de Tony Scott, The Hunger (Les prédateurs), que je te conseil vivement si tu ne l’a pas vu. Il revisite le mythe du vampire d’une très bonne façon et plutôt avec originalité. Le film vaut pour beaucoup à ses images magnifiques (qui en disent souvent plus que les dialogues et l’histoire) et l’interprétation grandiose des acteurs, avec en premier plan le grand David Bowie qui se révèle être un excellent acteur, et suivit de prêt par Catherine Deneuve magnifiquement menée par le réalisateur (je n’aime pas vraiment cette actrice d’habitude mais dans ce film elle en impose).
Voilà, je voulais juste préciser rapidement ceci et encore une fois si tu n’a pas encore vu ce film je te conseil. Sinon merci pour toutes tes critiques, continue comme ça.
Bonne chance pour la suite.