Review
Quatre ans après le succès phénoménal de Sacré Graal, qui les aura définitivement consacrés comme les anglais les plus drôles du monde, les Pythons reviennent avec un film aux ambitions complètement différentes car si leur précédent effort n’était finalement qu’une pastiche et un gros délire, ce qui en fait l’un des films les plus drôles de l’histoire du cinéma, avec la Vie de Brian, ils ajoutent au délire toujours bien présent une bonne dose de critique envers l’extrêmisme religieux.
Fraichement accueilli à sa sortie (interdite dans plusieurs pays grâce au pouvoir de l’église) comme un film blasphématoire, ce dont se sont toujours défendus les Pythons car pour eux leur film est avant tout une pure comédie sarcastique et à la rigueur un peu hérétique… nuance! Ça ne fait pas vraiment de mal à qui que ce soit. Parfois méchant mais salement drôle, ce film est leur deuxième merveille, une pierre majeure dans l’édifice de leur oeuvre monumentale.

On retrouve l’équipe au complet. Graham Chapman qui après les habits du roi Arthur enfile ceux de Brian Cohen, faux messie né la même nuit que Jesus et qui va subir tout ce que les cultes ont de pire, mouvement de masses, interprétation du moindre signe… Donnant lieu à des situations toutes plus drôles les unes que les autres. Il faut avouer qu’il est juste parfait en bonhomme tout simple complètement dépassé par ce qui lui arrive. Avec lui bien sur le grand, l’immense, John Cleese (cet acteur est un dieu) qui au départ voulait le rôle de Brian mais qui finalement s’épanouit dans sa galerie de personnages, du centurion à Reg, il est juste énorme. Egalement Eric Idle, Terry Gilliam, Terry Jones et Michael Palin (« Big Nose », trop fort!) soit la troupe au complet qui interprète des dizaines de personnages tous plus barges les uns que les autres! Bien entendu les scènes cultes se comptent par dizaines également et à chaque vision du film on découvre de nouveaux gags ou jeux de mots absolument savoureux. D’ailleurs on est pas prêts d’oublier cette séquence absolument hillarante de Bigus Dickus!
Mais ce qui surprend c’est que ce film n’est con qu’en apparence. En effet, ce qui arrive à ce pauvre Brian n’est là que pour souligner cette folie qui embrase parfois ces mouvements religieux extrêmes. le film ne vise pas forcément la religion catholique, après tout la présence de Jésus (dont le discours est tellement ennuyeux que Brian et sa mère préfère aller se distraire devant une lapidation!) n’est là que pour donner un semblant de repère historique. c’est bien tous les faux prophètes et la crédulité de leurs suiveurs (chaque geste de Brian, même le plus anodin, est considéré comme un signe divin!) qui sont pointés du doigt, comme une mise en garde.

Et là où c’est très fort c’est que leur message passe à la perfection sous couvert d’une comédie absolument unique. Bien sur il faut aimer l’humour british en général et l’humour des Pythons en particulier, mais c’est un humour qui mélange habilement gags biens cons avec d’autres beaucoup plus fins, maitrisant le jeu de mot avec une aisance déstabilisante ou encore leur capacité à faire rire à répétition avec un tic de language. Tout repose sur un travail d’écriture soigné et une interprétation sans faille, c’est largement le cas ici.
A la réalisation cette fois c’est Terry Jones tout seul, suite aux disputes avec Gilliam sur Sacré Graal. Ce dernier s’occupe de la direction artistique et des séquences animées (générique d’ouverture génialissime par exemple, ou la séquence des extra-terrestres!!). Ce mélange de purs talents aussi bien comiques qu’artistiques aboutit à un résultat qui sera inoubliable, au panthéon des meilleures comédies. Et puis franchement, qu’on aime ou pas leur humour, un film qui se termine sur des dizaines de condamnés sur leur croix chantant qu’il faut prendre la vie du bon côté, ça ne peut pas être mauvais!






