Review
Araki a déjà 51 ans mais ne veut pas grandir, c’est le constat qui s’impose film après film. Tel Larry Clark dans un tout autre registre, le réalisateur de Los Angeles soigne son syndrome de Peter Pan en continuant à s’intéresser aux adolescents, son sujet unique et favori. Ses deux films précédents marquaient une sorte de rupture, deux films qu’il n’a pas écrit. Tout d’abord son chef d’oeuvre Mysterious Skin, film choc et errance dangereuse d’un Joseph Gordon-Levitt en état de grâce, puis Smiley Face, gentille farce avec Anna Faris complètement stone du début à la fin, un road movie de fumeur d’herbe délirant mais assez vain. Comme on pouvait s’y attendre après ces égarements, Gregg Araki souhaitait effectuer son retour aux sources, celles qui ont fait le réalisateur qu’il est devenu. Et ces bases tiennent en trois films indépendants constituant la trilogie de l’apocalypse adolescente: Totally F***ed Up, the Doom Generation et Nowhere. 3 films indispensables pour comprendre Araki qui s’en rapproche et régresse quelque peu avec son Kaboom présenté cette année en séance de minuit au festival de Cannes. Il retrouve son style si reconnaissable en mélangeant joyeusement les genres pour accoucher d’un film hybride qui mixe allègrement teen comédie, thriller psychologique, errance métaphysique de personnages en pleine recherche d’eux-mêmes et grand n’importe quoi nanardesque. On aime ou on déteste, difficile d’y rester insensible. Gregg Araki redevient poseur et retrouve ses sujets de prédilection: les jeunes ados en quête d’expériences sexuelles, le complot, les apparitions étranges, mais signe un film relativement impersonnel même s’il va jusqu’au bout de son délire.
Une introduction onirique qui rappelle celle de Nowhere, Araki distille rapidement une ambiance étrange, avant même de présenter ses personnages. On navigue en pleine science-fiction étrange façon Southland Tales, en moins profond tout de même, ou moins perché c’est au choix. On pense tout de même beaucoup au film de Richard Kelly, jusque dans son final nihiliste et porteur de culte. Pour le reste le film se scinde en deux parties qui n’ont à priori rien à voir. Tout d’abord l’aspect teen comedy, de loin le plus intéressant et riche. On y suit les pérégrinations de Smith et Stella, deux adolescents aux moeurs libérées et en recherche d’expériences sexuelles nouvelles. Araki trouve le bon ton en n’enfermant pas ses personnages dans des orientations sexuelles bien définies. Ici les hétéros deviennent des symboles gays et tout le monde couche avec tout le monde. S’en ressent un profond désir de liberté afin de ne pas se poser de limites morales (imposées par la politique) avec en point de mire un portrait réaliste de la jeunesse américaine des campus universitaires. C’est efficace même si on reste assez loin du succès des Lois de l’Attraction de Roger Avary. L’ensemble traité avec légèreté et justesse ne peine pourtant pas à convaincre.
L’autre aspect de Kaboom est moins réjouissant. Gregg Araki revient à une sorte de thriller paranoïaque aux influences diverses, de David Lynch (Twin Peaks en tête) à Richard Kelly (on ne se sort pas les apparitions du lapin géant de Donnie Darko de la tête). Les deux réalisateurs ayant des univers assez proches, il en résulte un sentiment de presque déjà vu pour Kaboom. La quête identitaire se mélange à une intrigue paranoïaque où la théorie du complot flirte avec un message de fin du monde sectaire. On ne sait plus trop où va le réalisateur, et c’est tant mieux. On aime à se perdre dans ses délires sous psychotropes quand il fait se télescoper toutes formes de sexualités, pimentant le tout avec une dose de fantastique complètement assumé. À tel point qu’on a parfois l’impression d’être devant le nanar de luxe d’un artiste drogué qui aurait un peu trop forcé la dose lors de l’écriture de son scénario. Sauf que quand arrive le dernier acte, tout rentre dans l’ordre et souligne que finalement la trame générale n’était pas si folle que ça. En expliquant absolument tout, ou presque, Gregg Araki fait une grossière erreur. Le fantastique s’évapore, il ne reste plus qu’une vague manipulation un peu débile déguisée en histoire de famille et en fable religieuse, c’est un peu dommage.
Gregg Araki emballe le tout avec style, peut-être un peu trop. Ralentis, gros plans, effets de style dans tous les sens lors des prises de drogues, l’ensemble possède une patine qu’on pourrait bien qualifier de publicitaire tant la mise en scène est ultra travaillée. Araki sait ce qu’il fait et à qui il s’adresse, et rien de tel qu’une réalisation flashy pour séduire le jeune public qui criera au génie alors qu’il recycle beaucoup d’idées venant d’ailleurs. Et si le ton parait très libre, que ce soit dans l’illustration de toutes les jouissances possibles, il est clair qu’en lorgnant méchamment du côté de son Nowhere dont il signe presque un remake moderne, le réalisateur parait beaucoup plus sage et plus optimiste que par le passé. Un peu comme si la noirceur de sa trilogie de l’apocalypse laissait la place à un délire pop assez inoffensif derrière son vernis acide. Araki n’écorche plus vraiment la société adolescente, il l’utilise pour illustrer son petit jeu qui sent le sexe et les bonbons haribo. C’est par contre un véritable plaisir au niveau du casting, Araki étant un merveilleux directeur d’acteurs. En tête Thomas Dekker, symbole diablement sexy et charismatique qui prend là la relève de l’acteur fétiche du cinéaste, James Duval, qui interprète ici un messie rasta. Autour d’eux, un casting féminin des plus séduisants, avec au-dessus de tous Juno Temple, fascinante.
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J’ai personnellement pris beaucoup de plaisir devant ce film, décomplexé, drôle et rythmé.
[...] de sortie France : 06/10/2010 Note pour ce film : ●●●●○○ contrepoint critique chez : Filmosphère [...]
[...] de sortie France : 06/10/2010 Note pour ce film : ●●●●●○ contrepoint critique chez : Filmosphère [...]
[...] [Critique] Kaboom (2010) Publié le 15 sept 2010 [...]
oui enfin y’a aucune magie, j’ai délibérément laissé mon adresse email pour que vous le voyiez sans regarder l’adresse IP… vous êtes plus stupides que je ne le pensais ahahahha…
Ah la magie des adresses IP !
Enfin Oedeep, pourquoi changer de pseudo? ^^
oh la la y’en a qui baisent pas assez ici et/ou qui en sont restés au béaba de l’acte sexuel, lâchez vous, y’a pas de mal à se faire du bien la vie est courte.
@Dom: Attention malheureux à dire des choses comme ça! Après t’as Oedeep qui va essayer de te faire passer pour un imbécile!! ^^
Mais oui on est bien d’accord, Kaboom est un film bien mineur…
Ah yes Nico ! Finalement je ne suis pas le seul à avoir été déçu ; je commence à sérieusement penser qu’Araki devrait s’accrocher à la fibre purement dramatique, là où il excelle finalement, quitte à ne pas livrer d’oeuvres personnelles !
et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d’hallu.
@Oedeep: Allons Oedeep (désolé je ne peux pas moi aussi vous pointer du doigt de façon condescendante puisque vous êtes derrière un pseudo) remarque après remarque vous continuez à vous rabaisser… vous vous êtes fantasmé un film incroyable et « culte » (ahahah) et vous ne supportez pas l’idée que d’autres aient vu un autre film, avec un regard peut-être plus objectif (quoique l’objectivité critique est une notion toute relative), je comprends c’est difficile à vivre mais il faut surmonter ça mon vieux!
oh et à quoi ça sert de dire qu’un film est culte (donnie darko) si vous ne cautionnez pas cette appellation?? où en est votre interet? quel est l’utilité d’un tel crédit pour votre chronique? quel interêt de s’attacher à ce que les autres pensent? c’est à se demander si vous n’avez pas besoin d’eux pour alimenter votre pauvre discours. et cela est bien lamentable.
Vous ne lisez pas, Vous êtes menteur et/ou avez de très gros problèmes de syntaxe, démonstration:
j’insiste!!! vous dîtes à propos de Kaboom « C’est à voir, vraiment bien WTF par moments, mais pas aussi culte qu’on peut l’entendre chez les blogueurs »
si vous n’assumiez vraiment pas le « culte », vous auriez dit « ce film n’est pas culte comme les blogueurs le prétendent ».
or vous dites ‘n’est pas aussi culte » = qui se traduit par « n’est pas autant culte » = « est culte mais pas autant que »
c’est la base de la langue française Nicolas.
question: qui sont « les blogueurs »? qui montrez vous bassement du doigt? n’êtes vous pas blogueurs vous-même?
allez vous recoucher, ça devient trop « WTF »
@Eodeep: C’est tout? 2 commentaires pour en arriver à rien et inventer des contradictions qui n’en sont pas? Vous me décevez!
Jamais je n’ai cautionné le fait que Donnie Darko soit catégorisé culte dès sa sortie… et à aucun moment je ne déclare une quelconque supériorité. Ça m’a toujours agacé qu’on utilise ce terme à tord et à travers, on est en plein dedans là.
vos contradictions ne s’arrêtent pas là:
vous dîtes aussi à propos de Kaboom « C’est à voir, vraiment bien WTF par moments, mais pas aussi culte qu’on peut l’entendre chez les blogueurs »
nous seulement vous assumez un certain niveau de « culte » mais en plus vous vanter votre supériorité critique par rapport aux autres blogueurs tout en utilisant ce jargon irritant « WTF » usurpée à la presse branchouille et aux trailers.
En une phrase c’est l’hécatombe Nicolas? non? hihihihihih
attention FLORILEGES: je pioche encore ça ailleurs, et c’est vous qui le dites sans que cela vous perturbe: « Donnie Darko ayant été proclamé culte dès sa sortie »…. ce qui viens contredire tout ce que vous m’avez dit sur ce thread tel que:
« un film acquiert le statut de culte après une certaine période »
ou encore
« ll faudrait vraiment arrêter de déclamer qu’un film… est culte avant même qu’il ne sorte, c’est stupide. »
@Oedeep: voilà, restez dans vos certitudes sans fondement, vous avez tout compris, on en sort toujours grandi de ce genre de comportement (je ris, c’est plus fort que moi)
Non je n’ai pas fait de critique de Inland Empire car je ne parle pas des films que je n’ai pas vu… tout comme je ne parle pas de tous les films que j’ai vu. Donc merci de ne pas porter de jugement sur quelque chose dont vous ne savez rien mais seulement sur du concret, merci.
Non mais vraisemblablement entre Mysterious Skin et Smiley Face, rien ne s’est passé compte tenu de ce que vous ne dîtes pas dans la critique du deuxième. Avouez que vous n’avez pas vu la trilogie Teen apocalypse, que vous n’avez pas vu The Living end et Splendor, c’est une évidence maintenant (et je réitère cet argument on ne peut plus solide des apparitions du lézard dans nowhere / vous ne voyez que celle du lapin de Richard Kelly)…. enfin bref….le débat est bel et bien clos.
Ah et tiens je suis en train de penser, je n’ai pas regardé mais j’imagine que si vous avez fais une critique d’Inland Empire de Lynch, vous êtes allé dire qu’il a repris l’idée des personnages déguisés en lapin à Richard Kelly non? je me trompe? ahahahahahhaha