Review
Après Rocky Balboa, chant du signe d’une icône qui l’a rendu star, Stallone nous revient avec son autre rôle culte, John Rambo. Pour la 1ère fois il réalise lui-même un opus de la saga qui renait 20 ans après un Rambo III de triste mémoire. Et s’il ne tend pas vers l’origine du premier film, à savoir les conséquences d’un entrainement et de la guerre sur un soldat d’exception, ce nouveau Rambo nous plonge dans un festival de violence au réalisme surprenant, avec une morale légèrement douteuse mais qui constitue un divertissement de premier choix en ces temps de disette cinématographique (en particulier dans le genre du film d’action qui n’apporte plus rien de bien intéressant ou de nouveau depuis longtemps!)

Ça commence avec des images chocs des massacres en Birmanie, histoire de bien appuyé le message « la guerre c’est moche » mais heureusement le message n’est pas là, d’ailleurs il n’y a pas vraiment de message là-dedans. John Rambo est devenu une sorte de monolithe qui chasse des serpents et bien entendu on vient le sortir de sa petite vie tranquille pour aller dans un coin bien dangereux, en plein conflit… Pas de chance dans le film on vient même lui casser les noix deux fois. Et si la 1ère il règle juste leur compte à quelques pirates vite fait entre deux grimaces d’ennui, la 2ème fois c’est la bonne pour que la machine de guerre se remette en route!
Et il faut avouer que ça frappe plutôt fort! Stallone ne nous épargne aucune horreur et multiplie les plans gores. Il est loin le temps où on se contentait de 3 explosions pour illustrer un combat aux armes d’assaut. Ici le sang gicle dans tous les sens, les membres sont arrachés… C’est simple le lieu de la « bataille » finale ressemble à une boucherie! Et avant elle on a droit à tout, de l’exécution de gamins à un magnifique arrachage de gorge à main nue!!!
Carrément généreux dans son approche, Stallone impressionne aussi bien devant (sauf quand il parle, même si sa réponse préférée « Go home! » restera en mémoire) que derrière la caméra et signe un film sans concession, complètement dédié à son héros. La dernière partie est juste un modèle de barbarie tellement Rambo défouraille de soldats. Son regard de bête tranche avec cette mélancolie dans la première partie, celle d’un homme qui s’ennuie dans une activité qui n’est pas faite pour lui. Un flashback judicieux avec le colonel Trautman nous le rappelle bien, il a la guerre dans le sang, c’est la seule chose qu’il sait faire et en plus il aime ça: il n’y a qu’à voire ce plan magnifique où il contemple son « oeuvre ».

Par moments on se dit même que le bonhomme a presque la carrure d’un Clint Eastwood, réalisateur avec cette vision complètement désabusée et crépusculaire… Au passage et pour rappel, il ne faut surtout pas louper son Gran Torino ! D’une beauté étonnante, John Rambo relance plus qu’il ne clôt la série. Entre la série B jouissive et la réflexion sur la violence extrême, le spectacle est juste ahurissant! Et d’un coup d’un seul, on attend son prochain projet avec une énorme impatience!!!







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