Review
Difficile d’évaluer l’évolution de Zabou Breitman en tant que réalisatrice étant donné que je n’ai jamais vu ses deux films précédents… celui-ci n’a à priori rien de très excitant à montrer, à lire le synopsis on a l’impression qu’on a déjà vu la même histoire racontée mille fois mais après tout on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise au milieu de la masse d’oeuvres quelconques qui innondent nos belles salles françaises…

Et il faut dire que là j’ai découvert une vraie réalisatrice, avec une vraie vision du cinéma! En adaptant un roman d’Anna Gavalda (une écrivain plutôt hype en ce moment parait-il…) elle livre une histoire plutôt simple mais cruelle, une triste vision de l’humanité en fait, et qui ne sombre heureusement pas dans la facilité dramatique, bonne petite surprise.
Ça commence pourtant très mal avec cette femme et ses deux gamins qui vient de se faire larguer et qui va se reposer au chalet du beau-père (enfin, ex-beau-père)… C’est long, très long et on s’ennuie ferme malgré la vraie performance de Florence Loiret criante de vérité en femme complètement perdue et abandonnée. Mais le début est vraiment laborieux et le film ne décolle qu’à l’apparition du personnage de Mathilde. Interprétée par une très grande Marie-Josée Croze (les invasions barbares, ne le dis à personne, le scaphandre et le papillon…) qui vient illuminer enfin le film par son mélange d’assurance et de fragilité, en plus d’être une actrice magnifique.
Face à elle, Daniel Auteuil (Est-il besoin de rappeler qu’il est l’un des meilleurs acteurs de ce pays?) alterne un jeu tout en finesse avec des moments où il en fait des tonnes. On a un peu de mal à croire à leur relation. Et si l’ensemble est une histoire finalement convenue, on est parfois surpris par certaines de leurs décisions… On est tout de même dans quelque chose de terriblement cruel et lâche. Il est vrai qu’il est souvent plus simple d’enfouir des sentiments très forts plutôt que de mettre en péril une existence rangée et sure, avec un avenir sans risque. C’est un peu ça que raconte je l’aimais, l’histoire de deux amants qui ne savent pas s’aimer et qui vont se perdre dans leur réalité complètement illusoire…

Le film est un peu long, on baille tout de même beaucoup. mais on tient bon grâce à de belles performances d’acteurs et surtout une mise en scène très inspirée. En effet Breitman impressionne de ce côté-là avec une réelle maitrise de sa caméra, quelques beaux effets de mise en scène et de montage qui donnent d’un coup un regain d’intérêt à une histoire à laquelle on en croit qu’à moitié. On regrettera tout de même que lors des scènes à Hong Kong, elle n’ait pas réussi à capter l’essence de cette ville si cinématographique… à croire que les européens ne savent pas la filmer!
Bref, un film qui propose une histoire pas passionnante mais intéressante pour son côté très dramatique, de beaux acteurs et une mise en scène très haut de gamme. Un bon film bien qu’un peu long par moments…






