Review
Avant d’entrer dans la salle, le sentiment est étrange… Un mélange d’excitation, ce sont tout de même les grandes retrouvailles avec un héros de notre jeunesse (avec une enfance dans les années 80 il y a de grandes chances pour avoir usé les VHS au maximum) et l’occasion de le découvrir pour la première fois sur grand écran pour plusieurs générations de spectateurs. Mais aussi une immense crainte. La crainte d’être déçu bien sur car en 20 ans ce qui était déjà un immense succés populaire est devenu un véritable mythe, un modèle de film d’aventure, l’acteur a tout de même pas mal vieilli et c’est sans parler d’un scénario qui a subi d’innombrables révisions pendant un véritable développement hell… Craintes qui à la sortie de la salle sont malheureusement pour la plupart confirmées: Ce quatrième opus des aventures d’Indy est une immense déception, à la hauteur de l’attente qu’il avait pourtant réussi à créer!
Pourtant tout n’est pas à jeter, loin de là, la séquence d’ouverture est excellente et carrément au niveau des épisodes précédents, la première apparition d’Indy (qu’on voyait déjà dans la superbe bande annonce d’où un impact amoindri) scelle le statut mythique du personnage, la musique de John Williams donne toujours des frissons même si on pouvait espérer de nouveaux thèmes. On retrouve beaucoup d’éléments qui faisaient le charme des 3 autres films: de l’action, un humour au ras des paquerettes, de beaux paysages et des situations surréalistes, mais la sauce de prend pas.
A trop jouer sur le registre de la nostalgie par des clins d’oeil, des scènes qui sont presque recopiées à l’identique, une trame narrative qui louche furieusement sur les Aventuriers de l’Arche Perdue, une mise en scène d’un autre temps et bien trop impersonnelle, Steven Spielberg a oublié l’essentiel. Les spectateurs ont évolué et le language du cinéma avec eux, hors il commet là exactement la même erreur que son pote George Lucas sur la prélogie Star Wars en ne faisant rien évoluer. Ce n’est pas la réunion d’une équipe technique au sérieux irréprochable (cadrages, montage, lumière, musique) qui fait un bon film. Et c’est finalement la plus grosse crainte, l’âge d’Harrisson Ford, qui est la plus belle surprise. Parfaitement intégrée au scénario, cette nouvelle donne ne gâche rien au plaisir et l’acteur s’en sort à merveille, nous surprenant même parfois par son énergie.
Mais à côté de ça, les scènes d’action sont souvent molles, un comble pour un film d’aventure à tendance rollercoaster! Les seconds rôles ne sont pas au niveau: Shia Labeouf est exaspérant au possible, pour changer, Cate Blanchett joue à fond la carte de la surenchère parodique mais livre finalement une méchante bien fade, il n’y a bien que Karen Allen qui s’en sort bien, mais c’est sans doute le côté nostalgique qui prend le dessus concernant l’actrice. Bref, quand les trois épisodes précédent fonctionnaient sur des personnages tous plus charismatiques les uns que les autres, là ça ne fonctionne pas.

Au rayon des fautes de goût majeures, rajoutons l’utilisation abusive de CGI qui nuit grandement au réalisme de l’ensemble. Pour un film qui se veut ancré dans les années 80 dans sa forme, pourquoi ne pas utiliser des effets mécaniques, bien plus crédibles?? Même si la crédibilité n’a jamais été présente dans un Indy, là ils ont tout de même abusé dans le n’importe quoi!
Et que dire de ce scénario… Complètement ridicule dans son derniers tiers, il est bancal tout le long, avec un sérieux manque de rythme en plein centre. Des scènes inutiles (le coup du frigo! C’est juste indigne de la saga, c’est une honte!), des runnings gags bien lourds (magnifiques marmottes en CGI, la 1ère fois on rigole, la 3ème on a envie de les tuer) et cette incursion dans la SF qui finit par enterrer six pieds sous terre un film qui méritait un bien meilleur traitement.
Grosse déception donc, même si le plaisir de retrouver Indiana Jones, notre idole de jeunesse, est là, le reste ne suit pas. A revoir éventuellement plus tard pour l’apprécier avec un oeil moins rempli d’attentes mais la première vision est vraiment fatale!







