Review
C’était tout un symbole ce film. Le grand retour de Mel Gibson devant la caméra, 8 ans après son dernier grand rôle dans Signes de M. Night Shyamalan, le tout mis en scène par celui qui aura fait renaitre par deux fois le mythe James Bond (et qui accessoirement a signé avec Casino Royale le meilleur épisode de ladite saga). Sauf que Martin Campbell c’est aussi le réalisateur qui se trimballe une filmographie des plus insignifiante, comme tous ces simples faiseurs d’Hollywood, et c’est malheureusement ce Campbell là qui est aux commandes de Hors de Contrôle. Et l’impression générale une fois que déboule le générique final est d’avoir un petit peu été pris pour un imbécile. Car au final que nous promettait ce Edge of Darkness, dont le titre français a été vraiment mal choisi? Et bien les images diffusées ne laissaient pas de place au doute, on allait avoir un film violent, un vigilante flick mettant en scène un Mel Gibson bien énervé après qu’on ait assassiné sa fille sous ses yeux, l’histoire d’un flic qui n’a plus rien à perdre et qui compte bien se faire justice! On attendait un film bourrin, subversif, nerveux, un énième revival d’un genre ultra jouissif qui a fait les beaux jours du cinéma ricain des années 70, la renaissance d’un acteur qui avait donné ses lettres de noblesse au buddy movie et au cinéma post-nuke. Sauf que les choses ont bien changé et qu’à l’arrivée c’est tout le contraire, Mad Mel n’est plus et ferait mieux de rester derrière la caméra, là où par contre il possède toujours un incroyable talent. Hors de Contrôle est une vilaine douche froide qui sent mauvais le gachis à tous les niveaux.

Plusieurs problèmes majeurs dans tout ça. Tout d’abord quand on fait un vigilante movie on le fait bien, on va jusqu’au bout, et on ne se cherche pas d’excuses bidons. James Wan l’avait très bien compris pour Death Sentence, piétinant avec joie le politiquement correct et la basse morale pour livrer un pur film de vendetta froide et violente. Martin Campbell prend une toute autre voie, celle de la justification à tout prix, en politisant son récit qui en devient imbuvable. Et pour cause, il s’agit en fait de l’adaptation sur grand écran de sa propre mini-série (scénarisée par Troy Kennedy-Martin) de 6 épisodes diffusée dans les années 80 par la BBC. Condenser un récit de six heures en deux heures de film nécessite une certaine maitrise, cela fonctionnait très bien sur Jeux de Pouvoir, mais ici ça ne fonctionne jamais malgré tout le talent d’écriture que peut avoir William Monahan (à qui on doit les scénarios de Kingdom of Heaven, les Infiltrés ou Mensonges d’État pourtant!)
En fait on se retrouve face à un film bâtard qui ne s’assume jamais. Pas assez intelligent ou crédible pour prétendre au statut de thriller politique, pas assez engagé et violent pour celui de vigilante. Par contre s’il y a bien une chose sur laquelle les ambitions sont évidentes, c’est sur cette volonté de glorifier Mel Gibson! Campbell en fait des tonnes et filme l’acteur sous toutes les coutures comme un amoureux transi en pleine extase, alors que le pauvre Mel semble passablement s’ennuyer dans une histoire sans grand intérêt. Il y avait pourtant moyen de faire quelque chose de grand, avec tout ce que représente l’acteur en bon comme en mal, mais non au lieu de ça c’est juste un véhicule pour remettre l’acteur en selle sans y mettre la volonté et la forme. Objectivement sur les deux heures de film on se fait chier pendant les 2/3, d’où la déception quand on attendait un truc bien énervé. Gibson parcourt le film sans jamais montrer la moindre fureur, comme s’il se retenait alors que le spectateur n’attend qu’une chose, celle qu’on lui a promis, qu’il explose de rage et fasse un carnage!! Mais non il restera le visage fermé jusqu’au bout, on n’a qu’à retourner vers nos vrais récits de vengeances sanglantes si jouissives et se refaire l’intégrale de Charles Bronson, là au moins on sait ce qu’on va voir!

La déception est vraiment de taille, du niveau des espoirs qu’on pouvait placer dans ce projet. Car en plus d’un récit qui ne s’assume jamais et qui devient juste inintéressant quand il ne sombre pas dans le ridicule, le film n’est vraiment pas aidé par la mise en scène de Martin Campbell. Lui qui avait réussi à trouver le dosage parfait et l’inspiration nécessaire sur Casino Royale semble avoir oublié ici de quoi il causait. C’est mou, bon dieu que c’est mou!! Le sujet central c’est quand même un type qui voit sa fille se faire descendre devant ses yeux et qui cherche à la venger! Avec un thème pareil un minimum d’énergie est nécessaire pour le traiter correctement. Mais non Campbell se la joue pantouflard et nous pond un truc aussi académique qu’impersonnel, dénué de toute forme de charme. Dès lors rien ne fonctionne. Le suspens ne prend jamais, la tension non plus, en bref on s’ennuie sévère et ce n’est pas vraiment ce qu’on attendait.
Le ridicule de certaines situations fait froid dans le dos, par exemple quand Mel prend sa fille tout juste abattue dans ses bras et récite des versets de la bible, ou dans une séquence finale pendant laquelle on a du mal à retenir un rire moqueur. Ou encore dans cette répétition insupportable des apparitions fantomatiques de la fille, c’est juste too much. Les personnages sont extrêmement mal écrits, on sent venir les revirements de situation à deux kilomètres, l’intrigue politique ne vaut pas un copec (autant se revoir l’Enquête, là au moins c’était traité avec talent), on se retrouve face à des caractères ultra manichéen (le gentil très très gentil qui ne boit surtout pas d’alcool, le méchant très très méchant dont on attend presque le rire machiavélique, le gentil mais un peu moins qui devient méchant et le méchant mais trop qui devient presque gentil, incroyable n’est-ce pas?). Les acteurs ne sont jamais crédibles, sauf Ray Winstone qui s’en sort plutôt bien.
Pas grand chose à se mettre sous la dent avec ce Hors de contrôle raté. On a bien droit à quelques scènes d’action efficaces mais il n’y en a que trois dans tout le film et malgré son personnage mal écrit il y a toujours Mel Gibson. Et si il semble n’être là que pour encaisser son chèque sa présence et son pouvoir de fascination sont intacts. Pas forcément une grosse purge mais ce vigilante de bas étage une belle déception.







[...] évidente de son « talent » (il a également signé le scénario du mauvais Hors de contrôle entre temps). Depuis quand un supposé bon scénariste fait-il un bon réalisateur? Depuis jamais, [...]
Bah, Mel Gibson, il est tranquille maintenant, producteur de ces propres films, rien de mieux pour faire ce qu’il a envie
[...] Hors de contrôle [...]
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@Youto: Désolé ^^
En effet tout le monde lui est tombé dessus, souvent à raison, mais l’artiste est pourtant passionnant, sauf là… il aurait pu leur donner encore du grain à moudre en la jouant bien badass mais non
@nelsHD: Ouais c’est clair mais je crois qu’il a refusé Mad Max non? :S
@Patior: Ok, merci pour les précisions
C’est clair qu’ils ont sérieusement coupé l’intrigue alors pour le film…
@Bruce: T’inquiète, le prochain film de Gibson, dans lequel il ne jouera pas, sera sur des vikings!!
Laisses tomber Alexandre, une incohérence ne serait pas étonnante vu le niveau général du film d’après…tout ceux qui l’ont vu!! Gibson devrait revenir au grand film d’époque où tout le monde se charcute; il n’y a que là où il est bon!!
Dans la série dès le premier épisode on ne sait pas si c’est des visions ou le fantôme de sa fille. Mais elle lui donne des indications pour l’enquête, surtout sur des fleurs noires qui doivent apparaitre avant la fin de l’humanité.
Fleurs qui sont montrées dans le dernier plan de la série…
Ta critique confirme ce que j’entrevoyais …
Mel Gibson aurait du choisir un autre film pour son grand retour …
Mad Max … reviensssssssssssssssssssssss
Merde, coiffé au poteau… Je pensais en faire mon prochain article mais j’ai pas encore eu le temps de le voir. En plus, ta critique est la première que je lis sur ce film. Vu que j’aurais plutot tendance à te faire confiance, c’est pas très encourageant
Dommage pour Gibson, qui est en plus devenu une véritable tête de turc des médias aux US, depuis sa petite crise d’anti-sémitisme. Apparemment, c’est pas ce film qui va redorer son blason…
@Mat Castle: Ouais on se fait bien chier…
Pour Casino Royale c’est vraiment mon ressenti, j’aime pas trop James Bond et là ça m’a réconcilié avec la saga, j’ai trouvé ça très très bon
@Patior: Ben il a plus été vendu comme un vigilante movie que comme un thriller… à tort.
Pour les apparitions c’est dans la série qu’on a cette explication?
apparament c’est extément bavard et on pionce bien comme il faut dans ce film, moi qui espérait un film a la death wish…. casino royale, meilleur james bond? alors que plus de la moitié du film est centré sur une table de pôker, pas d’accord du tout méme si shui pas fan hardcore de la saga loin de la… mais on est au moins d’accord sur campbell il est sacrément sur estimé (les zorro avec banderas c’etait pas du bon cinéma je trouve)
Pourquoi ils l’ont vendu comme un thriller. C’est un policier.
Pour le ridicule des apparitions, elles viennent une fois qu’il c’est fait empoisonner en avalant son ginger-ale (cette partie n’est pas détaillée dans le film).
Zirko, avec une petite pointe de violence à la fin, et si vous aimez le genre film enquête, vous devrez passer un bon moment.
@Alexandre: C’est un élément de scénario, mais utilisé pour 10 secondes de dialogues au début ^^
@Zirko: Nan nan je spoile rien j’ai pas donné de nom, et puis c’est tellement prévisible y’a pas vraiment de surprise quoi. C’était pour illustrer ça
Mince tu spoil un peu dans ta critique.
La note fait mal au coeur.
je rêve où Gibson porte une alliance sur la deuxième photo? Il n’est pas censé vivre seul dans le film? Problème de raccord (M. Gibson n’arrive pas à lâcher son alliance, foi oblige) ou élément volontaire du scénario ?