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Il doit y avoir un sérieux problème entre Feng Xiaogang et la France… Ca fait 2 fois qu’on lui massacre le titre d’un film (The Banquet devient La légende du scorpion noir… et là Assembly devient Héros de guerre… Alors que l’idée de rassemblement hante tout le film…). Passons sur ces considérations qui n’intéressent pas grand monde pour se concentrer sur son dernier effort, Héros de Guerre donc. Le réalisateur chinois jouit aujourd’hui d’une certaine notoriété qui lui permet d’accéder à des budgets plus que conséquents. Et il dépense bien son argent dans ce drame traversant plusieurs guerres, en Chine et en Corée du Nord.

Car oui c’est avant tout un drame humain avant d’être un film de guerre. Bon c’est certain la 1ère moitié du film laisse la part belle à des scènes guerrières franchement violentes, avec toutes les images bien gores que celà signifie au cinéma aujourd’hui depuis Il Faut sauver le soldat Ryan. Corps déchiquetés, membres arrachés… C’est limite de la boucherie par moments! L’autre point qui ancre parfaitement le film dans la mouvance actuelle des films de guerre c’est sa photographie hyper désaturée, parfois à la limite du noir et blanc et une mise en scène caméra à l’épaule pour une immersion au cœur des batailles. Feng Xiaogang n’a pas grand chose à envier au film de Spielberg ou au Frères de sang de Kang Je-Gyu, il maitrise parfaitement son action et on voit pas le temps passer.

Dans la 2ème partie on suit le capitaine Gu Zidi qui avait mené sa 9ème compagnie à une mort plus que certaine lors de la bataille de la rivière Wen en 1948. On le voit traverser plusieurs conflit tel un fantôme qui serait resté parmi ses soldats, de plus en plus mutilé jusqu’à être presque complètement sourd et aveugle. Et on vit son combat contre une administration post-conflit qui doit gérer des milliers de morts, non pas pour sa gloire personnelle mais pour que soit reconnu le sacrifice de ses 47 hommes tombés au combat.

Ce qui est intéressant pour ce film qui vient de Chine, c’est qu’il évite judicieusement tout nationalisme facile et puant en se concentrant sur le destin tragique d’un homme qui doit vivre avec un immense fardeau (il se sent responsable de toutes ces morts car sa surdité l’a empêché d’entendre le clairon de rassemblement qui était leur seule chance de battre en retraite et donc seule issue). La dernière partie est très émouvante sans verser dans le pathos pour autant et la prestation de l’acteur principale est vraiment excellente, au point qu’on espère autant que lui que son obstination aboutisse. Très beau film de guerre et beau drame humain, à voir sans hésiter.



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Nicolas Gilli
A crée Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro et Tsui Hark.