Review

Alors que vient de sortir Vengeance (quasi-nanar selon la critique… c’est trop injuste), un petit retour s’impose sur celui qui aujourd’hui est devenu LE porte-drapeau du cinéma HongKongais, celui qui réussit à faire sélectionner ses polars à Cannes et qui est passé du statut d’excellent faiseur d’images à celui de véritable auteur… sauf que ça fait longtemps qu’il apporte une touche auteurisante plutôt agréable au polar HK, à tel point que tous essaient d’imiter son style poseur. Mais intéressons nous ici à un de ses premiers succès, un film qui ne porte pas vraiment sa « patte » qu’il développera plus tard. Quand il réalise Heroic Trio en 1993 il a déjà derrière lui quelques films importants avec des stars déjà au sommet (Chow Yun Fat dans All about Ah Long, Tony Leung Chiu Wai dans The Royal Scoundrel, Anita Mui dans Justice, My foot!) et d’autres en devenir (en particulier Stephen Chow dans Justice, My foot! également).

C’est donc naturellement qu’il a accès à un casting très haut de gamme pour l’époque: la regrettée Anita Mui (chanteuse de renom et grande actrice), Maggie Cheung (à l’époque elle avait déjà tourné avec Wong Kar Wai et la même année on l’a vu dans le magnifique Green Snake de Tsui Hark) et Michelle Yeoh (en plein dans sa période de films d’arts martiaux) constituent le fameux trio héroïque, c’est un peu les plus belles actrices de l’époque dans l’ancienne colonie, les plus talentueuses aussi… A leurs côtés Anthony Wong sur la fin de sa période Cat III (on a du mal à croire qu’aujourd’hui il soit considéré comme un acteur classique quand on a vu ses rôles des années 90!) et Damian Lau, jusque là plutôt habitué aux WXP… du beau monde donc pour un film vraiment hors du commun!

En effet c’est quand même assez hallucinant comme film! Quand on regarde la filmo de Johnnie To on trouve des polars super classes et des comédies grasses… ici il s’attaque au film d super héros, enfin de super-héroïne. Le ton évolue du très drôle au carrément grave, ça part absolument dans tous les sens… on y croise un eunuque qui veut remettre un empereur sur le trône, un tueur quasiment immortel qui mange ses propres doigts (Anthony Wong), une sorte d’armure invisible, des bébés kidnappés, des motos qui font des vrilles que même au cirque on n’en voit pas, une poursuite à cheval sur la plage… c’est complètement hystérique, c’est de la fantaisie pure… bref du pur cinéma complètement fou made in HK.

On reconnaît vite la signature du chorégraphe Ching Siu-tung avec toutes ses chorégraphies très aériennes (oui, si on a du mal avec les gens qui volent il vaut mieux éviter le film) et des combats hallucinants, très rapides, très mobiles, filmés avec une caméra bien énervée!! C’est franchement excellent.

Et puis le scénario, à partir du moment où on accepte que c’est du grand n’importe quoi, tient bien la route et se permet même quelques scènes vachement osées, gores ou malsaines. Au hasard un bébé qui finit empalé sur un gros clou ou un groupe d’enfants élevés à manger de la chair humaine qui se font carrément dynamiter par Maggie Cheung!!

Les effets spéciaux font très kitsch bien sur, on voit souvent les câbles et la mention spéciale revient au final avec un squelette vivant qui nous fait une sortie de flammes façon T1000 dans Terminator, sauf que là on croirait que c’est animé par Ray Harryhausen, un animatronic bien moche quoi… Mais au final et bien c’est un film devant lequel on ne s’ennuie pas une seule seconde, c’est complètement fou et c’est ça qui fait tout le charme de cette époque du cinéma!



About the Author

Nicolas Gilli
A crée Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro et Tsui Hark.