Review

Voilà un film carrément culte aux States alors qu’il est quasiment invisible chez nous. Heureusement la popularité du compositeur Danny Elfman a enfin décidé un éditeur à le sortir en France (Le chat qui fume) pour le plus grand plaisir de tout amateur d’ovnis cinématographiques. Car oui c’est bien de ça qu’il s’agit, le film ne suit aucune logique, il n’y a pas vraiment de scénario… A la rigueur une trame qui pourrait se rapprocher d’Alice au pays des merveilles mais en beaucoup plus simple. On sent bien qu’au départ il ne s’agit que d’une accumulation de sketches que l’équipe à souhaiter transformer en long métrage.

Le résultat c’est film complètement fou, entre le Rocky Horror Picture Show, Freaks et Charlie et la chocolaterie, forcément indispensable!

Le film est réalisé par Richard Elfman, frère du compositeur, c’est sa première réalisation suite à son retour aux USA, après son expérience au sein du Grand Magic Circus de Jérôme Savary. Au centre du récit il met en scène sa femme à la ville, Marie-Pascale Elfman (avec un accent à couper au couteau). Le reste du casting est essentiellement constitué de membres de l’équipe à l’origine de ce projet avec quelques acteurs plus connus comme Hervé Villechaize (le nain de l’île fantastique), Susan Tyrrell (la chair et le sang) ou encore dans un petit rôle l’excellent Joe Spinnel (Maniac).

Tout dans ce film n’est qu’absurde et on sent bien qu’il s’est fait dans une ambiance de délire absolu. Sans aucune limite et contre toutes les règles en vigueur au cinéma Elfman crée un monde imaginaire dans des décors en carton tout droit sortis du Cabinet du Docteur Caligari, et qui a leur tour serviront d’inspiration à Tim Burton sur l’étrange Noël de Mr Jack.

Dans ce spectacle surréaliste et musical, on croise de tout… Une grenouille qui danse le twist, un homo refoulé qui se prend pour un poulet, un enfant toxico, un grand-père ancien lutteur sourd-muet, une salle de classe dans laquelle l’institutrice fait régner l’ordre avec une mitraillette (faut dire que parmi ses élèves on trouve un sosie d’Hitler et un gang black sorti tout droit de Shaft et qui joue au poker en classe), un chandelier humain… Sans oublier le couple royal de la 6ème dimension, complètement déjanté et un Satan lubrique joué par Danny Elfman himself. On ne peut pas non plus passer sous silence le rôle de la princesse tenu par une Gisele Lindley qui passe la totalité du film en topless…

Dans un noir et blanc dû à un faible budget autant qu’à un hommage à l’impressionnisme allemand du début du siècle, Elfman maitrise son joyeux bordel et nous livre un film kitsh et psychédélique, un truc qui n’a aucun sens, la plupart du temps joué à l’improvisation théatrale et agémenté de séquences d’animation dignes des Monthy Pythons. C’est aussi la toute première composition de Danny Elfman pour le cinéma (avec son groupe, les Mystic Knights of Oingo Boingo!!).

C’est du pur pétage de plomb jubilatoire qui n’obéit à rien, c’est génialissime.



About the Author

Nicolas Gilli
A crée Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro et Tsui Hark.