Review
Dans le genre du film concept ultra casse-gueule, voilà que déboule Buried! Le concept tient en quelques planches de bois, 6 pour être précis. Un décor unique, sans doute le plus étroit de l’histoire du cinéma. Tandis que Phone Game de Joel Schumacher partait sur un concept similaire mais ne réussissait pas à le tenir malgré sa courte durée, l’action se déroulant en partie à l’extérieur de la cabine téléphonique, le jeune espagnol Rodrigo Cortés pousse l’idée jusqu’au bout pour son deuxième long métrage. 1h30 dans quelques mètres carrés avec peu de sources lumineuses et un acteur unique. Le pari est hautement risqué, le concept pouvant rapidement tourner à vide et ennuyer. La réussite est donc encore plus impressionnante. Tout parier sur la claustrophobie et sur le talent d’un acteur qui n’attendait que d’enfin exploser, d’autres plus expérimentés n’auraient pas eu le courage, lui s’en sort à merveille, signant sans doute le thriller le plus efficace de l’année. Le genre de film que le spectateur va vivre intensément et finir à bout de souffle, les mains moites et la peur au ventre. On se souvient du passage du cercueil dans Kill Bill, grand moment de suffocation cinématographique. Ici c’est la même chose sauf que sa dure le temps d’un film complet, et sans qu’on trouve le temps long. On aimerait que ça se termine plus tôt, mais simplement pour mettre fin à cette sensation désagréable de manquer d’air, preuve que Buried remplit tout à fait son contrat et transcende son concept pour aboutir sur un thriller d’une efficacité redoutable. Grosse surprise!
Présenté à quelques jours d’intervalle à Deauville, où il a remporté le Prix de la Critique Internationale, et à l’Étrange Festival où il a remporté le Prix Nouveau Genre, Buried c’est la grosse surprise de l’année, le genre de buzz pour une fois bien mérité. S’il est si réussi c’est qu’il ne se base pas uniquement sur ce concept qui tournerait trop rapidement à vide. Pourtant son scénario tient sur un timbre poste, mais par la magie de la mise en scène et du montage, Buried prend rapidement de la hauteur. Logiquement, le scénario se positionne autour d’une idée simple: comment Paul Conroy va-t-il sortir de ce cercueil enterré six pieds sous terre? Le mystère développé, directement issu des meilleurs Hitchcock, nous prend à la gorge. Dans sa boîte, un briquet, un téléphone portable, un petit sac avec lampe torche, lumières, crayon et feuille de papier. Et c’est tout, pas de quoi développer une intrigue qui tient la route à priori. Et pourtant! Rodrigo Cortés réussit le tour de force dingue de nous tenir en haleine du début à la fin, ne faiblissant qu’en de très rares occasions.
Ainsi à part l’épisode du serpent, on ne peut pas lui reprocher grand chose. D’autant plus que malgré la finesse du scénario Rodrigo Cortés se permet une analyse plutôt fine de la situation des contractuels kidnappés sur un sol étranger. Ici c’est l’Irak qui sert de toile de fond mais cela pourrait se passer n’importe où. Manipulation de l’otage, traitement impersonnel de la part du gouvernement américain, tout y passe de façon plutôt intelligente et bien amenée. On ne va pas entrer dans les détails au risque de spoiler de grosses surprises mais Buried est un film rondement mené et empreint d’un pessimisme incroyable, preuve qu’il ne vient pas de chez l’oncle Sam mais de cette terre bénie pour le cinéma de genre, l’Espagne. Ici pas de retournement de situation ridicule venu d’on ne sait où, on pense même à the Descent pour son jusqu’au-boutisme (dont la fin avait été modifiée pour la sortie US, jugée trop noire) et son déroulement sans concession. À l’arrivée, c’est d’une efficacité totale, qui se ressent physiquement par la tension présente dans la salle. Quand d’autres films misent tout sur un choc artificiel finalement décevant, Buried joue la carte de la sincérité et nous plonge tout le long dans l’obscurité la plus pesante et la plus effrayante vue au cinéma depuis très longtemps.
Mettre en scène un huis clos, exercice idéal lorsque le budget est limité, est d’autant plus difficile que l’espace se réduit. En effet, il est facile de maintenir l’attention quand le décor est un appartement, plus difficile lorsqu’il s’agit d’une seule pièce (Pontypool) mais quelques mètres cubes ça devient un exploit pour proposer des idées de mise en scène. Et là encore, de façon surprenante, Rodrigo Cortés redouble d’inventivité. Il multiplie les angles, les éclairages, enferme son personnage unique mais jamais sa caméra, à tel point qu’on aurait presque envie d’applaudir tant il fait des miracles à l’intérieur de cette petite boîte! Aidé par un sound design de très haut niveau il installe durablement une ambiance des plus oppressantes et crée un malaise prégnant. Les films les plus marquants sont ceux qui font vivre une expérience physique au spectateur, Buried est de ceux-là. Il faut ajouter à la réussite la prestation incroyable de Ryan Reynolds, belle surprise. Mal exploité dans Blade Trinity ou dans X-men Origines: Wolverine, il avait déjà fait ses preuves dans Mise à Prix mais explose littéralement ici, la grosse révélation d’un acteur ultra talentueux et capable de porter un tel film sévèrement burné sur ses seules épaules. On s’incline.
Véritable exercice de style, Buried est un huis clos poussé dans ses derniers retranchements. Un décor unique de quelques mètres cubes, un seul acteur, une tension intenable, Buried est la preuve qu’il n’est pas nécessaire dans faire des tonnes pour plonger le public dans le malaise et la claustrophobie. Pour son second essai, l’espagnol Rodrigo Cortés réussit un véritable tour de force et signe un film-concept de haut vol dont on ressort le souffle court et avec le besoin vital de respirer un grand bol d’air. Encore un réalisateur à suivre de très près.









Tout à fait d’accord avec toi ! Beau tour de force du metteur en scène et de l’intégralité de son casting
C’est vraiment dommage que vous n’ayez personne pour vous relire avant publication. Vos critiques sont difficiles à lire et bourrées de fautes.
Pour un budget de moin de 100$ arriver a faire un film pareil, ben moi je retire mon chapeau.
ça change des films Américains qui pendants tout le film, il arrive que des couilles à l’acteur principale et à la fins on le vois sains et sauve!!!!
Et ba la ça change » en gros j’ai ramassé une grosse claque dans la geule en voyant cette fin!!!!!
UN 10/10….!!!!!!!!!
Comme 50% des films hollywoodiens, toujours avec un parti pris, toujours les mêmes gentil et les mêmes méchant. Reprenant un contexte déjà exploité, l’idée de base est bonne (une personne enfermé dans une boite avec un téléphone), mais au final rien d’extraordinaire…
[...] Car 127 Heures est clairement une expérience de cinéma viscéral, physique, dans la lignée de Buried par exemple. Un film dont on sort exténué. Mais à l’inverse du huis clos de Rodrigo [...]
Bon film pour ceux qui aime le genre mais la fin est nul quoi tout le film dans le cercueil on s’attend à quelque chose de plus incroyable, dommage mais je met 6/10
un décor un très bon acteur et une tension palpable jusqu’au bout j’ai adoré .
[...] Une déception donc, malgré quelques bonnes idées : le générique, qui comme l’affiche reprend les codes graphiques de certains films des années 75-85, créant une atmosphère qui se prêt au film de genre (comme dans The Box par exemple). Malgré la faiblesse du scénario, le choix de l’acteur (peu connu mais efficace) et le travail de réalisation (lumière, point de vue etc…) sont quand même des atouts (comme l’explique très bien l’auteur de Filmosphère). [...]
[SPOILER!] un navet. c mal joué, publicité pour blackberry (seul objet à disposition de l’acteur inconnu) du début à la fin. final avec mort du héro et quelques larmes qu on essaie de vous voler (le coup de la femme joignable à la derniere minute….). en vain.
[SPOILER : à ne pas lire si vous n'avez pas vu le film]
1h30 dans quelques m² il fallait le faire…ou pas. Il n’y a pas de miracle, pas de décor & paysage = pas de voyage. Je n’ai pas accroché du tout. Je m’attendais vraiment à un retournement de situation…en vain ! On se fait chier sévère, les scènes sont prévisibles (sauf le serpent, mais hélas, c’est la plus inattendue et la plus mauvaise du film ^^).
La fin a au moins l’audace de faire un « fuck » à l’industrie hollywoodienne, mais cela ne suffit pas, j’attendais quelques explications et surtout un scénario…
En bref, ce film fait presque passer Phone Game pour un chef d’oeuvre, c’est pour dire.
Téléphoné : voilà ce que je dirais de ce film. Des pseudo-péripéties. Et j’avais deviné la fin dans les 10 minutes après le début, ce qui n’était pas vraiment un exploit… Quant au point de vue sur la situation politique – puisque c’est la dimension première du récit -, il aurait pu tout aussi bien sortir d’un think tank de droite. Cette façon de rendre sympa un type d’une puissance occupante avec de grosses ficelles (sa maman a un Alzheimer, il a des problèmes avec sa femme) est typiquement holliwoodienne. Sur moi, ça ne marche pas.
En bref : naze.
J’ai trop hâte de le voir !!!
J’ai vu ce film à Deauville, et je l’ai trouvé long et glauque.
Il est peut-être parfait au niveau de la technique, mais il faut tenir les 1h30 en regardant seulement un type dans un cercueil.
oups desolé j’avais mal regardé.Pardoooooon!
Euh desolé de la question mais ca sort bientot? c’est sorti sans affiche ou ….?
[...] l’étrange festival c’est surtout beaucoup de bonnes surprises. Que ce soit Buried, Pontypool, Four Lions ou Mutant Girls Squad, le festival ne fut pas avare. Et si nous les avions [...]
Bien d’accord avec toi ! J’étais tellement heureux de respirer l’air extérieur en sortant de la salle… Un film très réussi qui rendrait n’importe qui complètement claustrophobe (et méfiant sur la batterie de son téléphone
)