Review
Autant dire qu’il y a pas mal de réserves à avoir avant d’aller voir Esther… Déjà les « enfants qui font peur » au cinéma on en a eu des tonnes et aucun n’est jamais vraiment arrivé à la cheville de Damien dans la Malédiction, ensuite car le réalisateur est tout de même coupable du remake de la Maison de Cire, un film certes assez fun mais vain, et de Goal II la consécration qui a l’air assez lamentable… de bonnes raisons d’y aller à reculons, surtout si on y ajoute que c’est une production Dark Castle dont la seule vraie réussite dans l’horreur est le récent the Hills Run Red.
Mais le sujet est assez intriguant pour qu’on s’y intéresse tout de même, à raison. Car Esther est un film souvent fascinant, mais malade, qui propose de très belles choses en même temps que d’autres presque honteuses… Et là où l’an dernier Joshua faisait plus dans la psychologie relativement subtile, le réalisateur catalan cherche ici le choc par l’image. Dès lors si le film est construit sur le même canevas que la Malédiction, il s’en éloigne par un traitement très rentre-dedans et grand-guignolesque dans sa seconde partie, ce qui vient anéantir toutes les tentatives de créer une tension durable. Car si la première partie est plutôt convenue, il faut avouer que cette gamine fait froid dans le dos, on y sent tout de même l’intention de suivre la trace du genre, alors que la seconde pourtant plus efficace verse rapidement dans la violence frontale.
A peu près tous les clichés du genre sont là, la scène du cauchemar (bien torchée mais qui ne surprendra personne), celle du miroir dans la salle de bain (deux fois), celle de l’apparition (in)attendue dans l’embrasure de la porte, celle de l’orage… bref, la liste est longue et Esther, dans son approche de l’épouvante, ne brille pas vraiment par son originalité. Pire, on n’a jamais vraiment peur… alors que la façon dont Richard Donner nous emmenait doucement sur le regard terrifiant de Damien réussissait à nous glacer le sang, ici au mieux les moins attentifs se feront surprendre par les effets sonores plus ou moins efficaces. Mais pour les amateurs qui ont déjà vu tous les classiques, aucune surprise.
En fait si on garde un certain intérêt pour ce film qu’on a finalement déjà vu plusieurs fois, c’est grâce à Isabelle Fuhrman. La jeune actrice tient le film à elle seule, impose dès son apparition une présence mystérieuse et dérangeante, c’est une belle révélation dans un rôle qui évolue considérablement dans le jusqu’au-boutisme du final. On n’en dira pas forcément autant du reste du casting, Vera Farmiga est coincée dans son rôle de mère ravagée par une fausse couche et par un terrible accident, Peter Sarsgaard tape vite sur les nerfs… il n’y a bien que les enfants qui assurent dans leurs rôles respectifs. Au passage ça fait quand même bizarre de retrouver CCH Pounder (capitaine Claudette dans the Shield) dans le rôle d’une nonne!
Et si on s’ennuie un peu dans la première partie, une scène va modifier complètement le film, celle de la voiture. Un beau plan séquence, une vraie tension… voilà il fallait mettre en danger les enfants pour réellement sentir la menace d’Esther! A partir de là le film part dans une autre direction, s’enflamme complètement et devient véritablement intéressant, même si absurde. La manipulation est totale, le danger de voir la famille détruite bien réel… c’est excellent. Mais bien sur, à entrer comme cela dans du thriller, l’aspect épouvante est oublié et donc la peur aussi. On se contentera de séquences bien graphiques avec une bonne gestion du suspens mais sans jamais vraiment être effrayé.
Tout cela pour en arriver à un final aussi ridicule que jouissif, un twist improbable qu’on sent venir à des kilomètres, mais qui permet une certaine folie. Le tout est quand même plutôt bien emballé par Collet-Serra dans une esthétique très inspirée du cinéma de genre espagnol, et c’est tant mieux. Si Esther ne brille pas vraiment par son originalité pour traiter un sujet déjà vu ailleurs et en mieux, il faut avouer qu’il possède quelques belles qualités, comme ce final carrément WTF donc, mais pas que. On y trouve un ton souvent irrévérencieux et qui surtout se permet à plusieurs reprises de tomber dans le politiquement incorrect salvateur, avec quelques scènes plutôt osées (on y bute quand même du gamin, on baise comme des animaux sachant que les gosses sont pas loin, et le final à tendance incestueuse surprend). Mais le principal intérêt vient bien sur de la jeune actrice principale, tout simplement bluffante. Sympa donc, mais vraiment pas inoubliable.









[Spoiler]Qu’est ce qui est prévisible dans le twist? le fait qu’Esther cache un lourd passé ou le fait qu’elle n’est pas une enfant.
Parce que oui, on sait que Esther n’est pas une enfant normale mais de là à imaginer que c’est une adulte qui ne grandit pas, non c’est vraiment une surprise et une originalité.[/Spoiler]
Encore une critique trop acerbe d’un film qui sort des sentiers battus sur le thème de l’enfant démoniaque.
Pour un film d’ »horreur », ca change du tueur en série, du vampire, du zombie, du monstre, de l’erreur génétique…
OK, la réalisation est banale sans être mauvaise mais l’actrice principale est réellement impressionnante. Encore une fois, comme dans la plupart des films américains de milieu de tableau, la fin n’est pas à la hauteur de la totalité du film car trop prévisible, trop précipité et trop grand guignolesque.
[...] poulain, l’espagnol Jaume Collet-Serra, responsable de La Maison de cire et Esther, et le lance sur la voie du thriller paranoïaque d’action, genre à part entière, avec en [...]
[...] rythme de téléfilm, tout ça pour confirmer que le réalisateur de la Maison de Cire et d’Esther n’a aucun [...]
Bien que La Maison de Cire ne témoigne d’indiscutables qualités, le film avait en son temps pâti d’un casting visiblement constitué dans l’unique objectif de s’octroyer un capital sympathie non négligeable auprès du public adolescent. Un choix plus que contestable au vu de la relative brutalité dont s’habillait le premier long de Jaume Collet-Serra, réalisateur catapulté du même coup dans les rangs des espoirs les plus prometteurs de la nouvelle vague de l’horreur américaine. Un temps éloigné du registre afin de poser sur pellicule le très contestable film de commande Goal II : La Consécration, le cinéaste d’origine espagnole laisse aujourd’hui enfin exploser son potentiel avec son troisième témoignage cinématographique. Plus d’infos : Critique esther
@Mat: Ah non non j’te promets que je le sentais trop je sais pas pourquoi!!
te taquines mais t’es pas un poil de mauvaise fois quand méme pour le twist,non?! moi je l’ai pas venu venir trés franchement.. en revanche d’accord sur la toute fin du métrage vraiment hors sujet. me disait aussi que le réal avait pondu un goal2 de triste mémoire (il s’en vante pas l’animal!)