Review
Remarqué par Peter Jackson suite à ses courts métrages et ses publicités pour la Citroën C4 (qui se transforme en robot), Blomkamp, ancien technicien des effets spéciaux qui avait été choisi par le même Jackson pour mettre en scène l’adaptation avortée du jeu vidéo Halo, se voit donner l’opportunité de transformer son court métrage Alive in Joburg en un long et ambitieux film de SF. Avec un budget de 30M$, confortable mais qui lui laisse toute liberté, un tournage en Afrique du Sud et en Nouvelle-Zélande, il signe ni plus ni moins que ce qui est arrivé de plus beau au film d’anticipation depuis Les Fils de l’Homme. Un film tout aussi divertissant que n’importe quel gros blockbuster hollywoodien mais sans les mêmes contraintes, ni le même état d’esprit, et surtout beaucoup moins con. Tout le buzz crée sur internet avec une campagne marketing virale n’est pas démenti, District 9 est bien une immense réussite qui vient en deux heures renvoyer McG et Michael Bay (avec toute l’affection que je peux leur porter) dans leur bac à sable.
Si le propos n’a rien à voir avec le chef d’oeuvre d’Alfonso Cuarón, la filiation est pourtant évidente. Ce qu’on nous montre c’est un futur proche, voir même une réalité parallèle, des évènements tout à fait plausibles (si bien entendu l’arrivée d’un vaisseau extra-terrestre était une chose plausible…). Le film prend la forme d’un docu-fiction, procédé à la mode ayant donné lieu à deux franches réussites récentes (Cloverfield et [REC]) et surtout un procédé complètement en accord avec notre société dans laquelle les médias contrôlent absolument toute l’information et sont capables de faire avaler la plus grosse des couleuvres à un public qui a perdu la notion de remise en cause des choses… c’est donc un choix plutôt judicieux de la part du réalisateur que de pervertir ce système pour rendre son film le plus réaliste possible!
Rien n’est gratuit dans ses choix, ni ses choix de mise en scène, ni aucun détail. Car District 9 n’est pas un simple film de SF, à la manière de plusieurs perles du genre des années 70, il y a un sérieux propos social derrière tout ça. Alors certes on peut aller le voir en déconnectant son cerveau, on en aura pour son argent niveau spectacle car ça assure, mais ce serait passer à côté du message. Ainsi, le titre renvoie directement au sinistre District 6 de Cape Town, en Afrique du Sud (tiens, tiens!) où dans les années 70 pas loin de 60000 réfugiés furent expulsés de force par le régime de l’apartheid… Pour bien se différencier d’une production hollywoodienne classique, le vaisseau ne s’arrête pas au dessus de Washington mais de Johannesburg, une des villes ayant le taux de criminalité le plus haut du monde… et qui en 2008 a été le théâtre d’une vague de crimes racistes!
On touche là à un des thèmes principaux de District 9, le racisme. Dans cette réalité parallèle, les extra-terrestres ce sont des hommes chez nous, des étrangers, des réfugiés, appelés avec méchanceté « crevettes » à cause de leur aspect différent, qui sont parqués dans un lieu qui rappelle des sombres périodes de notre histoire, même actuelle. En prenant une différence aussi extrême le scénario exacerbe les tendances naturelles de l’homme à l’intolérance, à la cruauté et à la cupidité. Les E.T. sont mis de côtés, interdits dans les commerces, agglutinés dans des ghettos dégueulasses alors qu’ils n’ont pas fait preuve de la moindre hostilité… mais pourtant ils sont montrés comme l’ennemi naturel mais également comme l’opportunité de se développer grâce à leur technologie, leurs armes… la transformation de Wikus Van de Merwe fait de lui un chaînon manquant, un rat de laboratoire inattendu qui fait de sa traque la tombée de l’ultime rempart entre l’humanité et la bestialité.
La prestation de Sharlto Copley en Wikus est assez impressionnante. Lui qui semblait si inhumain voit revenir sa vraie nature au fur et à mesure qu’il la perd. Autour de lui les hommes sont des ordures soit avides de profit (les gouvernementaux) soit de sang (les militaires). Ce sont les extra-terrestres qui sont finalement les plus humains! Leur design est exceptionnel, ils sont extrêmement repoussant mais sont tellement bien animés (mélange de mécanique et d’images de synthèse) qu’ils font preuve de véritables émotions. Une fois de plus on en peut qu’applaudir devant le travail effectué par les gars de chez Weta, leurs bestioles sont intégrées à la perfection dans un univers de crasse et de poussière, c’est d’un réalisme incroyable!
Et si on n’est pas sensible à un sous-texte social de ce genre, reste un spectacle jouissif au possible. Du rythme, de l’action, quelques effets gores bien sympas, des armes inédites (de beaux clins d’œil au jeu Halo), une immersion totale dans la vie d’un ghetto extra-terrestre… et puis des gunfights bien violents. En mélangeant des images de plusieurs supports (news TV, caméras de surveillance, reporter, témoignages…), Blomkamp trouve le dosage parfait qui fait de son District 9 une petite bombe qui vient ridiculiser avec son budget pas si énorme un bon paquet de tentatives récentes. C’est sans doute la marque d’un futur grand réalisateur, on verra bien s’il confirme par la suite, mais dans tous les cas il signe là une perle de Science-Fiction, qui cite avec talent des références ultimes (les fils de l’homme, Alien, Aliens, la Mouche…) qui réussit autant à divertir qu’à faire réfléchir. Et rien que pour ça, on se situe des années lumières de ce qu’on a l’habitude de voir et on se doit donc de le saluer!









Comme pour Infernal Affairs, il aurait eu 5 s’il les méritait
Toujours la même rengaine :
Pourquoi 4.5/5 quand le film mérite 5/5
Il n’a pas de défaut et sans révolutionner le genre est vraiment très original, bien joué, bien équilibré, bien réalisé avec un message humaniste fort.
[...] sud africain est relativement inexistant ou tout du moins quasiment inconnu chez nous jusqu’à District 9 réalisé par Neil Blomkamp. Un sud africain avec une équipe sud africaine, ce qui semble avoir [...]
[...] ne fera pas l’affront à de vrais bons films en comparant Battle Los Angeles à District 9 ou Il Faut sauver le soldat Ryan car il ne leur arrive pas à la cheville, que ce soit sur le fond [...]
[...] petits hommes verts n’étaient pas venus conquérir notre jolie planète au cinéma, depuis District 9 si on ne prend pas en compte les diverses séries Z sorties directement en vidéo entre temps. Ils [...]
[...] prix (à l’image de Skyline également), on nous vend l’arrivée d’un nouveau District 9. Autant couper court aux fausses rumeurs, Monsters n’est pas un mockumentary et encore moins [...]
[...] de Gareth Edwards. On s’attendait tous à un ersatz un peu cheap (budget limité oblige) de District 9, on a eu une fable écolo et un road movie initiatique surprenant, une petite merveille [...]
[...] les plus récents, les exemples vont du méprisable Paranormal Activity aux très bons [REC] et District 9. À chaque fois, horreur ou science-fiction. Les mockumentary à tendance comique sont bien plus [...]
[...] de pellicules déviantes, étranges ou rarissimes. L’an dernier étaient présentés Moon, District 9, the Proposition, Breathless, Rampage ou Postal mais c’était également l’occasion de [...]
« Ce sont les extra-terrestres qui sont finalement les plus humains! »
je suis tout a fait d’accord. Ce film nous montre bien que l’homme est capable de tout pour métriser l’inconnue même si la vie d’un homme en dépend!
A par ça j’ai vraiment trouver ce film gégnial et je ne m’y attendait pas vraiment. Le début , réaliser comme un reportage , m’a donné l’impression de regardé les informations et m’a tout de suite plongée dans l’histoire.
Très bon moment .
[...] Bradley Cooper incarne un Futé tout en finesse et en séduction, Sharlto Copley confirme après District 9 son talent tout simplement immense pour la comédie et Jessica Biel en impose en militaire. On [...]
[...] « District 9″ [...]