Review
Eli Roth est sans doute un gentil garçon, un cinéphile abreuvé depuis tout gosse aux séries B, Z et films d’horreur en tout genre. Il n’est pas surprenant qu’il soit devenu le grand copain de Quentin Tarantino, manoeuvre sans doute sincère mais maline qui lui permet d’obtenir le sceau sacré « Q.T. Approved » à chacun de ses films… y’a pas mieux aujourd’hui comme publicité que d’être dans le petits papiers de Tarantino, Peter Jackson ou Guillermo Del Toro donc Eli Roth sait qu’à chaque nouveau film il va cartonner. Sauf que le bonhomme est un escroc! Je l’ai découvert avec un Hostel qui en promettait des caisses et qui s’avérait au final bien mou du genou, très loin du choc et du jamais vu vendu par la production… on se retrouvait face à un pétard mouillé qui pompait le style de Takashi Miike sans talent en le mélangeant à du teen movie ennuyeux qui file la nausée. En voyant son premier film, ce Cabin Fever, on comprend mieux. Quand Quentin est dans les parages on préfère utiliser le mot « hommage » plutôt que « plagiat »… pourtant c’est bien de cela qu’il s’agit.

Un groupe de jeunes part en forêt pour le week-end, presque arrivés ils s’arrêtent dans une petite épicerie, devant ils croisent un gosse bizarre… Tiens, tiens, mais on a déjà vu la même chose dans Délivrance! Ils arrivent dans leur chalet au milieu des bois, bon sang mais c’est celui d’Evil Dead!! Aux alentours un lac avec un ponton… ça ressemble quand même beaucoup à Crystal Lake (Vendredi 13)… Et c’est comme ça tout le temps! Des idées originales dans Cabin Fever il doit y en avoir une poignée, tout le reste est pompé dans des classiques du genre. Et à sa sortie on en lit des louanges de partout, comme si c’était du jamais vu… non mais y’a des fois on se demande si les gens savent de quoi ils parlent…
Sur le même schéma qu’il reproduira avec Hostel, sur 1h30 de film, il ne se passe pas grand chose pendant la première heure… On a droit à cinq teenagers tous très stéréotypés, le beau gosse en fac de droit, la bimbo, la pseudo-sainte-nitouche, le copain de tout le monde et le gros porc débile. D’ailleurs heureusement qu’il est là lui car il est vraiment très con et il apporte quelques touches d’humour (toutefois il n’y pas de quoi se rouler par terre). Alors ça parle de cul, ça essaye de shooter des écureuils, ça fait des feux de camp, ça boit de la bière et ça se titille le trou de balle… mouais y’a quand même pas grand chose à sauver! Franchement on s’ennuie ferme dans un style typique du film d’horreur pour ado post-Scream avec une esthétique pas vilaine qui se veut très 70′s.

Heureusement dès les premiers signes physiques de contamination dans le groupe (c’est à dire au bout de 45 minutes!), dans une scène de caresses qui finit de façon bien crade, le film s’élève un peu, tout comme l’intérêt qu’on lui porte. Jusque là à défaut d’autre chose on se contentait de la plastique de Cerina Vincent, mais le groupe aux sourires Colgate et aux coiffures L’Oréal implose complètement, ce qui permet à Eli Roth de se laisser aller à des débordements gores du meilleur goût. De la bonne barbaque à l’ancienne avec des litres de sang déversés et des maquillages impeccables de Robert Kurtzman et Greg Nicotero. En plus au bout d’un moment les villageois bien tarés du coin se joignent au jeu de massacre plutôt jouissif et très second degré même si ça ne transpire jamais l’originalité…
Au final il ne reste pas grand chose, des actrices bien mignonnes (Jordan Ladd!!), un peu de cul, beaucoup de gore qui tâche sur la fin, un berger allemand qui bouffe les contaminés, un humour pas toujours très fin, un jeu d’acteurs lamentable et un final directement pompé de la Nuit des Morts Vivants de Romero… ah et puis aussi un plan gratuit sur un lapin géant à la Donnie Darko et un gamin qui se prend pour Chuck Norris! Pas de quoi s’extasier donc, si ce n’est la dernière partie plutôt fun et généreuse (c’est le cas également dans Hostel). Non Eli Roth n’est pas le grand espoir auto-proclamé du cinéma bis, c’est un cinéphile c’est certain, avec une belle culture, mais de là à le comparer au Sam Raimi des débuts, c’est ridicule. Depuis ce film, la meilleure chose qu’il ait pondu sur grand écran c’est la fausse bande-annonce Thanksgiving qu’on trouve dans le montage original de Grindhouse, entre Boulevard de la Mort et Planète Terreur… Il ferait mieux de se consacrer à une carrière d’acteur car là il est plutôt bon (cf Inglourious Basterds!).







[...] production du très surestimé et opportuniste Eli Roth (à qui on doit les arnaques sur pellicule Cabin Fever et Hostel 1 et 2), surfe sur cette vague de docu-fictions horrifiques en s’appuyant sur un [...]